Épisode 43, Le dieu du peut-être
Vendre la pièce
Alexis revend la pièce de Mussolini chez un numismate du cinquième arrondissement. Annoncée à dix mille euros, elle se négocie à cinq mille, en espèces, le marchand devant fermer boutique deux heures pour aller chercher l'argent : un objet fasciste ne se garde pas, se revend mal et attire des questions.
Interrogé sur le reste du trésor, Alexis mentionne la poignée gravée SDI. Le marchand suppose un sigle de services de renseignement italiens, sans certitude.
Pixel Trails
Sophia l'emmène rue Blondel, dans une agence de voyages consacrée aux jeux vidéo. Damien tient le discours commercial, mais c'est Christine qui connaît le sujet et décide.
Le principe : un guide vous fait visiter un monde en ligne comme on visite un temple, avec une escorte quand l'endroit est dangereux. L'essentiel du chiffre vient toutefois de comptes montés sur commande.
Leur produit invendu, le grand tour, réunit cinq destinations : le serveur de survie le plus ancien et le plus hostile, un monde presque disparu où une joueuse solitaire se connectait chaque soir pendant des années sans rien construire, une traversée complète d'un grand jeu d'heroïc fantasy, le tout premier monde en ligne graphique de 1985 qui a inventé la monnaie virtuelle, les apparences payantes et la modération, et un monde entièrement textuel où chaque lieu est décrit au lieu d'être montré.
Sophia, qui ignorait tout de cet univers, en est bouleversée et achète le tour sur-le-champ. Damien souligne que ces mondes disparaissent sans que personne ne les consigne, ce qui lui fait dire que les laboratoires devraient s'y pencher.
L'escalier des langues
Christine sort les stèles relevées jusqu'à la zone la plus avancée. Sophia les met en ordre et voit le principe : plus on approche du centre, plus les écritures remontent dans le temps.
Latin doublé de palmyrénien, grec et linéaire B, phénicien, hiéroglyphes, cunéiforme, signes de Vinca, puis une notation préhistorique gravée sur os. Viennent ensuite trois écritures qui n'ont jamais existé, produites par des mystiques prétendant les recevoir en vision, dont l'écriture des coquillages et l'idiome de la mer, dont les glyphes changeraient une fois mouillés.
Les deux dernières la font blêmir : les langues hyperboréennes, dont la seule mention universitaire se trouve dans sa propre thèse. La seconde serait celle des prêtres pour s'adresser aux dieux. Northstar a donc puisé dans ses travaux sans les citer.
Christine lui propose de les engager comme consultante contre l'exclusivité de ses informations.
Moirix
En brasserie, Sophia s'enthousiasme : on décortique les livres phrase par phrase, il faudrait décortiquer chaque pixel, chaque buisson, chaque planche.
Puis elle demande quel est le but du jeu. Au nom de Moirix, elle s'étouffe presque : il figure aussi dans sa thèse. Les Hyperboréens comptaient dix dieux, sept publics et deux secrets, plus un dernier. Moirix serait le dieu du peut-être : à côté du passé, du présent et du futur, il régit ce qui aurait pu arriver, et on le prie pour que le peut-être défavorable n'advienne pas.
Alexis plaisante sur un chemin où ils se seraient aimés et mariés. Sophia acquiesce d'abord, puis se referme, avec quelque chose de plus grave qu'un simple agacement, dont il ne connaîtra la raison que plus tard.
Personnages
Alexis Audou, Sophia Beaurecourt, Damien, Christine.
Lieux et entités
Paris (rue Blondel, cinquième arrondissement), Pixel Trails, Northstar, Clélia, Moirix, l'Hyperborée.
Transcription intégrale : épisode 43 mot pour mot