Transcription : épisode 41
Transcription automatique, non relue.
Luna Invicta 41 Oui, bien sûr, je connais Northstar, ils font un super jeu vidéo et ça m'a donné envie de rentrer chez moi et de jouer à un jeu vidéo. J'ai dit écoutez, tant pis pour nous, et je me suis levé et j'étais assez content parce que je me suis dit en vrai, je vais appeler Sam, je vais lui dire hé, j'ai pas trouvé ton livre parce que c'est Northstar qui l'a, il va être trop content d'ailleurs parce que ça va alimenter son imaginaire et moi j'aurais pas un livre à lire parce que, en fait, dans tout ça, il aurait fallu aussi lire un livre. J'aime bien lire des livres, mais j'aime bien désirer un livre avant de le lire. Je sors, j'ai mon vélo à la main, je passe un petit coup de fil, hé Sam, déso, hé j'ai un truc de fou à dire, de fou, et il est là, il m'attend, il me dit ouais. J'ai dit, le livre, il a été emprunté par Northstar qui ne l'a jamais rendu. Et là il me dit, je sais. J'ai dit quoi ?
Il dit, bah bien sûr que je sais. J'ai dit, mais pourquoi tu me demandes ? De le chercher tout le temps. Il me dit, parce que je voulais te montrer qu'ils sont partout. Ils sont partout. Ils sont partout. Je dis, mais oui, ils sont partout. Enfin, je veux dire, ils ont fait ce jeu vidéo. Mais ce jeu vidéo, il est là pour envoyer des messages subliminaux, pour nous matrixer, pour nous rendre des moutons, tu comprends ? Mais ça, ça fait partie du plan, mais tu peux pas savoir. Et voilà, mais la question, la question à un milliard d'euros que je te pose, réfléchis un petit peu Alexis, la question que je te pose, c'est pourquoi un livre à la con, l'incident de la grande course de 1937, de Philomène Langlois, vraiment, pourquoi il aurait été emprunté, volé et peut-être détruit par North Star ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Alors, je dis, je sais pas. En fait, peut-être, peut-être qu'ils ont juste oublié de le rendre.
Et il dit, mais c'est pas possible. C'est pas possible. Donc, maintenant, tu vas faire quoi ? J'ai dit, bah, je vais rentrer chez moi. Il dit, bah non, tu vas pas rentrer chez toi. Tu vas aller trouver Philomène Langlois, ou sa fille, ou son fils, ou son petit-fils. Et tu vas aller cuisiner. Tu vas trouver. Tu vas trouver un exemple. Il faut que tu te bouges, mon gars. Et j'ai dit, mais pourquoi je le ferais ? Il me dit, parce que c'est ton destin. Je te le dis depuis tout à l'heure. Je dis, eh, tu sais quoi ? Je vais le faire. J'ai raccroché avec vraiment la ferme intention de, non seulement de pas le faire, mais en plus, genre, de prendre cette instruction et de la mettre dans une boîte et de la fermer et de ne plus jamais l'ouvrir, tu vois. Et on était, je sais pas, début d'après-midi. Je me suis dit, je vais aller manger un petit truc. Et je suis retourné à Bercy. Donc, j'ai retraversé le pont avec un sale pont Marie Curie.
C'est super stylé. Et il y a un truc qui s'est installé. Donc, j'ai quand même... Alors, il y a une sorte de convention qui s'est installée, une convention plein air, une convention manga japonisant. Voilà. Il y avait des stands où ils vendaient, je sais pas, des Naruto en IA sur des grands kakemono, quoi. Des... Je sais pas. Ils vendaient des sushis ou je sais pas quoi. Et surtout, en fait, ils vendaient des glaces à la vanille. Alors, moi, vous savez, je l'ai souvent dit, je suis un type totalement vanilla, question glace. Et donc, je fonce dessus. Et il y a quelque chose dans ma tête qui dit, tu peux pas faire un petit déjeuner de glace. Et en vrai, et là, j'ai atteint une forme de libération spirituelle. J'ai dit, et pourquoi pas ? En vrai, et pourquoi pas ? OK. Donc, je suis allé voir la personne qui faisait des glaces. C'était un type qui avait l'air sympa. Et donc, c'était 3 euros.
La glace qui est vraiment pas chère. C'est un soft serve sur une glace à l'italienne, quoi. Et je lui ai donné les 3 euros. Et je lui ai dit, ça vous dérange pas de faire une glace immense, s'il vous plaît ? Et il m'a fait vraiment une glace gigantesque. Vraiment comme une barbe à papa. Et j'ai commencé à la manger. C'était trop chouette. Et donc, je suis pas très manga. Alors, j'ai lu quelques mangas, tu vois. Je sais reconnaître un Naruto. Je sais reconnaître le pirate caoutchouc élastique, là. Donc, voilà. Et je connais aussi Dragon Ball. Mais je sais juste qu'il se balance des boules de feu. J'imagine que c'est ça, les Dragon Ball. Mais bon. Ouais, je suis pas très manga. Cela dit, je mange ma glace gigantesque. Je fais attention, si elle tombe pas par terre, ce serait vraiment un drame. Ou que quelqu'un me bouscule pas et je batte le nez dedans et tout. Mais c'est vraiment... Je fais le plein de glace.
Et je sais que je vais le payer. Je sais que je vais être malade à un moment. Mais au moment où je le fais, je suis bien. Et une fois que j'ai mangé ça, je regarde un petit peu. Il y a des trucs très mignons. Il y a des trucs souillants. J'ai dit, mais il y a aussi des gens qui dessinent des choses eux-mêmes. Et c'est vraiment très joli. Et j'ai encore un peu de monnaie dans la poche. Et je me dis, qu'est-ce que je vais acheter ? Et là, je tombe sur un truc. Il y a un stand maquillage. Et alors, c'est pas un maquillage genre, t'es maquillé, t'es beau. C'est genre, tu peux te dessiner, je sais pas, un arc-en-ciel sur le visage, tu vois. Et je sais pas pourquoi, ça me motive de fou. J'ai envie de faire ça, tu vois. Donc, je me pose. Et il y a une fille assez sympa qui s'appelle Audrey. Qui me dit, tu veux un maquillage de quoi ? De qui, déjà ? Genre, je sais pas, il fallait que je réponde Zelda, tu vois.
J'ai dit, est-ce que vous... Enfin, j'ai dit, est-ce que vous pouvez me faire un maquillage genre... Qui se voit de loin, un truc qui éclate, tu vois. Elle me dit, est-ce que tu veux Kratos ? Je dis, est-ce que tu peux faire Kratos, mais en plus énervé et avec shiny, tu vois. Et elle me dit, je peux le faire. Et donc, elle me fait un énorme éclair rouge sur le visage. Et genre, il y a plein de doré, il y a plein de... Enfin, je veux dire, on dirait que mon visage, il est coupé en deux et vraiment, il est... Et je dis, alors, c'est génial, j'étais vraiment épaté. Et je lui dis... Et en fait, j'étais vraiment très content. Et dans ma poche, il me restait genre 20... 20 euros, 22 euros, 50. Et je lui donne tout. Je dis, trop bien. Ah non, elle me dit... Alors, déjà, merci parce que c'est paiement libre. Mais tu me... Enfin, c'est super, mais... Enfin, les gens, ils donnent entre 5 et 10 euros, tu vois.
Je dis, mais non, mais regarde tout ce que t'as mis. Vas-y, prends... Je lui donne 12,50 euros parce qu'elle veut pas de mon deuxième billet de 10. Et je garde mon billet de 10 avec moi. Et elle me dit, bah, super sympa. Et je dis, mais moi, je suis hyper content. C'est la première fois que je me fais maquiller et j'aime trop, tu vois. Et donc, j'ai... J'ai continué la convention avec des... Avec mon éclair sur le nez, là. Et tout le monde me regardait. Il y a quelqu'un qui m'a fait un... Qui a voulu faire un selfie avec moi. Et c'était cool. Je me suis... J'ai vraiment fait le tour. C'était un peu long. Il y avait plein de gens déguisés en gros Pokémon et tout, etc. Et après, je me suis dit, bon, il faut quand même que j'y aille. Donc, j'ai... Je suis allé sur... C'était tout autour de Bercy, mais il y a un grand parc. Et donc, je suis allé... Je suis allé sur la pelouse. Après avoir fait un grand, grand tour.
Et quand... C'est qui je vois sur la pelouse, assise avec tout un tas de gens. Deux personnes que je connais. On va faire un petit groupe avec deux personnes. Donc, la première, c'est Audrey qui vient nous maquiller. Qui me dit, ah, viens, viens, viens, tu vois. Et donc, il y a des mecs, des filles, tout ça. Ils sont déguisés dans des personnages que je ne connais pas du tout. Et il y a une meuf habillée normale. Et c'est en fait, c'est la jolie fille. Où on a eu un petit croisement de regard avant midi, là. Avant que j'aille... À la bibliothèque. Et elle est vraiment très jolie. J'ai toujours fait son nom. Et donc, je m'assieds avec eux. Et tout le monde me dit, trop bien le maquillage. Et en fait, ils disent, il faut remercier Audrey. Voilà. Donc, on discute tous ensemble. Et en fait, ils partagent avec moi leur espèce de pique-nique. Et c'est des sandwiches triangle fait maison, tu vois.
Et je dis, non, non, mais attendez les gars. Ça ne va pas du tout, vos sandwiches. Moi, la prochaine fois, vous faites un pique-nique. Tiens, Audrey, tu prends mon numéro de téléphone. Je vous apporte, enfin, je vous fais une liste de courses. Et moi, je vous les fais, les sandwiches. Je vous fais des vrais bons sandwiches. Parce que là, c'est sans imagination. Les gens se disent, ah bon, t'es cuisinier ? J'ai dit, ouais, en fait, je suis plutôt livreur. Je suis électricien, je fais un peu de chantier. J'ai récemment été ici assistant d'une archéologue. C'est très éclectique. Et donc, la jolie fille, elle dit, assistant d'archéologue. Pourquoi tu parles le latin, le grec et tout ? Je dis, non, je parle l'arabe. Les chantiers, tu vois le truc. Et c'est une ambiance très chaleureuse. Et il y a un gars qui passe. Et il est habillé en cuir serré, tu vois, tout noir. Une sorte de émo gothique.
Et il nous distribue des petits tickets. Genre, il dit, il va y avoir ouverture d'une grosse boîte de nuit à Paris. Avec trois grands espaces. Il y aura un espace électro-dense. Il y a un espace techno. Et il y a un espace électro-dense. Et il y a un espace métal. Et donc, c'est vraiment, c'est la nouvelle boîte. C'est incroyable. Et on veut des gens un petit peu cool, comme vous, déguisés dedans et tout. Donc, n'hésitez pas à faire la teuf. Et vraiment, c'est la méga teuf. La boîte s'appelle l'Eclipse. En fait, en tout petit, il y avait marqué le palais de l'Eclipse. Mais bon, c'était l'Eclipse. Et c'est vrai, effectivement, il y avait trois espaces. Et sur le ticket, enfin, c'était pas le ticket, c'était un mini flyer. C'était un mini flyer. Sur le mini flyer, en fait, avec ce flyer, je pouvais rentrer gratuitement à l'avant-première, on va dire, du palais de l'Eclipse. Et c'était pas un espace techno.
C'était marqué un espace techno fétiche cuir. Voilà. Mais bon. Je précise parce que ça va avoir son importance par la suite. Mais donc, moi, je suis pas, je suis jamais allé en botte de nuit, sauf erreur de ma part. Enfin, j'ai vraiment aucun souvenir de ça. Et je l'ai empoché. J'ai dit, ouais, cool. Cool, gars, tu vois. Et la jolie fille, là, qui était en face, je voulais quand même un peu lui parler. J'aime bien Audrey, mais en fait, Audrey, elle n'a pas fait de move en mode, elle est intéressée pour moi, tu vois. Et l'autre, elle avait l'air cool. Et j'avais pas son nom, malheureusement. Et je lui dis, toi, tu fais quoi ? Et elle me dit, je fais une étude un peu étrange comportementale. Alors là, je me suis dit, en fait, genre, elle fait une étude sur, ça doit être un truc chelou. Genre, elle drague des mecs. Et ensuite, elle... Ou alors, elle fait des trucs sur les mâles alpha, bêta, ou je sais pas quoi, tu vois.
Alors, je dis, vas-y, c'est quoi ? Et elle me dit, en fait, tout le monde la connaît parce qu'elle fait un truc genre, pas sociologue ou anthropologue, mais un truc dans le genre, tu vois. Mais personne ne sait vraiment ce qu'elle faisait. Et en fait, c'est hyper intéressant. Parce qu'elle dit, vous savez, quand vous... Dans votre journée, vous allez dire, tac, hop, tac, tac, hop, hop. C'est des petits mots comme ça. Vous m'enrythmez votre journée. On appelle ça des disfluences. Et aussi, vous allez faire des gestes. En fait, vous n'avez pas décidé de faire ce geste, mais vous le faites quand même. Donc, par exemple, elle se lève. Elle s'approche de moi. Elle s'approche de moi un peu dans ma zone d'intimité, tu vois. Et elle me met la main, genre la paume de sa main, sur ma joue. Un geste, mais d'une immense tendresse, tu vois. Mais genre, sa main, elle est chaude. Enfin, ça me fait... Enfin, je crois que j'ai le cœur qui bat très, très fort, tu vois.
Et vous savez, ce moment où tu es persuadé que tu es en train de tomber amoureux, tu sais. Au moment où tu tombes amoureux et que tu es persuadé que tu es face à la personne de ta vie et que quoi qu'il arrive dans la vie, quoi qu'il arrive, c'est la personne avec qui tu vas vivre toute ta vie, tu vas mourir pour elle, tu vois. C'est un sentiment d'intensité amoureuse fou, tu vois. Et elle, elle met sa main. C'est comme du crack pour moi. C'est un geste de tendresse. Elle met sa main sur ma joue et c'est tellement bon, tu vois. Et je suis là. Et elle dit, vous voyez, elle se trouve là. Vous voyez, je viens de faire ça. Hop, tac, etc. Et un peu comme le baillement se transmet, mais vous savez, quand on baille, quand je baille devant vous, elle baille. En fait, il y a deux, trois personnes qui ont envie de bailler. Elle dit, ben vous, vous allez bailler. Pourquoi vous allez bailler ? Parce qu'en fait, à la base, on était tous ensemble, genre dans les tribus préhistoriques, comme des pingouins, tu vois, tous ensemble.
Et tous rattachés. Il fallait veiller la nuit pour faire attention aux prédateurs. Quand il y avait quelqu'un qui baillait, le baillement, en fait, c'est pour se réveiller. C'est-à-dire, on étend sa joue pour réveiller. Eh ben, on a pris le réflexe, les autres, aussi, de le faire pour que le groupe reste réveillé en cas de besoin. Mais là, en fait, ces gestes, tic-tac, ces petits mots, ces petits gestes qu'on peut faire, comme le geste que je viens de faire, qui est très précis, sur la main, sur la joue. En fait, ce sont des gestes semi-intentionnels qui... Mais le semi est très intéressant. C'est-à-dire, en gros, il y a une proposition intérieure instinctive et elle est acceptée. Contrairement au baillement, qui est plutôt instinctif. Et elle est acceptée par la personne qui le fait. Ça veut dire qu'il faut aussi une relation de confiance ou une démarche assertive particulière dans un groupe social particulier.
Donc, elle commence à utiliser des mots compliqués. Et ce qui va se passer avec... C'est quoi ton nom ? Alors, je dis, c'est Alexis. Ce qui va se passer avec Alexis, c'est qu'Alexis, soit bientôt, soit dans quelques jours, il va refaire ce geste. Et donc, il va transmettre cette personne-là. Et c'est un geste qui se transmet. Et c'est quelque chose que j'étudie, c'est-à-dire la transmission de ce geste et de ces petits mots ou même, par exemple, du coup, ces petits mots qui surgissent et que tout le monde dit à un moment et qui mettent beaucoup de temps à disparaître, ces espèces de virus mentaux, parce que... C'est intéressant. Et je vois, effectivement, que l'avance, c'est intéressant. Elle voulait dire quelque chose, mais... Mais... Elle voulait pas trop en parler devant les autres. L'après-midi était vraiment cool. Et on s'est tous un peu dispersés à un moment. J'ai repris mon vélo et j'avais toujours pas le nom de la fille.
Et donc, j'étais en train de repartir. Et elle était du côté... Il y a un espace skate à Bercy. Il y a un gros... Ça fait beaucoup de bruit. Ils font du... Enfin, c'est une sorte de skate-park vraiment un peu stylé, tu vois. Et elle était près des arbres et elle était en train de regarder les skates. Et en fait, je la rejoins parce que je lui ai demandé son nom. Elle me regarde et je lui mets la main sur la joue comme elle me l'a fait, tu vois. Alors, elle me dit, ça marche pas comme ça. Ça doit être semi-intentionnel. Je dis, ah, c'est peut-être semi-intentionnel. Elle me dit, je crois pas du tout. Et je dis, j'ai pas ton nom. Elle me dit, c'est Léa. Et elle me remet la main sur la joue. Alors, je lui remets la main sur la joue. Elle me dit, ça fait un peu rite amoureux, non ? Alors, je lui mets la main sur la joue. Je dis, moi, quand tu m'as touché pour la première fois, ça m'a vraiment fait quelque chose, tu vois.
Je te le dis. Et donc, je sais plus où on en était. Donc, je crois que c'est moi qui lui ai mis la main sur la joue à ce moment-là. Et donc, elle me remet la main sur la joue. Et elle me dit, je suis désolé, mais je préfère que tu partes avec le geste en plus et que tu ne me le redonnes pas. Et elle me dit, t'es quelqu'un d'hyper bien, mais je suis déjà en couple. Alors, je lui mets la main sur la joue et je lui dis, avec un chouette type, j'imagine. Elle me remet la main sur la joue et elle dit, il est vraiment chouette, c'est un couple exclusif dans lequel on s'aime beaucoup. Et je lui remets la main sur la joue. Je lui dis, d'accord, un couple exclusif. Donc, genre, par exemple, avec de la... de la fidélité absolue, tu vois. J'étais vraiment... Elle rigole, elle me met la main sur la joue. Elle dit, tu sais, la fidélité, c'est comme la liberté, la fraternité, l'égalité, la vérité. C'est-à-dire, soit c'est 100%, soit c'est 0%.
Et... Je lui dis, ok, Léa, vas-y. Touche-moi une dernière fois la joue. Elle m'a touché une dernière fois la joue. Et... Et je suis parti, un petit peu triste, mais un petit peu heureux. Parce que c'est cool, quand même. C'est cool de tomber amoureux. C'est chouette. C'est pas grave si on n'est pas aimé en retour. Ça, c'est ce que je me dis, mais en fait, c'est un peu grave, quand même. C'est un peu triste. Je suis rentré... Non, avant ça, avant ça... Enfin, excusez-moi. Je suis perturbé par cette aventure qui m'est arrivée, mais j'ai oublié de vous dire quelque chose. Je suis parti, et je suis quand même revenu en arrière. Elle rigolait. Je lui dis, t'inquiète, je vais pas te sauter dessus ou quoi. Je lui dis, toi, juste, c'est quoi ces gestes qu'ils transmettent ? Tu les étudies, et... Et elle me dit... Et on essaie de tirer des conclusions. Je dis, ok, mais en vrai, ce que t'as pas dit, c'est que t'as une conclusion et que tu vas me la dire.
Et... Elle me regarde droit dans les yeux, et elle me dit, il y a plein de conclusions possibles. Est-ce que tu veux la conclusion scientifique, normale, logique et triste, ou la conclusion folle ? Je dis, évidemment, la conclusion folle. Elle me dit, voici la conclusion folle. C'est qu'il y a hyper longtemps, quand on était des hommes préhistoriques et qu'on baillait pour se tenir en vie, il y a quelqu'un, une chose, une civilisation, un être, un gourou, ou peut-être une conscience collective, qui est venue parmi les hommes, et qui a transmis un message avec ses tacks, ses hops, ses disfluences et ses petits gestes. Et depuis, ça survit dans la civilisation humaine, et c'est un jour un message qu'on enverra inconsciemment, peut-être aux IA, par exemple, qui sont les intelligences qui vont nous survivre, peut-être à des êtres que nous rencontrerons un jour, ou peut-être que c'est tout simplement un système d'un langage subliminal qui parle à une partie de nous qui n'est pas la conscience, mais qui est une vie réelle, et qui communique comme ça d'une personne à l'autre.
J'ai dit, j'ai pas tout compris, mais c'est vrai que c'est peut-être un peu dingue, mais c'est drôlement chouette comme truc. Elle s'appelait Léa, et je suis rentré chez moi, je suis rentré chez moi, et autant c'était bien d'être amoureux, et autant, autant, en fait, je me suis mis sur le lit, je me suis mis à pleurer, je me sentais hyper seul. Je me suis dit que, vraiment, qu'on vit dans le meilleur des mondes, que j'ai vraiment énormément de chance d'être libre, autonome, de ne pas avoir de soucis, de ne pas avoir de maladies, mais que j'étais quand même très très malheureux. Je me suis un peu endormi de fatigue et de tristesse, et le lendemain, j'étais assez malheureux, et j'ai commencé à tester City of Secrets de Northstar, dont je vais vous parler un petit peu après, et, ce que j'ai fait aussi, c'est que ça n'allait pas du tout, en fait. Mais ce n'était pas à cause de m'être pris un râteau, c'était juste que, ça faisait quand même un moment que j'étais seul, et que j'étais avec des gens chelous, et que, en fait, j'avais la conviction profonde que les gens, d'une part, ne me comprenaient pas, parce que, enfin, pas que ils ne me comprenaient pas, mais on n'était pas de la même tribu et du même langage.
C'est-à-dire que j'avais des choses en moi, et je n'arrivais pas à faire comprendre ça aux autres, et les autres, ils avaient des vies et des choses, et ne comprenaient pas trop. Ah oui, j'ai dû aussi faire une sacrée lessive, parce que... Je pensais... Faire la lessive, ça me détend. Mais en gros, pourquoi j'ai fait une énorme lessive ? Parce que le maquillage, j'avais oublié que je l'avais sur le visage, et... J'en ai mis plein la... plein l'oreiller. Mais regardez, la lessive tournait dans la buanderie, tu vois, j'étais assis par terre face à la lessive qui tourne, et ça me faisait trop de bien, voilà, ça me fixait mes pensées. Et oui, en fait, j'avais l'impression d'être seul, et que personne ne me comprenait, et que... que c'est comme s'il y avait une partie de moi qui était partie un jour, et du coup, j'étais seul avec moi-même, parce qu'on est tous plusieurs, d'une certaine façon.
Voilà, je sais pas. En tout cas, ça allait pas du tout. Et... ça allait pas du tout, donc j'ai fait un truc, après avoir fait une lessive, avoir joué à City of Psycho, comme ça, j'ai... j'ai pris des petits granulés de drogue, là, de Gérald, la drogue bleue, là, qui m'avait emmené dans le palais des rêves, ou je sais pas où, là. Et... ça m'a vraiment détendu, c'était vraiment chouette. Et je comprenais totalement l'addiction à la drogue, tu vois. Et là, j'ai passé une très bonne nuit, un peu cotonneux, et... j'ai quand même été poursuivi par le type couteau, dans un des rêves, mais comme j'étais bien, il était toujours derrière moi, une sorte de... derrière un mur, invisible, et ça se passait plutôt bien. Donc c'était un peu la manifestation de mes angoisses, ce monsieur. Et... en fait, cette drogue bleue, le lendemain matin, je me suis dit... à un moment, je vais en manquer, et ça va être très dur.
Et je me suis dit, ce serait quand même plus... plus normal que ce soit un peu... que cette drogue soit un petit peu mon... ma bombe nucléaire que j'utilise vraiment au dernier moment, et que j'ai un truc un peu plus fiable. Et je pense qu'avec le passé que j'ai, je peux totalement demander un truc, genre... un antidépresseur ou un anxiolytique. Et en fait, je rappelle... je rappelle Vasseur, donc le psy, là, qui avait une secrétaire chelou. Et donc, je tombe sur la secrétaire, qui est encore en poste, et qui dit... ah non, mais le docteur Vasseur, il fait plus de consultations maintenant, il est à... il travaille dans la... Alzheimer City. Et alors, je lui dis, eh, Sylvie, là, c'est moi, vous vous souvenez, le gars qui va témoigner au prud'homme pour vous et tout. Elle dit, ah, ok, waouh, super, ça tient toujours. Ben, je lui dis, bien sûr, ça tient toujours. Elle commence à minoter, genre, ah, mais oui, le jeune homme, j'étais tellement content, vous m'avez...
enfin, je pense souvent à vous, tu vois. Merci, Sylvie, très bien. En fait, je... comme j'ai déjà dit, j'aurais totalement pu coucher avec Sylvie, vraiment, open bar. J'aime pas trop le fait qu'elle me manipule, donc attendons que ce prud'homme passe, et puis après, on verra. Et, euh... je lui dis, j'ai vraiment... vous pouvez pas me le passer, en vrai, de façon d'une autre, vous avez pas son portable ? Elle dit, j'ai pas le droit, mais puisque c'est vous, je vais le donner, et j'espère que vous allez bien m'emmerder, vous voyez ce que je veux dire ? Et je dis, bien sûr. Et donc, je le rappelle, et donc, je dis, ah, c'est moi, et tout, et il est vachement énervé, il dit, putain, mais pourquoi vous avez mon portable ? J'ai dit, je vous le dis, si vous me rendez un petit service, vous pouvez pas me faire une petite ordonnance d'antidépresseur ? Il dit, mais, attendez, moi, je suis plus psy, je travaille à Alzheimer's City, je suis parvise des projets, et tout, je dis, allez !
Il dit, non, je vais pas le faire. Et là, je lui dis, j'ai eu votre téléphone portable, parce que, vous savez, votre secrétaire, et là, il dit des mots que je vais pas dire, mais vraiment, il insulte Sylvie par le menu, vraiment, il fait le dictionnaire des insultes, et, je dis, elle me l'a donné parce que elle veut que je témoigne au prud'homme que vous l'avez traité de tous ces mots-là. Il dit, ah ! Et là, il redit tous les mots. J'ai dit, mais, on est d'accord que c'est un peu une manipulatrice ? Il dit, mais oui, totalement. Donc, qu'est-ce que vous allez faire ? J'ai dit, ça dépend. Il dit, écoute, on est dans le monde de la manipulation, quoi. Il me dit, ok, voilà, on va faire les choses quand même dans l'ordre, on va dire que c'est une visio, d'accord ? Dites-moi vos symptômes. Et je lui dis, je me sens seul, ça va pas, et je raconte tout mon background, j'ai perdu mes parents et tout.
Il dit, ok, voilà ce qu'on va faire, petite ordonnance de Sartraline, je vous envoie ça par mail, et on est d'accord que vous vous rendez pas au prud'homme, vous témoignez pas pour elle, etc. Et je lui dis, je n'ai qu'une parole ! Alors que j'avais dit, je n'ai qu'une parole à l'autre, donc je savais pas du tout ce que j'allais faire, mais, entre-temps, j'avais eu une ordonnance, donc ça, c'était chouette, et je l'ai reçu par mail, et je suis allé prendre un premier médicament, Sartraline, qui est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine, whatever that means, ça m'a pas fait trop d'effets, mais il paraît que ça commence à faire des effets au bout de 2-3 jours, donc j'ai quand même pris ça, et j'ai commencé à jouer à City of Secrets, City of Secrets que je vais vous décrire amplement, parce que c'est un jeu extrêmement intéressant, mais avant cela, je voulais quand même vous parler d'une chose, c'est que le temps que je contacte Vasseur, et que j'ai cette ordonnance et ces médicaments, il m'est arrivé une petite aventure, donc, c'était le deuxième jour, et, donc, c'était, j'avais contacté Vasseur le jour même, j'allais avoir les antidépresseurs le lendemain, et, le soir, j'ai pris encore, je me sentais pas capable d'affronter de la tristesse, j'avais peur d'avoir peur, voilà.
Ce qui, paraît-il, la vraie peur est l'ultime peur, et la seule peur. Et, j'ai pris encore deux petits granulés, en voyant que maintenant j'étais presque à la moitié du petit flacon, je me suis endormi, et pour vraiment assurer le tout, j'ai fait la technique de Dian, c'est-à-dire pour m'entourer sur le balcon du Palais des Dieux, dans le monde onirique, et je m'y suis retrouvé, et, il y avait une femme inconnue, une grande femme mince, qui avait un diadème d'or, et qui était, qui avait une robe recouverte d'étoiles, genre une robe noire, et recouverte d'étoiles qui étaient des, c'était des traits, en fait, comment dire, imaginez une petite étoile qui est faite de traits qui se croisent au milieu, et c'était des traits jaunes. Et, elle me dit, voici Alexis, je t'attendais, et elle était, elle avait une voix extrêmement douce, et, elle dit, est-ce que tu veux me suivre, je ne te veux aucun mal.
J'ai dit, bah, volontiers, et je la regardais, elle était devant moi, elle avait, comment dire, elle était belle comme, elle était mince comme une tige, mais elle était belle comme un arc. Et, et en fait, on descend des escaliers, et je lui dis, je vous fais confiance, mais on m'a dit qu'il y avait des, il y avait des gens mal intentionnés ici. Elle dit, c'est exact. Moi, je ne suis pas mal intentionné. Je l'ai suivi, on est arrivé en bas sur un, on a descendu un escalier de pierre, qui menait à un quai, qui était près de la mer tranquille, qui, c'est cette mer qui est en bas du balcon, et qui va à l'infini, et en fait, quand on regarde à travers, on voit la tête, on voit la terre, parce qu'on est au-dessus de la terre. Mais là, on voyait, il y avait cette mer, et parfois, d'ailleurs, au loin, il y avait des grands animaux oniriques qui sortaient de l'eau et qui replongeaient. Et il y avait une grande barque, très longue, très fine, et elle me demande de monter dans la barque.
Donc je monte dans la barque, et je me retourne par rapport à là où on allait, et elle, elle est aussi dans la barque, et la barque se met à avancer toute seule, calmement. Et elle me dit, Alexis, je sais que tu as le cœur brisé. Alors j'ai dit, j'ai dit, c'est juste que je me sens seul, et c'est vrai que ma vie amoureuse, alors je commence à bafouiller, je dis, ma vie amoureuse, elle est... Je commence à... Je dis tout, tu vois. Alors je ne sais pas qui est cette personne, elle me dit... Je lui dis, en fait, j'ai de la chance parce que je tombe amoureux, et il y a eu une période de ma vie où je n'avais pas trop de sentiments dans mon cœur, et c'est quand même très agréable, c'est un sentiment fort. Et je sens, je reçois beaucoup d'amour de plein de gens, mais l'amour, que pourrait me donner une femme, je ne l'ai pas trop, et c'est vraiment un peu dur. Et elle s'approche de moi, et elle est vraiment très fine, et j'ai l'impression qu'elle peut me recouvrir, et elle me dit, moi, ce soir, je peux te donner tout l'amour qu'une femme peut donner.
Et je dis, oui, mais comme on ne se connaît pas, et comme je suis quelqu'un de spécial, parce que je suis venu spécialement, et vous, vous êtes aussi très spécial, il y a forcément un truc genre pacte avec le diable. Elle me dit, c'est vrai, j'ai une toute petite chose à te demander, vraiment une minuscule chose à te demander qui ne te prendra rien du tout. Elle s'approche de moi, et elle est vraiment beaucoup plus grande que moi, elle ne me fait pas peur du tout, par contre. Et elle met sa main sur mon torse, et elle me dit, je suis une déesse, je suis Nutz, la déesse de la nuit, mais moi aussi, je suis malheureuse en tant que déesse. Je veux vivre ou je veux mourir, mais je ne veux plus être déesse. Et je pense que c'est ce que je vais te dire. Je vais vivre ou je vais mourir. Choisis. Je dis, je dois choisir ? Vous préférez quoi ? Elle me dit, je ne vais pas préférer, c'est toi qui me dis.
Moi, les deux me vont. Est-ce que tu préfères que je vive ou que je meurs ? Et je dis, mais c'est quand même une sacrée responsabilité. Et elle dit, non, non, pas du tout. Détends-toi. Ton choix sera toujours le bon. Alors j'ai dit, ben, vous pourriez vivre, par exemple. Je pense que, enfin, de mon point de vue, c'est mieux que mourir. Elle dit, d'accord. Donc, écoute bien. Je vais, moi, Nouth, je vais vivre. Je vais cesser d'être une déesse et je vais vivre et marcher parmi les mortels comme une mortelle. C'est ça qui va se passer, pas vrai ? Je dis, ben, j'en sais rien. Elle me dit, il ne faut pas que tu dises j'en sais rien, il faut que tu dises oui, c'est ce qui va se passer. Et je dis, ben, oui, c'est ce qui va se passer. Elle me dit, tu n'y crois pas du tout. Je dis, ben, qu'est-ce que vous voulez que j'y crois ? Moi, je ne sais pas ce que vous voulez. Elle me dit, mais tu es complètement...
Enfin, tu ne comprends pas ce qui se passe, là. Je dis, ben, pas du tout. Elle se remet en arrière et elle me dit, ben, tu resteras tout seul toute ta vie. Et ça, tu peux le croire.