Transcription : épisode 29
Transcription automatique, non relue.
Luna Invicta 29. D'après notre discussion dans la piscine, on allait aller en Égypte. Pour quelles raisons ? Je vais vous l'expliquer dans quelques minutes. Mais en tout cas, rapidement, Sophia nous a dit pas un mot à Richard. En fait, un peu plus tard, on s'est retrouvé dans la chambre de Sophia, V et moi. Et Sophia nous a dit, bon, Richard est quelqu'un de très sympa, mais s'il sait qu'on a l'intention d'aller à Leptis, il va probablement déjà nous décourager. Après, il va nous proposer d'avoir une escorte et ça va être très difficile de refuser. Et ce n'est pas une escorte qui sera désintéressée. Et puis, il risque d'être jaloux, de devenir notre ennemi, d'une certaine façon. Alors, je dis, comment dire, si vous voulez y aller, il serait déjà allé. Elle dit oui et non. Et en fait, Alexis, tu ne peux pas savoir à quel point une obsession, ça peut donner des comportements irrationnels aux gens.
Et si on lui fait penser qu'un tel voyage... ...est possible actuellement et qui mérite d'être fait, il va dire pourquoi pas moi. Elle a ouvert son téléphone, elle nous a montré une carte du Nord-Afrique et V nous a aussi un petit peu expliqué ce qu'il en pensait. Donc, en gros, si on veut se rendre à Leptis-Magnard, qui est pas loin de Tripoli. Tripoli, c'est une ville de Libye, donc de Nord-Afrique, qui est pas loin de la Tunisie, qui est à côté de l'Algérie et qui est de l'autre côté du Maroc. Et que, en gros, un voyage rationnel, depuis notre position, aurait été de prendre, par exemple, alors, les possibilités sont les suivantes. On prend un avion ou un bateau ou n'importe quoi et on va à Tripoli. Et après, on se rend à Leptis avec les moyens du bord, c'est à côté. Le problème de cette solution, c'est que Tripoli, c'est une ville qui est encore en guerre ou dans les intermoins de la guerre.
Et que les Français, en particulier, en fait, la Libye s'est effondrée à cause de Sarkozy. Il y a eu, littéralement, des bâtiments qui ont été ciblés par des missiles. Non pas parce que c'était des prises de guerre, c'était des bâtiments civils qui ont causé la mort de civils. Parce que, tout simplement, Sarkozy voulait détruire certaines preuves par rapport à des affaires où il y aura un procès plus tard. Donc, vraiment, des affaires en cours d'instruction en France. Donc, la Libye était... C'est compliqué d'être en Libye. C'est compliqué d'être occidental en Libye. C'est extrêmement compliqué d'être français en Libye. Et on n'allait pas se jeter dans la gueule du loup. Une autre solution serait de passer par la Tunisie. On va en Tunisie, qui est un pays plutôt chill. Et vraiment, Tripoli n'est pas loin de la frontière tunisienne. Problème, la coalition des pays Maroc, Algérie, Tunisie, qui sont quand même plutôt touristiques ou plutôt industriels, qui sont, malgré les tensions régulières, assez ouverts à des relations internationales commerciales, par exemple.
C'est un bloc de pays, on va dire, très occidentalisé dans la mesure du possible. Et, effectivement, cette frontière-là, en particulier, était particulièrement sensible et surveillée par des milices. Et voilà. Et ça aurait été moins compliqué qu'être à Tripoli, mais compliqué quand même. Donc, il reste, en gros, une option, qui est de partir en Égypte et, ensuite, de gagner la Libye par l'Égypte. Alors, gros problème. Le problème, c'est qu'en gros, l'Égypte est construite autour de son fleuve, qui s'appelle le Nil, et que le Nil est assez loin de sa frontière occidentale pour aller en Libye. C'est-à-dire qu'il faut traverser l'Égypte dans sa largeur, puis, après, traverser la Libye dans sa largeur pour arriver là où on veut. Mais ça reste une solution qui, si c'est un voyage beaucoup plus long et un peu bizarroïde, puisqu'il faut prendre l'avion, passer au-dessus de la Libye et, ensuite, prendre, je ne sais pas quel moyen, un bus, une voiture.
Un train, peu importe, pour nous retrouver à la frontière libyenne. Ça reste une solution, quand même, beaucoup plus calme, beaucoup moins risquée, même si elle est risquée, quand même. Et, par rapport à la solution égyptienne, il y a deux façons d'avancer. On va dire qu'il y en a une qui est hyper sûre, mais hyper relou, qui consiste à aller en plein désert, à la frontière la plus occidentale possible de l'Égypte, on va dire largement touristique et civilisée, occidentaux sont les bienvenus, qui est une oasis qui s'appelle Siwa, qui est vraiment en plein milieu de l'Égypte, mais sur le côté occidental. Et, de là, on prend une voiture, on la trouve je ne sais pas où, et on va dans le désert égyptien, c'est-à-dire on sort des routes, on est dans la rocaille et les dunes. Puis, après, on arrive dans le désert libyen et, après, on remonte d'une façon ou d'une autre vers l'Heptis Magna. Donc, ça, c'est une solution.
Alors, l'énorme avantage de cette solution, c'est qu'il y a un désert. C'est-à-dire, littéral, il n'y a personne de fou pour être là. En fait, c'est tellement compliqué, c'est tellement... En fait, c'est une route extrêmement qui a l'air plate, qui a l'air sans trop d'obstacles, mais elle pose des énormes problèmes. C'est que le désert égyptien, à cette époque de l'année, il fallait taper un bond avec 50 degrés dans l'après-midi. Et, je ne sais pas, beaucoup moins la nuit, ça peut descendre à zéro, par exemple. Mais le désert... Le désert libyen, c'est un des déserts les plus compliqués. En gros, il y a les déserts les plus durs sur la Terre. Il y a le désert d'Atacama, qui est un désert extrêmement sec. Il y a le désert qui se trouve du côté de la Somalie et de l'Érythrée, dans une zone qui est, d'ailleurs, une zone non revendiquée par aucun pays, tellement elle est compliquée. Mais il y a une zone, en Libye, qu'il faudrait traverser.
Si on prenait cette route-là, qui s'appelle le désert noir. Et déjà qu'un désert, c'est chaud, mais en plus, les roches sont noires. C'est-à-dire que les roches, par leur couleur, absorbent encore plus de chaleur. Et il y a une telle différence de chaleur entre le jour où la température va à plus de 60 degrés et la nuit où elle peut tomber à zéro, que les dilatations des pierres font qu'elles explosent. Donc on entend des détonations tout le temps. Et en plus, ce qui peut d'ailleurs s'avérer dangereux. Mais il n'y a aucune voiture qui peut traverser un désert dans ces conditions-là. Enfin, il faudrait acheter un véhicule vraiment spécial, plus qu'il nous maintienne avec une clim qui soit supportable. Et ça rend le voyage extrêmement dangereux. Parce que si on se retrouve en plein milieu d'un désert libyen, on va dire avec une grosse panne, comment on s'en sort ? Parce qu'on est en territoire ennemi, littéralement.
Donc il reste cette solution qui est un peu... La moins pire de toutes, qui est d'aller au Caire, de prendre un bus qui longe la mer, en fait, qui longe la mer Méditerranée au nord, qui va tranquillement sur la frontière libyenne, où il y a une route bien établie. Il y aura un contrôle douanier. Voilà. Si on le passe, tant mieux. Si on ne le passe pas, tant pis. Et ensuite, on continue notre route, si c'est possible. Et donc, moi je dis, si on arrive dans le contrôle douanier, on sent que c'est dangereux, on arrête. Moi j'avais un peu la trouille de tout ça. Le fait de mourir dans un désert, ou de me faire kidnapper, ou je sais pas quoi. Et on est tous raisonnables ici, dit Sofia. Je pense que si on ne peut pas passer, on ne va pas prendre une arme et passer, quoi. Et il y avait qui dit, de toute façon, je suis sûr que c'est possible de passer. Au moins, il est optimiste. Bon. On s'est tous serrés la main.
On a commandé les billets sur Internet. Et les visas, les visas égyptiens, en fait, on les paye une fois arrivés sur place. Et on avait un... Comment ça s'appelle ? On avait un train, un avion et un hôtel dans l'après-midi. J'ai pu aller me bouger. J'ai fait un très beau rêve. Et j'avoue que je commençais à reprendre mon déficit de sommeil. Enfin, à regagner des points sur mon déficit de sommeil. Donc, la vie était de plus en plus belle. J'avais mangé, j'avais fait de la piscine. Et j'étais un peu saoulé. Je serais bien rentré un petit peu dans mon train-train quotidien. Mais j'avais cette intime conviction que j'allais voir les pyramides. Et ça, c'est cool. Et que j'allais voir un petit peu de désert. Qu'on allait s'arrêter à manger des baklavas devant un poste libyen qui ne nous ferait jamais passer. Qu'on serait de retour à Paris bien trop tôt, en fait, une fois que je serais là-bas. Et que la vie continuerait.
Et que peut-être je deviendrais taxi. Ça, c'était mon obsession de l'époque. Donc, je suis... Je me suis réveillé le matin. Petit déjeuner opulent dont je vous passe les détails. On prétend qu'on a un avion pour Paris. On lui ment. Alors qu'il nous a vraiment bien reçu. Et ça, ça me fait culpabiliser un petit peu. Et Richard nous couvre de petits cadeaux. Des petits biscuits. Des petits... Voilà. J'ai une petite statuette de chat. Porte-bonheur. Donc, vraiment, le mec ultra sympa. Vraiment, on a échangé nos mails. Mais je vous invite à Séville quand vous voulez. Vraiment, c'est extraordinaire. Vous restez autant que vous voulez. Vraiment, le bon contact. Après, je sais que les Orientaux, ils en font... Enfin, les Orientaux, pour le coup, c'était un Maghrébin. Mais ils en font parfois un peu trop dans l'hospitalité. Et je sais que je n'en abuserai pas. Et que, de toute façon, j'ai fait un peu trop de voyages pour mon bien.
En tout cas, ça a été des adieux sincères. Et ça m'a fait d'autant plus culpabiliser. Et qu'on lui ait menti. On s'est retrouvés à l'aéroport très folklorique de fesses. Même si l'aéroport du Caire nous réservait encore plus de surprises. Alors qu'on était un petit peu ric-rac. Mais il y a des... Comment ça s'appelle ? Beaucoup de contrôles. Beaucoup de contrôles. Il faut se déshabiller. Est-ce qu'on a des bombes ? Etc. Et l'Égyptienne Airline, en plus, nous avait fait quelque chose qui était dehors de la tradition pour cette compagnie. Elle avait une heure de retard. Et j'ai reçu, en fait... J'ai pu avoir un coup de fil qui a dû me coûter cher avec Sam. Sur la photo du scénar'cause. Il m'appelle. Il me dit... Mais gars, tu l'as rencontré. C'est ultra dangereux. Tu ne te rends pas compte. Tu aurais dû prendre une photo de lui. Mais de loin, là, il te touche. Est-ce que tu as vu la photo ?
Mais est-ce que tu as vu la photo que tu m'as envoyée ? Je dis... Non, je ne l'ai pas regardée plus que ça. Il y a un problème. Il me dit... Mais regarde-la. Regarde-la. Ok ? Je dis... Ok, je vais la regarder. Et il me dit... Maintenant, tu ne réfléchis plus quand tu les vois. Tu notes la date, à la seconde près, l'heure et tout, la minute, le lieu où tu l'as vue. Tu m'envoies les informations. Ok ? Parce que si ils te connaissent, peut-être qu'ils ont un pattern. Peut-être que ce n'était pas par hasard. Je pense que le scénar'cause, donc cette personne qui voyage dans le temps et qui va à des lieux précis et qui demande des choses précises. Est-ce qu'il t'a demandé quelque chose ? Alors, je suis là. Je me souviens du fait qu'on a libéré des gars qui, ensuite, m'ont demandé d'aller à Marrakech pour aller à North Star et tout. J'ai dit... Euh... Non, non. Il ne m'a rien demandé. Et en vrai, j'étais en train de me dire, est-ce que je suis en train de mentir ou pas ?
Et c'est vrai qu'il ne m'a rien demandé puisqu'il m'a juste dit, va voir là-haut, qu'est-ce que tu en penses, tu vois ? Donc, j'ai dit... Non, non. Tu vois, quand j'ai refait le point, j'ai dit, d'une voix très assurée, t'inquiète, il ne m'a rien demandé. Il ne m'a rien fait. Et il me dit, tu as trop de chance, mais j'en retiens bien la conversation que vous avez eue. Le moindre mot que le gars a dit, il l'a dit pour une raison. Parce qu'il a un plan ultra précis, décidé depuis il y a des milliers d'années, et il voyage dans le temps. Le mec est spécial, d'accord, tu vois ? Alors, je dis, ok, je ne t'ai pas rassuré parce qu'il avait l'air très convaincant, tu vois, il était passionné. Il dit, néanmoins, merci d'avoir fait ça pour moi, c'est important. Regarde la photo. Et aussi, très important, est-ce que tu es allé à la BNF chercher le livre de l'incident de la course de 1937 ? Je dis, mais tu vas me péter les couilles longtemps avec ce livre ou pas ?
Il me dit, ouais, tant que tu ne l'auras pas trouvé, tant que tu ne l'auras pas lu, je vais te péter les couilles, c'est très important pour toi, c'est ta destinée, mon gars. Je dis, ok, je vais y aller. Je crois qu'il n'avait pas capté que je n'étais pas à Paris, mais bon, j'ai raccroché. On monte dans l'avion, je regarde la photo. Parce qu'il me dit, regarde la photo du SINARCO, c'est tout. Et en fait, je vois deux trucs sur cette photo que je n'avais pas forcément observé. Donc la photo n'était pas dégueulasse, n'était pas à contre-jour ni rien. Il y avait vraiment le gars qui était, sur toutes les photos de Sam, sur son mur de la conspiration. Et en fait, derrière l'épaule du gars, il s'appelait Sévérian, je crois. Il y avait en... Putain, je ne l'ai pas dit à Sam. Je vais le rappeler pour vous dire, le gars s'appelait Sévérian. Peu importe. Et en fait, derrière l'épaule, dans la mer, incroyable, on voit un gars qui est en train de se noyer.
Et en train d'appeler à l'aide, tu vois. Mais genre, je vois la photo, tu vois. Et je me dis, putain, ça devait être un des gars qui a dû s'échapper. Il est jeté à l'eau, un peu comme les autres, mais trop en avant, quoi. Et je ne l'ai même pas vu. Et tu vois, j'étais là, mais... Et c'est une vision d'horreur. J'étais, mais genre, perturbé de ouf. Et le deuxième truc, c'est que sur la photo, j'étais trop moche. Mais genre, j'étais ultra moche. Et je me suis... En fait, je ne me regarde pas vraiment dans un miroir. Et ça m'a abattu, quoi. Je me suis dit... Je me suis dit... Mais en fait, c'est normal. Je suis vachement sympa, rigolo, gentil, serviable. Comment dire ? Je fais des trucs... Enfin, tu vois, j'essaie de sympathiser, de comprendre les gens et tout. D'être pas un type méchant, tu vois. Mais en fait, je suis méga moche. C'est pour ça que... C'est pour ça que je ne conclue jamais avec...
Avec aucune meuf. Et aussi... Et aussi Sophia, qui n'était pas loin. Et qui était encore à côté de... De V, tu vois. Qui, lui, est un mec... Il n'est pas très beau, tu vois. Il a une tête de Russe, mais il est normal, tu vois. Et... Putain, ça m'a fait... Ça m'a remis à ma place, tu vois. Je me suis dit... En fait... En fait, c'était déjà dur d'avoir une petite amie et tu te sens seul et tout. Mais tu ne te rends pas compte. Et je ne voyais pas comment m'améliorer. Parce que... En gros, mon corps était un petit peu difforme, tu vois. Il était... Il y avait des muscles là où il ne fallait pas. Et j'avais des yeux faits. Si gai, tu vois. Genre... J'avais un sourire malaisant, tu vois. Vraiment... Oh là là, c'était épouvantable. Et... Et j'étais tellement perturbé que... En fait, Sophia, elle m'a dit... Ça va ? Il y a un souci ? Tu as le mal de l'avion ? Un truc comme ça. J'ai dit non, non.
Et c'est compliqué. J'ai essayé de chasser cette pensée. En faisant quelque chose qui est très mauvais psychologiquement. Je l'ai enterré. C'est-à-dire, j'ai dit... Tu n'y penses plus, tu n'y penses plus, tu n'y penses plus. Sinon, ça va te pourrir, tu vois. Bon, le sujet allait revenir par la suite, mais voilà. En tout cas, j'ai beaucoup psychoté. On est arrivé au Caire. Comment dire ? Comment parler de l'aéroport du Caire ? C'est fou. Donc, un immense aéroport avec des milliers de touristes, tu vois. Et tu as des procédures dingo. Tu arrives, tu as une meuf qui saisit ton nom sur un ordinateur. Puis après, elle te fait marquer dans un cahier à carreaux ton nom. Tu vois, avec ton nom de passeport. Il y a même des gars, ils en avaient marre. Ils sont passés sans mettre leur nom dans le cahier, tu vois. À un moment, j'ai fait la queue pour tamponner mon passeport ou je ne sais pas quoi. Et en fait, quand elle tamponne, il n'y a plus de...
Comment ça s'appelle ? Il n'y a plus d'encre dans le tampon. Mais elle tamponne quand même, tu vois. C'est la procédure. Et du coup, à l'autre bout de la vie, de toutes les files où il y avait des meufs qui tamponnaient, qui n'avaient plus d'encre. Il y avait un gars qui notait les noms des gens qui avaient été tamponnés au cas où on leur fasse des ennuis, tu vois. Donc, c'est à la fois serviable et à la fois... Mais genre, on dit que l'administration française est compliquée, mais très, très compliquée, l'aéroport du Caire. Au bout d'un temps hyper long, on est sortis. Alors, à Fès, il faisait chaud. Mais on était quand même dans un clé. Le climat, on va dire pseudo-continental, mais c'était quand même très méditerranéen encore, ou très océanique. Mais là, le Caire, quand tu arrives, on parle beaucoup des pyramides, qui sont quasiment en pleine ville d'ailleurs, mais elles ne sont vraiment pas loin.
Mais par contre, on ne parle pas des 20 millions d'habitants. Il y a 20 fucking millions d'habitants au Caire. Il fait chaud. Mais genre, tu mets la tête dans un four, allumée bien sûr, et tu ne la ressors jamais, tu vois. Donc là, c'est vraiment très chaud, quoi. Et on prend... Elle avait pris un hôtel pas ouf. Et ce n'était pas du tout pour les économies, parce qu'en fait, on n'avait pas... Ce voyage, pour l'instant, il n'avait pas payé très cher. Flix, Bux, Ferry à deux balles, hébergement gratuit. La location de la voiture n'était pas chère non plus, tu vois. Et on n'avait pas payé l'hôtel à Marrakech. Et là, ce n'est pas par radinerie, mais elle avait pris un hôtel au cœur du Caire, un peu dans la vieille ville, tu vois, où il y a des petites maisons rapprochées, des petites rues où aucune voiture peut rentrer. Par contre, je peux vous dire, il y avait beaucoup de tuktuk et d'ânes et de chevaux et de motocyclettes qui fonctionnaient très bien, d'ailleurs.
Donc, on prend un hôtel. C'est un petit hôtel. On dirait que c'est l'équivalent d'un deux-étoiles égyptien où il y avait des backpackers, tu vois, ce type de profil. On n'était pas dans une auberge de jeunesse, mais on était pris auberge de jeunesse. Voilà. Donc, on a acheté des bouteilles d'eau parce qu'on n'allait pas boire l'eau locale, en tout cas de cet hôtel-là. Et on est rentrés dans nos chambres et c'était des belles petites chambres, en vrai, très typiques, avec un tapis sur le sol, des... comment ça s'appelle ? Un beau petit lit, une place à chaque fois, un miroir, une commode, une toute petite fenêtre avec des barreaux. Voilà. Des barreaux et des interstices entre les barreaux pour que personne, même pas un enfant, ne rentre. Mais qui donnait sur... Alors, moi, je dirais une petite rue adorable parce que j'habite Paris, j'étais un touriste. Non, sinon, ça aurait été une rue sinistre.
Mais oui, c'était vraiment des rues qui vont faire 1 mètre à 1,50 mètre, parfois avec du sable au sol. Et bon, voilà, c'était... Avec en face une maison qui est faite en briques de boue, qui est en train de s'effondrer il y a peut-être 1000 ans. Enfin, la ville était à la fois... quelque chose de vivant, d'hyper-organique, où il y avait plein de destinées qui se mélangeaient. Et c'était aussi un monument en soi. C'était... Je me suis pris d'un amour pour ces lieux de vie complètement fous. Et je pense que si on était là pour voir des temples, j'aurais préféré cette ville avec toutes ces maisons... Toutes ces maisons très... Enfin, dont on voit l'histoire. C'est l'inverse de l'appartement Ikea qu'on met en Airbnb. À Paris, tu vois, c'est... J'avais envie de tout connaître. De tout connaître. Chaque maison, chaque famille, chaque individu, voilà. En tout cas, j'étais... J'étais dans la chambre.
J'avais encore le cœur lourd d'avoir vu ma photo. Et je ne l'avais pas effacée, mais je l'avais mise dans un coin où je ne la regarderais jamais, tu vois. Et on s'était dit qu'on allait peut-être aller en ville, même si Sophia voulait potasser, repotasser avec un... un forfait Internet, là, elle avait pris tout ce qui est possible en termes de thèse sur l'endroit où il y avait la petite Smagna et l'éventuelle famille Benavener, quoi. En fait, j'ai assez bien réagi. Je suis un gars qui... En fait, il y a une phrase qui m'a beaucoup ému quand j'étais petit. Et je suis... C'est un peu masque, ce que je veux vous dire, d'accord ? J'en suis conscient et je n'aime pas trop cet aspect-là de moi. Mais en fait, j'ai vu un... Je suis très ému quand je vous en parle. J'ai vu un document de propagande de la Deuxième Guerre mondiale fait par le gouvernement britannique. Et... En fait, donc, c'était des films que l'Angleterre passait à ses citoyens pour leur dire de tenir bon alors qu'ils étaient bombardés par les Allemands, tu vois.
Et en gros, je l'ai vu quand j'avais six ans, quoi. Et c'est un peu mes premiers flashs de conscience quand j'ai vu... Quand je me suis mis à... à penser, quoi. Et... Et donc, il y avait quelqu'un qui disait un véritable combattant n'est pas quelqu'un qui terrasse son adversaire, mais c'est quelqu'un qui, quand il est à terre, il se relève. Et tous les matins, Londres, c'est ce combattant. Londres se relève, tu vois. Et j'ai trouvé ça trop cool et je me suis dit j'ai pas envie de mettre les autres à terre, par contre, j'ai envie de me relever, tu vois. J'aime pas trop parce que c'est vraiment... LinkedIn, tu vois, comme spirit. Mais la phrase, elle était vachement belle et elle m'a marqué, tu vois. Et j'ai eu des coups difficiles dans ma vie et je n'ai pas eu l'occasion de me relever tout le temps. Je me suis dit, c'est peut-être l'occasion. Voilà, cette phrase m'est revenue. J'ai dit, écoute, tu sais quoi ?
Très bien, t'es pas le mec le plus beau du monde, mais tu vas voir, tu vas être un type bien. Tu vas pouvoir compenser de plein de façons différentes. Et... Il faut que je vous parle de quelque chose. J'ai agi bêtement, mais bon. C'est compliqué. J'imagine que vous-même, parfois, vous avez honte de ce que vous avez dit ou quoi. Et que c'est quelque chose qui reste dans votre cœur et vous n'avez jamais passé... Voilà. En tout cas, j'étais dans ma chambre et j'avais retourné le miroir, d'accord ? Parce que je voulais pas me voir dans le miroir. Et j'ai commencé à dire... J'ai commencé à parler comme si je parlais à Sofia. Parce que je lui disais ce que je n'osais pas lui dire, tu vois. Et je lui ai dit, c'est vrai que je ne suis pas très beau, Sofia, et je comprends que tu ne veuilles pas aller plus loin que moi. Mais en vrai, enfin, tu vois, je suis à tes côtés. Je suis un mec fiable, tu vois.
Et je ne veux pas être ce nice guy qui fait les bonnes choses ou pas. Mais je t'aime beaucoup. Vraiment, c'est compliqué parce que... Toi et moi, on n'a peut-être pas la même définition de ce que c'est qu'aimer. Mais je trouve que t'es une personne qui, très tôt dans ma vie, m'a dit les bonnes choses sur moi, une bonne vision de moi. Et j'aimerais te voir avec autant de clarté que tu me vois moi, tu vois. Et une partie du fait que je t'aime, c'est que tu vois en moi et j'ai besoin de toi. J'ai besoin de ton analyse sur moi, tu vois. T'es pas un psy, mais en fait, j'ai énormément de gratitude pour tout ce que tu m'as donné. Et la gratitude et l'amour, c'est très proche, tu comprends. Et en fait, aussi, je vais te dire quelque chose. Je trouve que il y avait plein d'occasions, sur le ferry, chez Richard, et même ce soir-là, ce soir. Tu sais quoi ? On pourrait aller en ville. On mangerait des trucs cools, tu vois.
On prendrait des chouettes photos. Même, on irait voir le Nil. J'ai jamais vu le Nil, tu vois. Peut-être même qu'on verrait les pyramides. Et pourquoi on s'embrasserait pas sur les bords du Nil en pyramide ? Ça te prendrait quoi ? Cinq minutes ? Et après, tu pourrais le raconter à tes amis. Et puis, peut-être que t'aimerais ça. Peut-être que ce serait une super expérience. Et peut-être que, je sais pas, tu pourrais tester, au moins, tu vois. Et vraiment, c'est un discours très maladroit. Et je dis t'aimer, c'est comprendre que t'es toujours dans ce projet d'écriture et avec North Star, dont je comprends pas tout et je pense que j'ai pas les facultés intellectuelles pour tout comprendre. Mais peut-être que je suis dans ta vie. Je suis envoyé par le destin. Parce que je suis le gars qui va te permettre, je sais pas, d'avoir des bisous, de vivre des choses incroyables, de... peut-être de faire l'amour et tu vas trop aimer.
Et peut-être, je sais pas, peut-être ça t'aidera à devenir meilleur dans ce que tu fais. Parce qu'on peut pas faire qu'une seule chose tout le temps. On n'est pas des insectes, tu vois. Et donc, je commence à sortir des tas de discours qui varient sur plein de trucs. Et qui me permettent aussi de m'analyser sur est-ce que je l'aime vraiment ? Est-ce que mon amour, il est... il est ce qu'une femme attend d'un homme, tu vois ? Bref, j'étais perdu. Et en fait, par la porte ouverte, se trouve, la porte de ma chambre est ouverte. Il y a Sophia qui est là. Voilà. Pourquoi ? Parce que les papiers, les murs sont en papier. Elle a entendu, elle a cru que je lui parlais, elle est venue. Elle a entendu mon discours et elle me dit elle me dit je t'aime bien mais et en fait je tombe un peu dénu là parce que bon, je sais qu'on flirte un peu ensemble qu'on est presque des compagnons de vie qu'on sait pas trop où est la limite entre l'amitié et l'amour qu'on peut se porter mais moi j'ai l'impression que en fait, je comprends pas à un moment, il y avait un Alexis que je connaissais qui est venu me chercher à Marseille et c'était super, tu vois.
Et quand on était à Marseille, t'as commencé à me dire cette espèce de théorie incroyable sur les... sur le fait que peut-être le livre qu'on cherchait, le livre qui était perdu, c'était un livre de la bibliothèque d'Alexandrie qui aurait brûlé mais le livre on l'aurait récupéré donc il y aurait peut-être d'autres livres et c'était en fait le début d'un fil d'Ariane qui pourrait dérouler quelque chose d'extraordinaire et en fait quand t'as dit ça j'ai eu une admiration intense pour toi je me suis dit en fait, il est hyper malin et il est passionné et on dirait pas mais il est aussi passionné de ça tu vois, et je vous ai trouvé un truc comme un fou et moi aussi j'ai espéré d'une certaine façon et après je t'ai vu un peu t'éloigner et là en fait dans ton discours, à aucun moment tu parles du fait qu'on est là on est là parce que parce qu'il y a une mission qui nous dépasse, tu comprends ? en fait le fait de on n'est pas en train d'essayer de chercher, de trouver un livre magique qui va nous permettre je sais pas, d'être exposé au Louvre, d'avoir un article de recevoir une médaille et tout etc en fait elle savait pas comment parler mais elle dit il y a des dizaines de pièces de Sophocle qui étaient dans la bibliothèque d'Alexandrie et qui ont disparu il y a des dizaines d'Atlas des livres d'histoire ou même tout simplement des relevés comptables de navires qui nous auraient dit est-ce qu'ils transportaient des sortes de fruits etc est-ce que tu te rends compte que on a trouvé des vases romains dans des tombes japonaises ?
c'est-à-dire qu'on était un monde mondialisé à cette époque donc en fait on aurait pu on est à la recherche d'un véritable internet du passé et tu as simplement dit à Marseille que il y a des livres d'histoire et cet internet il pourrait être encore trouvable et là en fait tu as l'air d'être tu me parles d'autre chose et je lui dis mais ouais il n'y a pas que ça dans la vie et elle dit pour moi il n'y a que ça dans la vie pour l'instant en tout cas et elle part vachement déçue et elle va dans sa chambre il y avait qui toque à sa chambre et il dit bon on va en ville ou pas ? et elle dit non non donc il vient me voir et il dit il y a un problème j'ai dit ouais ouais on a eu une discussion je t'avoue j'ai rien compris et je pense qu'on est tous fatigués mais cela dit moi je veux bien aller en ville est-ce qu'on se fait la soirée de notre vie ou pas ? alors il me dit oui et on descend et quand on est dans une espèce de hall d'entrée de l'hôtel où il y a plein de gens qui viennent du monde entier des backpackers des jeunes il me dit tu sais tu m'appelles V parce que je sais que tu n'es pas à l'aise avec vous Vladimir tu peux m'appeler Volodia si tu veux alors je dis c'est ton nom c'est un autre nom il dit non en fait le diminutif amical de Vladimir c'est Volodia alors je dis c'est bon on est amis alors il me dit tu sais on est amis depuis un moment ça m'a fait très plaisir j'ai eu beaucoup de chaud froid ce soir et on va d'abord on va en ville sur les mains de terre ou pavés parfois on arrive sur des artères bitumineuses où il y a des gens qui nous alpaguent pour nous traîner avec des chevaux qui ont l'air pas très bien traités malheureusement et il y a une espèce de musique par des haut-parleurs qui n'est pas du tout orientale enfin si c'est du disco genre du disco des années 70 mais ambiance enfin avec des paroles avec des paroles égyptiennes quoi on va manger un petit peu alors cette ce soir là je donc on prend un peu de street food d'emporter dans un cornet je goûte à un truc qui est après le vendeur mais alors est-ce que c'est la vérité ou pas c'est vraiment la spécialité du Caire et de l'Egypte ça s'appelle le koshri koshari peut-être donc dans mon petit cornet c'était pas mal c'était végétarien il y avait du riz avec des lentilles et des pâtes donc ça commençait et des pois chiches avec il y avait des oignons bien frits mais vraiment beaucoup de gras donc c'était pas mauvais de la sauce tomate très épicée un peu de vinaigre un peu d'ail et il avait rajouté je vous ai dit que la sauce tomate était épicée il avait rajouté par dessus de la sauce pimentée ça arrachait et vraiment ça m'a donné un peu de de beau moqueur parce que entre le fait que je me trouvais moche la discussion un petit peu difficile on s'était pas compris je pense avec Sophia et ça m'a redonné de beau moqueur à tel point que je me suis dit demain matin je vais voir Sophia je vais juste m'excuser et en fait tu sais quoi je me suis dit c'est cool ce qu'on fait elle m'a emmené là et j'ai vraiment beaucoup de chance j'ai de la gratitude et je la confonds peut-être avec de l'amour peu importe tu vois j'ai voulu complexifier notre relation parce que je me sens seul et j'ai un problème et je suis en train d'en faire le sien alors que c'est pas cool j'avais cette idée de je vais me faire pardonner et ça m'a donné beaucoup de courage comme quoi je me suis dit si un jour je me sens mal j'ai qu'à trouver la paix et pardonner des gens un peu plus tard dans la rue toujours on a failli rentrer dans un bar à touristes vraiment quand on est rentré il y avait déjà c'était un pub un pub dans le Caire je ne sais pas s'ils servaient de la bière ou pas mais il n'y avait que des occidentaux et en plus des occidentaux genre bien blanc genre pâle et ils étaient habillés enfin même pas en touriste ils étaient habillés genre bien comme s'ils sortaient du boulot et on est ressorti en mode oh la la ça nous fait un peu débander c'est un truc qui s'appelle le taméa c'est des falafels avec des fèves donc et quand on l'ouvre en deux en mangeant dedans c'est tout vert parce qu'il y a vraiment plein plein d'herbes et il nous reste un peu de place mais on a quand même bien mangé donc on s'est partagé à deux un truc qui s'appelle le awoshi donc c'est une sorte de pain vous savez c'est pain plat je ne sais pas comment ça s'appelle baladi je crois bon c'est un pain et dedans c'est un pain plat il y a de la viande hachée épicée dedans c'est vraiment très très bon donc ça c'était pas mal du tout et la nuit commençait elle tardait un petit peu on a même reçu un sms de Sophia donc à V mais pas à moi parce que je pense que elle ne voulait pas on aurait une discussion je pense de son côté aussi parce qu'en vrai on a eu cette discussion hyper étrange et pas très structurée mais parce que finalement on s'aimait beaucoup voilà voilà c'est ça le truc elle a écrit à V elle a dit rentrez pas trop tard parce que demain on part tôt et on a essayé de ne pas rentrer trop tard mais on voulait faire un dernier bar un dernier bar avant de enfin on voulait faire un truc typique genre un truc tu rentres on sert le thé et on a trouvé alors vraiment on a pas mal marché on a essayé d'aller dans les plus petites rues possibles et donc dès qu'il y avait une rue plus petite dans laquelle on était on y allait et on a trouvé il y a un truc c'est que il y a beaucoup d'impasses beaucoup de rues transverses qui sont pas éclairées quand j'ai dit que c'était pas éclairé les autres sont très éclairées avec des projecteurs blancs lumières blanches très fortes et là c'était pas du tout éclairé et donc par le contraste il faisait que tu rentrais et tu voyais rien du tout ambiance le fameux quartier de Marrakech où j'ai été tu vois et on était loin du touriste loin du souk loin de tout on était dans une sorte de tas de petites maisons qui étaient vraiment pas loin du Nil à tel point qu'on sentait on sentait l'eau on sentait les odeurs de l'eau les odeurs de gasoil des bateaux et on trouve ce qu'on cherchait effectivement une sorte de petite place devant la place trois tables déjà pleines de vieux égyptiens enturbanés avec un argumentaire d'ailleurs qui nous propose qui se lève tout de suite ils disent est-ce que vous cherchez une calèche parce que mon beau frère voilà etc non non non c'est bon c'est bon reste assis comme il n'y a plus de place dehors on est rentré et on est rentré dans une merveille c'est à dire le bar typique enfin pas le bar le café typique égyptien donc un comptoir millénaire des petites tables vraiment passées patinées usées des petits tabourets tu vois et plein de gens qui en plus ils nous voient rentrer en mode vous êtes perdus et là encore ils se lèvent allez-y je vais vous guider à votre hôtel ne vous inquiétez pas il y a eu aussi la fameuse arnaque il y a une arnaque courante on l'a eu deux ou trois fois c'est des gens qui viennent voir en disant ah mais je vous ai vu à l'hôtel je suis cuisinier à l'hôtel vous aimez de ça on a compris quand on a rencontré le troisième cuisinier de l'hôtel d'autant plus que notre hôtel n'avait pas de restaurant mais bon voilà donc on est et il y avait quelque chose qui a éveillé donné une étoile dans l'œil de Vétel que je n'avais jamais vu parce que c'est quelqu'un qui aime l'histoire mais il aime l'histoire comme on doit labourer un champ c'est-à-dire il dit je vais le faire il le fait bien et il est content de faire du travail bien fait mais je n'avais jamais vu ça parce que c'est quelqu'un qui a priori il n'aime pas le sexe il n'aime pas trop les meufs il n'aime pas voyager il tire la gueule tout le temps il n'aime pas qu'on fasse du mal aux gens mais il s'énerve mais il y a un truc en tout cas je l'ai compris ce jour-là c'est qu'il aime jouer et il y avait des gens qui jouaient à une sorte de backgammon enfin quand je dis une sorte c'était totalement le backgammon mais il donnait un nom étrange genre le towill towill ça veut dire à mon mon mauvais arabe dit que towill c'est soit ça veut dire long ou ça veut dire élève je ne sais pas pourquoi mais ça veut dire aussi à priori backgammon donc il y avait des gens qui jouaient au backgammon et vraiment endiablés et tout etc et Itti Alexi tu ne vas pas jouer au backgammon alors on s'est mis de part et d'autre d'un backgammon on a commandé un thé à la menthe des petits biscuits il devait être minuit et on a commencé V et moi entourés des égyptiens dans une ambiance incroyable de musique et de chaleur à jouer au backgammon et je peux vous dire quelque chose cette partie de backgammon ça a été le début d'un truc absolument dingue