Épisode 36, Le couloir maritime
Le plan
Plutôt que de longer la côte, Volodia les fait nager plein nord vers une vedette blanche aperçue à l'horizon. Ils y arrivent à bout d'oxygène, abandonnent masques et détendeurs, et s'accrochent à l'arrière.
Ce n'est pas un yacht mais un bâtiment de Frontex sous pavillon français. Volodia maîtrise seul les cinq occupants, casse un bras au passage, et les regroupe à plat ventre.
Tous regardaient vers le nord, où un canot surchargé de migrants attendait d'être en haute mer.
Les indépendantistes improvisés
Alexis improvise une couverture : ils appartiennent au groupe Antoine, veulent la sécession de la France et obéissent à Napoléon VI. Volodia appuie avec son accent russe. L'officier, breton, tente de sympathiser et se fait taire.
Alexis apprend à démarrer le bateau grâce à un tutoriel vidéo trouvé sur le réseau du bord, et navigue au GPS comme dans un jeu.
Le passeur coupe la remorque et s'enfuit dès qu'il les voit. Sophia et Volodia masquent la mitrailleuse de leur corps pour rassurer les naufragés, les prennent en remorque et distribuent l'eau et les vivres du bord : la navette qui devait les intercepter les convoie vers l'Europe.
La ruse du couloir maritime
La radio réclame un rapport, puis des photos satellite trahissent la remorque et le cap. Ils dépassent Lampedusa, qu'ils refusent d'approcher.
La solution vient d'un alignement de lumières sur la mer : les navires suivent des routes fixes pour pouvoir se secourir. Ils se glissent dans ce couloir, juste devant un paquebot de croisière dont les passagers filment tout, rendant impossible une interception discrète.
À l'approche du port, Volodia met une cagoule et fait passer les militaires par-dessus bord un par un, à un kilomètre des côtes, ce qui multiplie les manœuvres de sauvetage. Il laisse la barre au blessé, puis les trois plongent à deux cents mètres et nagent dans une baie très polluée qui les dissimule.
Civitavecchia
Sur la plage, des jeunes les reconnaissent par une vidéo en ligne. Leur arrivée a déclenché une émeute au port : entre l'armée, la police et une jeunesse désespérée, l'épisode du Vatican a fait basculer la question migratoire en question religieuse, au nom d'un Jésus né en exil. La Croix-Rouge soigne à la fois les migrants et les Italiens blessés en se battant pour eux.
Giacomo les conduit à Rome, dans un hôtel tenu par des religieuses, cent euros la nuit. Sœur Héléna apporte un mot pour Alexis : rendez-vous à vingt-trois heures en bas de l'hôtel, signé Cassandre. Il le déchire.
Il emmène les deux autres dans le restaurant découvert avec Dorian, où la salle créée de rien existe toujours et où le personnel l'accueille par son nom, puis leur offre une glace couverte de crème sur la place d'Espagne. Rome est devenue schizophrène, entre insouciance et prophètes de fin du monde à chaque coin de rue.
Le narrateur signale au passage qu'un jeune Américain en escale vers l'Asie traversait la ville ces jours-là.
Le soir, Sophia se penche sur les traits gravés dans le bois et sourit, ce qui laisse penser que le voyage n'a pas été inutile. Aux onze coups des églises, la fenêtre de la chambre s'ouvre et quelqu'un entre.
Personnages
Alexis Audou, Volodia, Sophia Beaurecourt, Giacomo, sœur Héléna, Cassandre.
Lieux et entités
Leptis Magna, la Méditerranée, Lampedusa, Civitavecchia, Rome, Frontex, le groupe Antoine.
Transcription intégrale : épisode 36 mot pour mot