Cassandre de Troie
Le personnage de Cassandre rattache son nom à la Troyenne dès sa première apparition, à l'épisode 10. La figure appartient à la mythologie grecque, et le trait qui la définit dans la culture commune, dire vrai sans être crue, ne vient pas d'Homère.
La malédiction vient d'Eschyle, pas d'Homère
Cassandre est la fille de Priam, roi de Troie, et d'Hécube. L'Iliade la nomme la plus belle des filles de Priam (chant XIII) et l'Odyssée en fait une captive d'Agamemnon, tuée par Clytemnestre (chant XI). Homère ne lui prête ni don de divination ni malédiction.
Le mythe complet paraît dans l'Agamemnon d'Eschyle, joué en 458 avant notre ère. Cassandre y raconte qu'Apollon, qui la désirait, lui a accordé le don de prophétie, qu'elle a consenti puis s'est dérobée, et que le dieu a alors ajouté au don la clause qui le rend inutile : depuis, elle ne persuade personne (vers 1202 à 1214). Cette version est devenue la référence, au point de donner son nom au fait d'alerter juste et de n'être pas entendu.
D'autres auteurs racontent autrement. Chez Hygin et Apollodore, Cassandre ne rompt aucune promesse : le don est une tentative de séduction, et la malédiction vient de son échec. Chez l'historien Anticlide, elle tient son don, avec son frère jumeau Hélénos, de serpents sacrés qui leur ont purifié les organes des sens.
Reprise dans le récit
À l'épisode 10, Cassandre annonce à Alexis que son frère fréquente des rassemblements nazis et qu'il tue des gens, et Alexis ne la croit pas. À l'épisode 18, il lui demande d'où vient le médaillon nazi qu'elle lui confie. Elle répond que le problème des personnes qui portent ce nom est qu'on ne les croit pas, et s'en tient là.
Rome, Marseille et la lignée d'Arthur
À l'épisode 10, Cassandre rattache à Troie la fondation de Rome et de Marseille, ainsi que l'ascendance du roi Arthur de Cornouailles. Les trois filiations n'ont pas le même statut.
Rome tient la sienne de Virgile. Dans l'Énéide, Énée fuit Troie en flammes et aborde au Latium, où il fonde Lavinium. Son fils Ascagne fonde Albe-la-Longue, et Rome ne vient que plusieurs générations plus tard, avec Romulus. Les Romains revendiquaient eux-mêmes cette ascendance troyenne.
Arthur tient la sienne d'un livre du XIIe siècle. Geoffroy de Monmouth, dans son Historia regum Britanniae achevée vers 1135, donne aux Bretons insulaires un ancêtre nommé Brutus, descendant d'Énée, et place Arthur dans la lignée royale qui en procède.
Marseille, elle, est une fondation grecque. Des marins et des marchands venus de Phocée, cité d'Asie Mineure, s'y installent vers 600 avant notre ère et lui donnent le nom de Massalia, d'où vient l'appellation de cité phocéenne. Aucune tradition antique ne la rattache à Troie.
Sources
Eschyle, Agamemnon, vers 1202 à 1214, texte grec et traduction anglaise sur Perseus. Homère, Iliade, chant XIII, et Odyssée, chant XI. Virgile, Énéide, chants I à III. Geoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, vers 1135.
Notices Cassandre,
Brutus de Bretagne et
Marseille sur Wikipédia.