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Transcriptions

Transcription : épisode 28

Épisode 28, publié le 28 juillet 2026, durée 34
. Écouter. Fiche : Épisode 28, Richard Ben Malka.

Transcription automatique, non relue.

Luna Invicta 28. On est rentré, j'ai bien dormi. Toujours grâce au balcon magique qui me sauve et qui me permet de dormir bien. Je me suis réveillé le matin pour une fois à l'heure pour prendre un bon petit déjeuner. Un peu sobre mais plutôt bon. Il n'y a pas trop de chocolat et quand il n'y a pas trop de chocolat je ne suis pas bien réveillé mais bon peu importe. On a reloyé une voiture à nouveau, une petite voiture passe-partout et cette fois-ci c'est Evé qui s'est mis à conduire parce que je lui ai dit écoute mon vieux, moi la nuit elle a été un petit peu dense donc je voudrais juste dormir à l'arrière et on est parti. Je voudrais préciser c'est qu'au dernier épisode ou à l'avant-dernier j'ai dit que Marrakech se trouvait à l'est de Tangier, ce qui n'est pas du tout le cas, c'est plein sud. A l'époque j'ai juste suivi la route. Là je m'en suis aperçu et je ne sais pas du tout quel type de paysage il y a aux alentours de Marrakech et ensuite entre Marrakech et Fès même s'il y a une route directe qui n'est pas forcément la route la plus empruntée.

Et il y avait j'imagine des très beaux paysages, enfin je ne vais pas les raconter, je ne les ai jamais vus, j'étais allongé. J'ai commencé par bien roupiller, j'étais au chaud, j'étais avec des gens qui me protégeaient, j'avais bien mangé, j'avais bien dormi. Mais j'étais quand même fatigué. Et quand j'ai commencé à remuer un petit peu, il y a Sofia qui était devant, qui se retourne et qui me dit « Dis-nous, on a parlé un petit peu avec V, tu nous as parlé de Luna Invicta hier et on peut savoir pourquoi ? » J'ai dit « Non, non, mais parce que... » Et là dans ma tête j'ai dit « Il ne faut pas trop que je parle de North Star. » Quelque part, je ne sais pas où, et on m'en a parlé, c'est revenu. Je me suis dit « Est-ce que c'est relié à ça ? » Et je mentais très très mal. Et il y avait qui dit « Et tu peux nous dire ce que tu as fait pendant une heure pour les gars là ? » Et je dis « Est-ce que je peux ne pas le dire ?

» Et alors V il dit « Est-ce que juste tu as fait quelque chose de mal ? » J'ai dit « Non, ça va. » Il se retourne vers Sofia. Sofia dit « Ok. » Ça a été la fin de la conversation. Heureusement que... Enfin, je ne sais pas s'il sait quand je mens ou quand je ne mens pas, mais en tout cas il y avait un truc... Ils étaient au clair que... Comment dire ? Je ne disais pas tout. Mais bon, eux non plus, ils ne disaient pas tout. Je reste allongé dans la voiture jusqu'au dernier moment. C'est-à-dire qu'à un moment on rentre dans la ville de Fès, qui est une ville plus petite, plus ramassée, avec des plus petites rues, mais ils avaient l'adresse, enfin Sofia avait l'adresse, elle les a guidées par GPS et... Elle a guidé... Et on est arrivé un petit peu sur une sorte de colline où il y avait des villas absolument magnifiques, des villas qui étaient gardées par plusieurs personnes. Enfin, des sortes de gardes du corps, on peut dire.

Des vigiles, voilà. Et il y en a une en particulier devant laquelle on s'arrêtait et c'était a priori l'adresse. Donc, on n'était pas encore dedans, mais on s'est exprimé poliment auprès du vigile qui a vu qu'on n'avait pas l'air de touriste. C'est extraordinaire. Je n'ai pas vu la ville, donc je ne peux pas vous dire si elle est bien, mais rassurez-vous, on va en parler bientôt. En tout cas, on sonne et il y a un domestique qui vient nous voir, un domestique entièrement habillé en blanc. Et là, on comprend tout de suite une chose, c'est qu'on n'est pas chez n'importe qui. Donc, pour rappel, on est chez Richard Benmalca, qui est un contact érudit qui a contacté Sofia dans le cadre de ses recherches, parce qu'elle est en marge du fait qu'elle travaille pour Nordique, Nordstar. Elle avait le droit de publier sur Internet et beaucoup de gens, a priori, la lisaient, en tout cas des grosses têtes qui étaient intéressées par l'histoire.

Et il avait vu quelque chose qui l'intéresserait, etc. Et d'une part, il avait aussi travaillé ce fameux Richard Benmalca, qui semblait assez riche, qui était juif. On l'en a déjà parlé, c'est assez important, parce que c'était quelqu'un qui était en Andalousie. Sa famille est juive depuis des temps immémoriaux et effectivement, ça a son importance. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que Sofia en a parlé dans ses recherches et que nous, par habitude, on l'appelait l'érudit juif. Mais bon, en tout cas, tout allait prendre sens là maintenant. On rentre dans un magnifique jardin aménagé, donc sol dallé, mais avec pas n'importe quelle dalle, des petites pierres incrustées de la pelouse, qui a un luxe quand même suprême sous ses latitudes, qui est arrosé. Des domestiques à ne plus savoir qu'en faire, hommes et femmes, qui sont habillés en blanc, des arbres fruitiers parfaitement taillés, d'ailleurs des orangés qui sont tellement taillés qu'on dirait que c'est des orangés décoratifs et non pas des orangés pour ramasser des oranges.

Une grande piscine merveilleuse, une immense terrasse magnifique, des statues partout et cette villa qui déteint un petit peu de toutes les maisons un petit peu ocres qu'on a vues jusqu'à présent, ou les bâtiments modernes années 80, ou même à Tangier, il y avait des bâtiments ultra modernes en verre. Là, on a une sorte de villa quasiment romaine, dur blanc et tuiles rouges et un étage seulement parce qu'elle s'étend extrêmement loin et on est reçu par Richard Benmalca qui est quelqu'un de grand, d'extrêmement sympathique, de parfaitement bronzé et d'un petit peu vieux, un vieux beau quoi, et avec un immense sourire et une grande joie de vivre et vous allez voir une grande générosité. Il est extrêmement honoré de rencontrer Sophia dont il a lu une partie des ouvrages parce que c'est quand même très long et de recevoir aussi ses assistants, scientifiques, alors moi je rigole un peu quand il dit assistants.

Et on s'installe sur une terrasse couverte pas loin de la piscine et pas loin aussi d'une fontaine et on nous sert rapidement à la fois des jus de fruits pressés là devant nous, on a de l'eau minérale, on a du thé, du café. Là où la collation, entre guillemets, on était, on va dire milieu d'après-midi, on n'avait pas mangé mais on avait pris un bon petit déjeuner. Là où la collation devenait assez spectaculaire et je commençais vraiment à me mettre à l'aise en mode hé la journée elle va être bonne. C'est qu'il y avait du sucre bien sûr, mais il y avait pas mal de sucre mais il y avait aussi des feuilles de menthe fraîche. Moi quand j'ai demandé un thé vert c'était servi un petit peu de eau avec beaucoup de mousse, c'était vraiment très chouette. On avait le choix, alors j'ai goûté à tout, du thé au safran, il y a eu du thé à la verveine, ça j'ai goûté juste pour le fun, j'allais faire pipi toute la nuit je pense.

Et vraiment, vous allez dire truc absolument normal, courant, j'en ai chez moi, aux F, mais il y avait un thé à la fleur d'oranger et c'était absolument délicieux, c'est vraiment le meilleur thé que j'ai jamais goûté. Alors je suis pas traité tu vois, mais ce thé à la fleur d'oranger, il m'a surpris et j'ai dit maintenant on réfléchit plus c'est thé à la fleur d'oranger, t'es un mec du thé à la fleur d'oranger. Alors j'ai goûté, mais c'est Sophia qui en a pris, c'était un jus d'avocat au lait et aux amandes, trop étrange, il y avait aussi du lait au date, et tu sais quoi, j'avais déjà bu tout l'été, j'ai dit bon faut que je boive le lait au date quand même, et c'était vraiment très très bon. Il y avait aussi, alors j'avais plus de place pour en tout cas en termes d'eau, il y avait du parfum d'eau de rose, bon ça je me doute un petit peu ce que c'était, mais alors le jus d'avocat au lait aux amandes c'est un peu spécial, c'est un peu l'ambiance smoothie, mais moi de toute façon, je veux dire quelque chose, j'ai redemandé un thé à l'affaire d'oranger.

Donc il y avait évidemment de la chebacca, c'est la pâte frite là, avec du miel, et il y avait des cornes de gazelle mais avec des pistaches, donc je commence à goûter, c'est un peu étouffe chrétien, j'étais plus dans le liquide en ce moment, et il y avait au final des mini pastillas, donc c'est un feuilleté on va dire, et c'était au poulet, mais il y avait des, il y avait des amandes, il y avait aussi de la pistache et un petit peu de sucre, donc poulet sucré, j'avais jamais mangé ça avant, en fait je pense que quand c'est bien fait, c'est ultra bon, et là c'était ultra bien fait, mais c'est un peu spécial. Il y avait aussi des figues fraîches, des figues sèches, c'est un peu mon péché mignon, j'aime beaucoup, ce que je n'ai jamais dit, c'est que souvent moi, quand je fais un petit déjeuner le matin, je mets de la confiture de figues, j'adore sur mes tartines, alors là, des figues fraîches, aïe aïe aïe, c'était tellement bon, et enfin, vraiment la petite cerise sur le gâteau, en l'occurrence, là c'est marrant parce que je vous parle de tout ça, et j'étais vraiment focus sur la nourriture, alors qu'ils étaient en train de parler de ouf, de trucs compliqués et tout, mais vraiment le truc que j'ai adoré, et avant de dire ce que j'ai adoré, je tiens à faire un word of wording, bien que j'aime bien la bouffe, je vous en parle souvent, je ne suis pas très fan de cannelle, cannelle, j'aime ça, mais il se trouve un jour, quand j'allais en Grèce avec mes parents, il y a très longtemps, je vous en avais parlé, j'avais, j'ai même mangé de cannelle, et tout d'un coup, tout était à la cannelle, genre moussaka à la cannelle, saucisse à la cannelle, tout était à la cannelle, et en fait, j'ai fait un peu une overdose, et j'aime pas trop trop ça, et en fait, là il y avait des quartiers d'orange, donc des quartiers d'orange, dont ils avaient enlevé la pellicule de peau, donc la peau de l'orange, mais aussi la pellicule du quartier d'orange, et ils avaient quand même laissé la pellicule sous le quartier, pour qu'on puisse, genre, s'ils puissent reposer sur l'assiette, avec un bord doré, sans que ce soit une petite goutte, tu vois, et ils avaient aussi laissé sur une extrémité, un petit peu la pellicule, pour que tu puisses prendre sans en avoir dans les doigts, et ils avaient mis de la cannelle, et c'était une sorte de, peut-être presque un spéculoos, c'est-à-dire c'était des gros grains, parfumés à la cannelle, ouais, et vraiment, c'était incroyable, et je sais qu'on était chez un mec méga riche, et tout ça, et je voulais pas être le paysan, qui dit, c'est trop bon, j'en veux, où est-ce que j'achète ça, tu vois, mais, dans ma tête, je me suis dit, tu pars pas d'ici, sans savoir d'où ça vient.

Donc pendant ce temps-là, ils ont discuté, V, surtout V, Sophia et Ben Malka, et ils discutaient, vous avez fait bon voyage, où en êtes-vous de vos recherches, etc. Et, elle revient sur le 2 OCN Room, et de leur correspondance, on va dire, assez récente, qui a entraîné, le fait qu'elle a dû aller à Marseille, etc. Ils ont parlé aussi, du fait qu'il y a eu un cambriolage à Marseille, ça avait pas l'air de l'inquiéter, il a dit, ben en fait, moi j'ai fait un petit saut, avec des amis là-bas, et on a vu qu'il y avait rien de volé, donc c'était très bien, est-ce que c'est vous qui avez ouvert le livre, et tout, oui c'est nous, etc. On a changé les serrures, en fait ça va, j'ai une bibliothèque absolument merveilleuse, à Séville, il faut absolument que vous la voyez, vraiment, quand est-ce qu'on peut prendre rendez-vous, parce que c'est mon lieu de vie, c'est mon lieu d'agrément, moi je travaille plutôt en Espagne, et donc, quelqu'un de très détendu sur tous les sujets, et qui parle de tout ça, et elle dit, l'eau de Sénérome, j'ai vu que c'était votre recherche, vous avez consacré une grande partie de vos recherches récentes dessus, alors elle dit, oui, je me suis intéressé à Pityas assez récemment, mais c'est quelqu'un, c'est une colonne vertébrale de ma recherche, et il dit, mais vous en avez toute votre recherche, elle dit, vous m'auriez posé, posé la question il y a 5 ans, je vous aurais dit à la moitié, mais plus j'avance, plus le champ s'ouvre, et plus je découvre des choses, sur tout ça, et il pose la question, une question simple que je n'ai jamais posée, qui est en fait hyper intéressante, qui est de dire, mais c'est quoi, quelle est la finalité de vos recherches, parce que j'ai lu le début, sur l'interprétation de Cardinus Mundi, et de là, vous avez travaillé sur, on va dire, les terres du Nord dans l'Antiquité, et après, vous êtes allé, dans plein de lieux différents, et elle dit, en fait, vous l'avez bien résumé, c'est-à-dire que, les terres du Nord, donc l'Islande, la Norvège, c'était des terres qui, qui étaient mystérieuses, peut-être inoccupées à l'époque, on sait qu'il y a des traces de vie, mais là, on parle de l'Antiquité, et il y avait des relations aussi, on sait qu'il y a des voyageurs qui sont allés, comme Pythias, par exemple, et d'autres, et, il y a ce mythe, alors non pas de l'Atlantide, mais de l'hyperborée, et aussi, cette interprétation des aurores boréales, de l'époque, et pourquoi pas même, on pourrait rêver, le Groenland, voilà, et, toute cette zone-là, dans l'Antiquité, j'essaie de faire une étude, finalement, absolument exhaustive, qui est une étude, qui est à la fois, réelle, c'est-à-dire, qu'est-ce qui s'est réellement passé, et c'est dans ce cadre-là, que vous me contactez, et je suis ravi de vous voir aujourd'hui, mais également, sur une question métaphysique, c'est-à-dire, je suis également très intéressé par, les, donc, par exemple, le mythe de l'hyperborée, on disait, entre autres, qu'il y avait un culte à Apollon, qui vivait dans une zone tempérée, c'était lié à la toison d'or, aussi, donc, tout ça, en fait, comme s'il y avait, vous savez, l'indo-européen, il a, enfin, l'indo-européen, si jamais cette langue existe, elle aurait donné vie, à toutes les langues, du monde, et bien là, je pense qu'il y a un mythe primordial, le mythe des gens du Nord, qui est même, un mythe, finalement, qui, dans la culture, populaire, moderne, est beaucoup moins puissant que l'Atlantide, mais, en fait, qui va ruisseler, sur beaucoup de, qui va être le début et la fin de beaucoup de mythes anciens, voilà, donc, c'est pour ça que l'interprétation mythique, mythologique, et métaphysique, aussi, est passionnante, parce qu'elle nous permet de comprendre les coutumes, et, enfin, plein de choses sur nous-mêmes, mais vous connaissez vous-même la recherche, alors il rigole beaucoup, il dit, ouais, c'est vraiment bien, et il dit, vous êtes venu ici, je le savais, j'ai fait, j'ai fait venir, il y a quelques semaines, un livre, tout à fait spécialement pour vous, c'est quasiment le livre, le plus précieux de ma collection, et elle dit, c'est le Deus Anorum, je dis, il m'a dit, non, ne rêvez pas, je parle d'un vrai livre, et je ne parle pas de rouleau, c'est probablement un rouleau, mais avant ça, je vais vous parler de ma famille, et de mon obsession à moi, ce n'est pas l'État du Nord, donc Richard Benmalca nous explique, il me dit, moi, vous avez vu, je suis bien né, je suis né avec la fortune, de mes parents, qui étaient très fortunés, j'ai bien investi, donc j'ai pu multiplier ça, et très tôt, en fait, je me suis, comme vous, tourné vers la recherche, alors, je dois dire que, je n'ai pas gagné ma vie, et souvent, j'ai les plaisirs, de la terre, physique, qui me prennent, beaucoup de temps, plus que, les recherches, spirituelles, ou scientifiques, mais, je mène, ma barque, et, je suis moi-même, à, comment dire, extrêmement intéressé, par mes ancêtres, voilà, je, je mène, je mène ma barque, j'ai fait mon arbre généalogique, et, j'essaie de remonter, le plus haut possible, et, je remonte, à une époque, alors, pas celle de Pityas, qui vous intéresse, mais, je remonte à l'an 300, voilà, sur un ancien ancêtre, je vais vous faire, rapidement, le, remonter un petit peu, mon arbre généalogique, donc, je m'appelle Richard Ben Malka, mais ce nom, il est assez récent, il date du 10ème siècle, parce que, ma famille, c'était des juifs, qui vivaient, en disant, en Nord-Afrique, je vais vous dire, l'endroit, bientôt, vous allez le découvrir, par vous-même, donc, on vivait, des juifs nord-africains, qui, qui étaient érudits, on parle même, je pense, peut-être, de rabbins, et, au 10ème siècle, pendant la, comment ça s'appelle, mon ancêtre, enfin, mon ancêtre, du coup, j'ai pas le prénom, il a immigré à Cordoue, et, en fait, son fils est devenu juge rabbinique à Cordoue, donc, pour tout vous dire, en fait, donc, on a, on a pris le nom, à l'époque, de Ibn Malik, qui veut dire fils de Malik, Malik, ça veut dire le roi, et c'est un peu un titre honorifique qui correspond à juge rabbinique, voilà, à l'époque, et Malik a donné Malka, mais, avant ça, j'ai la, j'ai trouvé un papier, comme quoi, il était descendant, enfin, les Ibn Malik, s'appelaient, en fait, les Ibn Awner, excusez-moi, j'arrive pas à le prononcer, Ibn Awner, c'est-à-dire, Avner, Avner qui est un nom juif, donc, c'était ma famille, autrefois, avant d'avoir ce surnom honorifique, s'appelait les Avner, et les Avner, j'ai, enfin, il y a beaucoup d'Avner, mais le mien, en particulier, juge rabbinique, à Cordoue, j'ai pu remonter, on va dire, petit à petit, alors, il y a des gros trous, mais j'en suis quasiment sûr, jusqu'à un certain Elzear Ben Avner, qui serait né, on va dire, je date à peu près, en 384 après Jésus-Christ, alors, Sophia, elle dit, waouh, c'est impressionnant, mais comment, enfin, vous avez des relevés, etc., alors, elle dit, bon, ce qui est intéressant, c'est que les érudits et les rabbins sont des gens qui écrivent et qui lisent beaucoup, donc, on peut avoir beaucoup de documents et c'est assez sûr, bon, après, on a beaucoup de commentaires, surtout religieux, mais on a ces éléments un petit peu biographiques qui sont intéressants, et je suis fasciné par cet Elzear, et j'aimerais avoir le nom de son père, et j'aimerais avoir pourquoi pas remonter encore plus loin, mais on va dire, en l'état de mes recherches, que je vous confierai un jour ou que je ferai peut-être à mes enfants, j'en suis là.

Mais, dans le cadre de ces recherches, j'ai rencontré un livre, enfin, pas tout à fait un livre, disons, une compilation d'écrits, cette compilation, elle date, je crois, de l'an 600, 618 pour être plus précis, et elle parle d'un certain Ibn Massara al-Fasani, donc, Ibn Massara al-Fasani, c'est un voyageur arabe, et il a écrit un livre qui s'appelle le Kitab al-Mamnawazil wal-Mawani fi-Bilad al-Sudan, ce qui veut dire le livre des haltes et des obstacles dans les terres du Soudan. Donc, c'est quelqu'un qui, dans un temps fort lointain, parce que, si les textes ont été compilés en l'an 600, il a voyagé à travers toute l'Afrique, les terres du Soudan. Et, je me suis beaucoup intéressé là-dessus, parce qu'il y a un très court passage qui parle de ce livre, de ce livre, de ce livre, de ce livre, de ce sujet, mais vous allez voir qu'il vous concerne. Il tape dans ses mains, il dit, vous êtes prêts à le voir ?

Alors, on dit, bien sûr, on est chaud, tu vois, on est tous chauds. Et, il nous guide dans sa maison anti-chambre, il y a une salle de musique magnifique, et effectivement, on rentre dans une bibliothèque qui a une porte secrète, et on arrive dans une grande bibliothèque avec des lutrins où poser les livres, et dans, sur un lutrin, il y a le fameux livre extrêmement ancien. Alors, ce n'est pas tout à fait un livre, c'est un truc qui est, c'est des feuilles qui sont reliées avec une sorte de fil, et il est déjà ouvert, on met des gants, il nous distribue des gants, il dit, je vous donne des gants, mais si possible, ne touchez à rien, j'ai déjà ouvert au bon chapitre. Et sous mes yeux, j'ai un papier très épais, ancien, et Richard nous explique qu'on est au chapitre 19, qui s'appelle Fimanazil al-Bah al-Abyab al-Mutawassit. Et ça, c'est des mots que je connais. Et je dis, ah, ça parle de la mer Méditerranée parce que les, enfin, je ne sais pas si vous savez, mais nous, on a la mer Rouge et la mer Noire et la mer Méditerranée.

Et en fait, les Arabes, ils n'appellent pas ça la mer Méditerranée, ils appellent ça la mer Blanche, moyenne entre les deux, c'est-à-dire entre les deux. Voilà. Et c'est, voilà, c'est un peu, c'est marrant. Et ce qui est intéressant, c'est que je dis, ah, c'est la Méditerranée. Et ça surprend Vé et Sophia. Et Richard Benmalca, il dit, en fait, j'imagine que vous parlez l'arabe moderne, c'est ça ? Et je dis oui. Et il me dit, c'est normal parce que l'arabe, c'est une langue qui a été figée assez rapidement et la mer Méditerranée n'a pas changé. La mer moyenne n'a pas trop changé depuis là. Même si le texte doit dater au moins, comment dire, de 600 ans avant que, avant le 9e siècle où ça a été vraiment figé, notamment avec le Coran, etc. Mais je me permets de vous traduire le reste en français parce que il y a quand même des termes un petit peu particuliers. Donc il se penche sur le texte et il dit, avec une certaine fierté, voilà, écoutez ça.

Donc là, on a Ibn Masara Al-Fasani qui raconte quelque chose. On rapporte qu'en un temps plus ancien, avant que les vandales ne s'abattent comme le feu sur les colonnes, il lève les yeux vers nous, il dit, vous imaginez bien de quoi on parle. Donc Sophia et V font oui oui de la tête, moi j'ai aucune idée. Donc avant que les vandales ne s'abattent comme le feu sur les colonnes, un homme juif qui est vivait dans la cité appelé Luptas Mana. Son nom était Al-Hazar Ibn Avnar. Donc, c'est ça, regardez, c'est le nom de mon ancêtre, j'en ai les frissons de vous en parler, donc Elzear Ibn Avnar. Son nom était Al-Hazar Ibn Avnar. Kala lui accorde miséricorde pour sa fidélité à l'écriture car il écrivait. Et donc, Sophia lève la tête en écartant les mains en disant, ok, bravo. Et évidemment, il a ménagé son suspense et il dit la phrase suivante, ça va vous intéresser, écoutez bien. Il écrivait et il avait vu, dit-on, un parchemin venu d'Iphrikiya sur lequel des lettres grecques figuraient la fin du monde.

Sophia, elle s'assied et elle réfléchit. Et V, il dit Iphrikiya, je m'imagine, c'est Afrique. Il dit, tout à fait. Et, je dis, la fin du monde, ça veut dire quoi ? C'est genre l'apocalypse ? Alors, Sophia, elle dit, ça peut être la fin du monde telle qu'on l'entend, mais j'imagine que c'est pas cette fin-là, c'est ça ? Il dit, oui, tout à fait. En fait, fin, ici, on parle d'une limite géographique. C'est-à-dire que il a lu un livre quelque part en Afrique et ce livre, ce livre, en fait, parlait d'un bout de la fin du monde. C'est-à-dire d'un endroit où le monde s'arrête. Ça peut être, effectivement, au sud, à l'est ou à l'ouest, mais, Sophia, comme j'aime beaucoup ce que vous écrivez, c'est très intéressant, je me suis dit, et si c'était le Nord ? Et, quel seul livre de l'Antiquité, finalement, mérite et est suffisamment frappant et parle suffisamment du Nord pour qu'un érudit qui soit parti sur les routes des marchands arabes en plein milieu d'Afrique découvre, enfin, retienne suffisamment pour en parler et réécrire le document ?

Forcément, j'ai pensé au Deo Sanerum de Pityas. Et Sophia dit, et donc, en fait, votre ancêtre, Elzear Benavner, c'est quelqu'un qui, selon les dires de ce document, a non seulement lu, mais en plus, il l'a réécrit. Il dit, oui, il dit, il l'avait écrit et ensuite, il l'avait vu et il l'avait écrit un parchemin. Donc, il l'a vu quelque part et ensuite, il l'a vu et ensuite, il l'a, alors je dis parchemin, c'est peut-être un rouleau, il l'a réécrit. Donc, quelque part, en fait, non seulement, il y avait un Deo Sanerum, alors il devait en avoir cinq ou six qui devaient traîner, etc. Mais quelque part en Afrique, il a vu ça et chez lui, à Luptasmana, il l'a donc recopié. Et V dit, Luptasmana, c'est où ? Et il dit, c'est une ville qui s'appelle Leptis Magna et c'est une ville aujourd'hui qui se trouve dans un endroit compliqué puisqu'elle est en Libye et je dois vous dire que votre contemporain, votre ami Sarkozy, il n'aurait pas fait une guerre qui aurait plongé le pays et la ville de Leptis Magna en particulier dans le chaos et les milices islamistes et les différentes milices indépendantes, les trafiquants et la mafia, je serais déjà là-bas en train de creuser des trous.

Sophia, elle se lève, elle se dit, elle dit, écoutez Richard, ce que vous m'avez apporté comme information, elle est extrêmement précieuse, est-ce que je peux prendre des photos ? Elle dit, mais bien sûr. Elle dit vraiment, vous ne pouvez pas imaginer, je passe des jours et des jours à écrire et à lire et à parler en conjecture, aller de plus en plus loin dans les spéculations, mais là, vous m'apportez quelque chose d'hyper concret, c'est extrêmement intéressant, même si c'est que cinq lignes et même si c'est un peu de partie de la spéculation, ça pourrait être un autre livre, mais c'est extraordinaire. Je vous remercie. Est-ce que ça ne vous dérange pas que je reste un petit peu ici, que je re-regarde un peu ? Je ne parle pas très bien, je ne lis pas, je ne parle pas l'arabe antique, mais je peux, avec certains outils, essayer de lire à côté, etc. Il dit, je reste avec vous et il n'y a aucun problème.

Donc, on les a laissés tous les deux travailler un petit peu et nous, V et moi, alors que j'avais quand même le ventre plein et ce n'était pas très raisonnable, on a piqué une tête dans la piscine. Donc, on s'est échangé, on a pris de la... Enfin, moi, je n'avais pas de maillot de bain, mais j'ai demandé à un domestique et il en a trouvé un parfaitement à ma taille en une seconde et c'était trop bien. Il y avait une eau absolument délicieuse et c'était vraiment super. Et il y a un truc que je dois dire sur les domestiques, c'est qu'évidemment, je ne suis pas pro-domestique parce que je suis un bobo de gauche, voilà, et je ne pense pas que j'aurais des domestiques dans ma vie, mais ils étaient vraiment très sympas. C'était vraiment... Non, mais je sais qu'ils étaient domestiques et ils étaient un peu payés à être sympas, mais moi, quand on est sympa avec moi, j'oublie tout. Je suis comme ça, tu vois, genre...

Et donc, on rentre dans la piscine, on nage un peu, et on passe un peu de temps ensemble, c'est cool, on rigole, on parle de tout, on parle même de la forme des nuages à un moment. Et je lui dis, je lui dis, tu sais, il y a un moment, tu m'as dit, tu sais, je ne draguerai pas Sophia et tout, mais en vrai, je pense que... Je pense que moi, tu vois, je l'aime beaucoup, comme tu sais, mais tu t'entends bien avec elle et tu es un chic type et vous avez les mêmes centres d'intérêt. Ça ne me choquerait pas que... Ça ne me choquerait pas que vous soyez ensemble, en vrai, tu vois, je me... Et il me regarde et il dit, alors, écoute, c'est vrai que je t'ai dit que je ne te l'appliquerais pas, en gros, c'est un truc un peu d'idiot de dire ça, mais en vrai, enfin, ça ne m'intéresse pas du tout. Enfin, genre, une femme, un soir, pourquoi pas, tu vois, mais ma tête et ma vie, elles sont occupées par un gros truc en ce moment.

Et je dis, quoi, tu veux chercher ce bouquin comme Sophia ? Il dit, j'ai une relation un peu particulière avec toi, d'amitié et de loyauté et donc, tu vois, ce matin, tu nous as dit que tu étais plus à l'aise de ne pas nous dire ce que tu as fait hier. Et en vrai, si je te mettais un flingue sur la tempe et que tu étais obligé de le dire, ce ne serait pas si grave, pas vrai ? Je lui dis, ouais, c'est vrai. Et bien, il m'a dit, moi, c'est la même chose. Moi, j'ai un problème dans la vie, j'ai une obsession, j'ai un truc. Si je te le disais, ça ne changerait rien à ta vie. Tu serais d'accord avec moi et tu m'aiderais. Mais je n'ai pas envie de te le dire. Donc, sache que, en fait, dans mon cœur et dans ma tête, il n'y a pas de place. C'est déjà tout plein. Et je suis en train de régler un problème. Je ne suis pas là, dans cette piscine, en train de régler un problème avec vous, mais je suis en train de le régler, pas à pas.

Et à un moment, je l'aurai réglé. Et là, on en reparlera, mais peut-être que tu seras avec Sophia d'ici là, je te le souhaite. Et moi, je lui dirai, je ne sais pas trop. Je lui dis, on est vraiment potes. Enfin, j'ai d'autres potes, tu vois, et je crois que je peux leur faire confiance. Et toi, tu es ultra bizarre et tu es même violent parfois et j'ai même peur de toi parfois, tu vois. Mais on est quand même très proches. Tu es vraiment un type bien. Et voilà. Et je lui dis cette phrase un peu bizarre. Je lui dis, j'espère que tu ne me trahiras pas. Et là, il me regarde à nouveau avec ce regard, tu sais, genre, tu ne peux pas comprendre ce qu'il y a dans sa tête, tu vois. Et il me dit, si je te trahirais. Alors, je lui dis, quoi ? Il me dit, là, je ne te trahis pas, mais si demain, tu te mets à, je ne sais pas, à devenir fou, à tuer quelqu'un, même à le frapper, si tu fais du mal aux enfants, ben, moi, je peux te dire, je serai vraiment, je vais te trahir à 200%.

Je ne te suis pas au bout du monde, mon gars. Enfin, je ne te suis pas au bout du monde de la méchanceté, mais je crois que tu es quelqu'un de gentil. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que je pense qu'on travaille ensemble depuis le début. J'ai dit, j'espère être gentil. Et il me dit, tu vois, c'est ça la différence entre, la seule différence entre les gentils et les méchants. C'est que les méchants, ils ont peur d'être gentils. Ils disent, tu vois, trop bon, trop con. J'aurais pas dû, ils prennent la gentillesse pour de la faiblesse. Et les gentils, comme toi, ils ont peur d'être méchants. C'est pour ça que, je crois que tu es sur la bonne voie, en tout cas. Et c'est pour ça que, jamais, je te taperai comme j'ai tapé le mec d'hier. Et je dis, mais c'était pas forcément méchant. Il dit, ouais, mais voilà. Je pense que, tu sais, il le mérite un peu, quelque part. Là, il y a Sophia qui, enfin, le temps a beaucoup passé.

Mais c'était la conversation intéressante de l'après-midi. Le soleil se couchait un peu et il y avait quand même des petits moustiques qui passaient, même s'ils avaient brûlé des bâtons d'ensemble pour les faire fuir, mais ça ne marchait pas du tout. Sophia est arrivée, elle a remonté les jambes de son pantalon, et elle a plongé les pieds dans l'eau. Et elle a dit, et maintenant ? Et il dit, et là, il y avait qui dit, ben, moi, ça me semble évident. Et toi, et si je dis, ouais, il y avait qui la regarde et il dit, ben, on va à l'Eptis Magna. Donc, on va sur Serwil, là, à côté de Tripoli. Et, alors déjà, juste, petite parenthèse et je reprends et je reviens sur ce qu'il dit. Tu vois, là, il dit, on va sur Serwil à côté de Tripoli. L'Eptis Magna, si vous regardez sur une carte, c'est à côté de Tripoli. Et quand, tout à l'heure, il y a Richard qui dit, l'Eptis Muna, il parle genre, je suis au courant de rien.

Là, l'Eptis Magna, entre le moment où on a quitté la bibliothèque et le moment où on était dans la piscine, il n'a pas consulté une carte ou son téléphone ou quoi que ce soit. Tu vois ? Genre, il a juste, il ne sait pas que c'est à côté de Tripoli. On sait que c'était en Libye. Et là, il sait que c'est genre au nord-est de la Libye, de Tripoli. Tu vois ? Genre, il pourrait le situer au millimètre près sur une carte. Et ça, ça me pète les couilles. Ça, tu vois, ça fait partie de ses petites manies, ses petits secrets. C'est un gros manipulateur, tu vois, quelque part. Mais bon. Donc, en gros, il a le sourire, il est dans l'eau et il dit, on va aller à l'Eptis Magna. On va dans cette zone qui est en train, qui est plein de milices islamistes et de mafieux et de trafiquants d'armes. On va être trois gros touristes qui représentons des sacs d'argent sur place. On va prendre une pelle et on va faire ce que ne fait pas encore Richard Badmalca.

On va creuser des trous et on va trouver le Deoceanorum, en tout cas la copie qu'a fait le fameux LZR Benavner. Et il y a Sophia qui dit, il y a un peu d'ironie dans ta suggestion, non ? Et il dit, c'est un peu ironique, mais le fond de l'idée est là. Et il dit, et elle dit, je pense qu'on peut regarder de loin et voir comment ça se présente. Peut-être qu'il n'y a pas tant de milices islamistes. Et moi, je suis là, je leur dis, ne pensez pas que c'est dangereux quand même ? Et il y avait qui dit, ce n'est pas si dangereux. On représente beaucoup trop d'argent vivant. Au pire, ils nous captuent, on a une rançon, on rentre à Paris, mais je pense que ça vaut le coup de creuser un trou pour voir. Alors il y a Sophia qui bat des pieds dans l'eau et elle dit, attendez, on va dire, on ne va pas creuser des trous comme ça. Il est possible que si on arrive sur le site, on trouve un site immense et en fait, qu'ils ne nous disent rien, un truc en ruine dans lequel il faudra dix ans de travaux.

Il y avait qui dit, qui plonge, genre il nage dans l'eau et tout, il dit, moi je suis sûr, on va creuser un trou et qu'est-ce qu'on va trouver ? Genre un coffre et il y aura le bouquin dedans. Genre je suis à 200% sûr. Et je crois qu'à un moment, souvent dans cette histoire, il a toujours voulu aller en avant et je le soupçonne en fait d'être pas un SDF mais peut-être un vagabond, genre un gars qui n'est plus à l'armée depuis un moment, qui est d'ailleurs plus sur le front russe où il devrait être, etc. Et il nous entraîne dans des trucs pas possibles juste pour se faire des vacances à l'oeil et il me l'a dit en fait, il me l'a littéralement dit à Marseille, tu vois. Et il préférait être dans cette zone ultra dangereuse où il y a où tout le monde est armé plutôt que finalement de rentrer et de jouer le vagabond en France quoi. Mais Sophia a l'air convaincue. Elle dit, écoutez, je pense que c'est pas mal.

Ce qu'on peut faire peut-être c'est on va au Caire et puis on essaie de se rendre à la frontière parce que c'est pas trop trop loin de la frontière et puis on voit. Puis si c'est trop dangereux on revient. Ça vous va ? Il y avait, il dit, bah moi, c'est le plan. Et elle me regarde moi et elle me dit, elle dit, et toi Alexis, je la regarde et en fait je la trouve hyper belle et je crois que je suis très amoureux d'elle. Et je sais pas, je me souviens plus trop de sa question. Alors je dis juste, ouais, ouais, ouais.

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