Transcription : épisode 14
Transcription automatique, non relue.
Luna Invicta, 14. Imaginez quelques cigales, et le temps que Sophia comprenne ce que j'étais en train de dire, elle ouvre des grands yeux, elle dit « je ne m'attendais pas du tout à ce type de discours ». Elle réfléchit, elle est un peu tentée, et en fait elle baisse un peu les épaules comme si elle était vaincue, et elle a dit « mais en fait, on ne peut pas, tout ça c'est des mots, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas parce qu'on a trouvé une colonne dans l'arrière-courte d'une ferme qu'on peut faire des choses intéressantes. » Et que dans le fond, c'était un peu un projet de V pour prendre des vacances je ne sais comment. On a laissé tomber, on s'est tapé dans le dos, et on a pris la route, on a rendu la voiture, on a commandé des billets de train, mais V Vladimir n'allait pas remonter avec nous, il a dit au revoir à Sophia, et il a pris un peu de temps, on était devant l'hôtel, on attendait Sophia, moi.
J'allais prendre un taxi avec elle pour aller à la gare, et en fait lui il m'a dit « moi c'est plus simple, on est à côté d'Aubagne, je vais te laisser là. » Et alors je lui ai dit « écoute, tu sais quand est-ce que tu auras des vacances encore prochainement ? » Il dit « je ne sais pas trop, est-ce que je t'appelle si ça arrive ? » Je lui ai dit « bah bien sûr, ouais, bien sûr, appelle-moi, premier coup de fil, et même si tu as besoin d'aide et tout, tu peux m'appeler. » Et voilà, et je dis « t'es quand même drôlement malin, V. » Et il me dit « ouais, toi t'es pas mal non plus. » Alors en fait on n'arrivait pas à dire les choses, alors on n'en a pas dit plus, et puis on s'est dit au revoir, on s'est serré la main, et c'était cool. Et il est quand même revenu vers moi, et il a dit « bon, Aurore, tu peux l'avoir, il n'y a pas de problème. » Je ne pense pas que je l'ai revu. J'ai dit « en vrai, j'ai pas trop envie non plus.
» Voilà, on a rigolé, et on s'est séparés. On a repris le train. Enfin, moi j'ai repris le train avec Sophia, on était à côté, elle lisait des gros bouquins, elle était en train de répondre à des choses sur son téléphone. Et moi j'ai profité, pendant que j'allais au wagon-restaurant, pour regarder un petit peu le paysage défilé, et aussi appeler mon frère. Et ce qui était prévisible est devenu réel. C'est-à-dire qu'il ne répondait plus à mes appels. Il a arrêté, et à juste titre, il pense que j'étais un connard, et c'est vrai que j'ai mal géré la situation. C'est comme ça. On est arrivé à Paris. Sophia est rentrée chez elle, et moi aussi je suis rentré chez moi. J'étais un peu... Enfin, j'arrête pas de dire que j'étais fatigué, mais ouais, j'étais content de me poser. De retrouver un petit peu le silence relatif de la ville et du quartier. Et de me mettre sur le lit, m'allonger, de regarder le plafond familier, de m'allonger, d'essayer de ne plus penser à rien.
Cette nuit-là, j'ai encore fait le rêve du couteau, sur la plage. Cette fois-ci j'étais prêt. C'est-à-dire, le mec il est arrivé, il avait toujours son espèce de tenue, avec marqué « assez » dessus, et son couteau. Et je lui ai sauté dessus. Et j'étais un peu énervé. Mais bon, il avait un couteau. Donc il m'a planté. J'ai eu très mal. J'en avais marre. Il m'a planté encore et encore. Et je me suis réveillé. Et je me suis réveillé avec ce sentiment de petit cauchemar. C'est-à-dire, pas de grosse terreur, mais... Ça s'est pas bien passé. Mais j'étais content d'avoir un petit peu contre-attaqué dans mon rêve, d'une certaine façon. Et je me demande si ce type de cauchemar voulait dire quelque chose. Donc je suis allé sur interprétation des rêves. Sur Internet. Et j'ai lu des choses qui sont évidentes. Sentiments d'anxiété, que des gens vous poursuivent, des êtres mystérieux, voire même interprétations, on va dire, sexuelles diverses.
Voilà, bon. C'était suffisamment bête et ennuyeux pour pouvoir me rendormir tout de suite. Et j'ai plus fait ce rêve par la suite. Donc je me suis réveillé. Et il était temps de faire face à mes véritables démons. C'est-à-dire de retrouver l'agence d'intérim qui m'employait, avec qui j'avais fait faux-bon plusieurs fois. Je suis allé les voir. Et la secrétaire habituelle qui me reçoit, qui était plutôt sympa, elle m'a dit « Le patron veut te voir ». Et j'avais jamais vu le patron, genre, ever. Donc je vais voir le patron. Et le patron, il me dit « Non, non, mais Alexis, tu m'as mis dans la merde, tu comprends pas ? » Moi, je peux pas... Enfin, c'est pas possible de... de se comporter comme ça. Dire que tu viens, que tu viens pas, que tu annules au dernier moment et tout, alors que t'as un bon dossier, tu vois. Et il me dit « Moi, je sais, les gens qui se comportent comme ça, un, ils prennent de la drogue, deux, ils font des trucs pas nets, tu vois.
Et tout ça, c'est pas très bon, même si on cherche des sélectriciens. » Et je dis « Alors, est-ce qu'il va falloir que je me mette à genoux et que je vous supplie ? » Alors, il dit « Dernière chance. Dernière chance. Semaine prochaine, lundi matin. Enfin, dans le week-end, on va t'envoyer par SMS une adresse. Tu te pointes à lundi à l'heure. Et tu fais ton job. Ça va durer un mois, deux mois. Et après, on oublie tout. Et on oublie cet incident, OK ? Et t'essayes de mettre... T'essayes de fermer un peu le ménage dans ta vie, d'accord ? Alors, je dis « OK, pas de problème. » C'est cool, c'est cool. Je me retrouve dans la rue à 10h du matin. Je sais pas trop quoi faire. Et j'ai un peu de liquidité encore. J'ai de quoi tenir largement la semaine parce que Sophia m'a avancé. Et j'ai pu payer quelques dettes parce que j'étais dans le rouge. Enfin, pas quelques dettes, mais genre revenir en positif sur mon compte.
Donc, je savais pas trop quoi faire. Je savais pas trop quoi voir. J'avais plus Vladimir qui me manquait un peu. J'ai envoyé des petits SMS à tout le monde, à Sam, à Dave, et à Marie aussi. Voilà. Et j'ai un coup de fil de Marie. J'étais à la terrasse d'un café. J'attendais que le temps passe. Donc, elle m'appelle. Donc, je me lève. Je laisse un peu de monnaie sur la table parce qu'il faut pas croire que je m'en aille. Un peu dans la rumeur de Paris, là. Je suis en train de lui parler. C'est un peu compliqué. Et elle me dit... Elle me dit « Alexis, intéressant. Est-ce que tu as fait ces derniers jours ? » Alors, je dis « Ah bon ? T'es au courant ? » Elle me dit « Tu as regardé les infos ou pas ? » Alors, j'ai dit « Non. » Donc, je mets une note mentale de regarder les infos plus tard. Elle me dit « Bon, bah, tu m'as pas oublié. C'est cool. » J'ai dit « Bah non, t'es une personne sympa. » Mais elle me dit « Pourquoi tu me rappelles ?
Tu veux qu'on se revoie ? » Je dis « Bah, moi, ça me plairait. » Mais elle me dit « Ça s'est pas hyper bien passé. Enfin, c'était pas ouf, quoi. » J'ai dit « En vrai, c'était pas mal. Puis, il y a plein de mystères autour de toi. Moi, ça m'intéresserait d'en savoir plus. » Et alors, elle a un petit silence. Et elle dit « Tu sais, je peux stalker les gens un peu. » J'ai dit « Oui. » Et là, elle me sort toute l'histoire de la mort de mes parents. Ça me fait toujours un pincement en cœur. Et elle me parle surtout d'un autre truc qui me fait bien chier. C'est le fait qu'il y a une assurance vie à la banque. Que j'aurais dû toucher et que j'ai pas touché. Et maintenant que j'y pense, mon frère aurait peut-être dû toucher aussi. Et que personne n'a touché et qu'il est en train de faire des petits intérêts à la banque, quoi. Et je lui dis, en fait, je sais pas, c'est une embrouille. Ils m'ont demandé des dossiers.
J'ai pas répondu à temps. Et puis, finalement, ils ont gardé les choses. J'ai pas bien compris. Je suis pas très administratif. Alors, elle me dit « Écoute, moi, je regarde plus près. C'est super grave. Parce que t'as rien à te reprocher. Ça devrait être versé. » Donc, je te le dis. « Voilà, t'as un petit ange gardien. C'est moi. Et j'écris un petit courrier au procureur de la République. Donc, vérifie ta boîte aux lettres. Est-ce que t'es du genre à ouvrir ta boîteuse ? » Je dis « Ouh là là, oui, je l'ouvre. Après, j'ouvre pas tous les courriers. Oui, j'ouvre. » Et il dit « Bah voilà, tu vas peut-être avoir un courrier qui va dire que ça va être réglé. » Alors, je dis « Mais c'est une super nouvelle. » Et elle me dit « J'ai un peu de travail en ce moment, mais je te propose quelque chose. Quand tu auras touché ton assurance vie, tu m'invites dans un bon resto. » J'ai dit « Mais bien sûr, ça me fait très plaisir.
» Donc, j'avais le cœur léger. J'avais le cœur léger et en fait, la journée se passait un peu comme un petit rêve et je suis rentré... Quand je suis parti, j'étais rive droite du côté de Gare de l'Est et là, je suis rentré dans le sixième à pied en profitant de la vie, en m'achetant je me souviens, une glace au citron et je... en pensant à l'argent, de retrouver Marie. La vie était bien et en fait, à tel point que j'ai oublié de regarder les infos. Mais voilà, je ne me souviens plus trop et il s'est passé un truc que j'apprendrai plus tard par la suite et qui était un peu lié, effectivement, à mes aventures. Je suis un petit peu inquiet. Comme je dois reprendre le boulot lundi et que, sur les chantiers, parfois, on fait des extras le week-end, je me dis que je devrais profiter de ce week-end-là, samedi-dimanche, pour aller à Lyon et peut-être confronter mon frère. Et en fait, plus cette histoire de nazi et de tueur, ça s'effaçait un petit peu dans mon esprit.
Un peu comme quand on dit, en fait, t'as rêvé. Et je me suis dit, en fait, ce serait cool de le revoir. C'est tout. Et en plus, on va toucher de l'argent. Si je touche de l'argent de la banque, il en aura la moitié. Donc, voilà, c'est des choses qu'il faut qu'on se parle. Il faut qu'on se retrouve. Et puis, c'était cool, la vie. Peut-être, je me suis dit, il est... Il est vachement dans le... Dans la culpabilité, peut-être, par rapport à nos parents. Peut-être que s'il y a son petit frère qui arrive et qui dit, c'est pas grave, j'ai oublié. Enfin, c'est pas toi, tu vois. C'est marrant parce que j'ai dit, j'ai oublié, c'est un acte manqué. Parce que je crois qu'il y a une partie au fond de moi qui le prend pour responsable de tout ça. Voilà. Mais c'est pas parce que je le prends pour responsable de tout ça pour des raisons mystiques que j'ai pas lui pardonné parce que c'est mon frère et que j'ai pas lui pardonné parce qu'il en a besoin.
Voilà. Même si le pardon, c'est une chose complexe. En tout cas, je rentre chez moi, je me fais à manger, j'ai Dave qui me propose de prendre un petit déjeuner ensemble le lendemain. Et il m'invite dans un très très grand hôtel dont je vais pas dire le nom, mais il est dans le quartier Opéra, pas loin des Tuileries. Je pense que les Parisiens sauront de quel hôtel je parle. Et donc, il me dit viens tôt, c'est très important, tôt. Alors je dis quoi, il dit ah non, non, quand même pas. Viens à 7h, tu vois. Parce que, enfin, 7h, pour moi, c'était un peu tard quand je suis en milieu professionnel. Mais je sais que Dave, pour lui, c'est... Avant 10h, c'est genre les horreurs, les horreurs. Et donc, je passe une nuit sans rêver de couteau. Voilà. Et je me retrouve le lendemain matin face à ce grand hôtel. Alors, il y a Dave qui s'est bien habillé. Moi, je suis un peu habillé, genre, Woody, tout ça.
Il me dit mais, regarde comment t'as habillé. J'ai dit bah, je sais pas, j'en sais rien. Voilà. Et on est devant ce grand hôtel. Il dit on va prendre un petit déjeuner. Et je dis, Dave, je t'avertis tout de suite. Moi, je vais pas payer la note. Si on rentre, c'est toi qui as choisi, c'est toi qui payes. Alors, il dit non mais j'ai un truc. Alors, j'ai dit ok, je sais que t'avais un truc de toute façon. Mais juste, à aucun moment du processus, je vais payer la note. D'accord ? Alors, les concierges qui s'inclinent, c'est tout est en or, tout est beau, il y a des tas de gens du monde entier. Il y a des escortes. Enfin, il est un peu tôt pour ce type de gens. Il y a surtout quelques gens qui rentrent du jogging. Et on s'approche de l'endroit où il y a une espèce de grande salle où il y a un petit déjeuner. On nous demande la chambre. Et il dit, ben, chambre 152. Donc, elle note. Et on rentre tous les deux.
Alors, si, si, elle nous dit et je comprends pas enfin, il n'y a qu'une seule personne qui est dans la chambre 152 et il me regarde et il dit c'est mon bon ami. Alors, elle fait un clin d'œil et elle dit, d'accord, donc je note un plus un, c'est ça ? Il dit, ouais, faites donc. Et donc, on va dans la dans une immense salle avec des nappes blanches, quelques personnes qui mangent, etc. Et il y a un truc que j'ai compris, j'ai rarement fréquenté le luxe, même si ça a changé par la suite, j'ai rarement fréquenté le luxe à cette époque-là. Et j'ai une des marques du luxe que j'ai comprise, c'est que c'était pas un buffet à volonté. On était assis à ces nappes blanches. Tout le monde regardait le couple d'amoureux informels d'une nuit que nous formions avec Dave. Et le serveur qui est venu, en fait, il m'a dit, qu'est-ce que vous voulez ? Et je savais pas trop à quoi répondre, parce qu'il y avait pas de carte.
Et j'ai compris, en fait, que dans ces établissements, tu peux demander ce que tu veux. Donc, il y a Dave qui commence à demander des choses un peu folles, genre, je veux du jus de goyave papaye avec 20% de papaye, s'il vous plaît. Je voudrais, je sais pas, il a demandé de la nociolata, de la... Comment ça s'appelle ? De la brioche feuilletée. Vous voulez un croissant pur beurre avec un type de beurre spécial, tu vois, si possible, fait le matin, et il avait un air un peu sec, tu vois. Des oeufs bénédicts. Qu'est-ce qu'il a demandé d'autre ? Ouais, un carpaccio d'avocat citronné. Et la personne dit, oui, oui, il y a noté. Et quand c'est venu à moi, j'ai dit, ben, je voudrais deux oeufs sur le plat. Alors, il y a Dave qui a dit, s'il te plaît, un petit geste, genre, monte un peu le niveau, tu vois. Alors, j'ai dit, c'est possible d'avoir des copeaux de truffes sur les oeufs plats ? Bien sûr.
Ah, ben alors, je vais prendre deux oeufs sur le plat. Je voudrais un... Et là, j'ai lancé, tout d'un coup, comme il a ouvert les portes de l'oeuf sur le plat avec la truffe, tu vois, j'ai dit, ah, ben, écoute, dans ce cas-là, je voudrais un oeuf à la coque, mais la mouillette, je voudrais que ce soit du comté AOP 24 mois, c'est possible ? Oui, c'est possible. Ah, j'étais là, incroyable ! Je peux avoir du jambon noir, genre, du jambon de bigorre avec des... des petits toasts, et est-ce que je peux avoir un pain perdu ? Je voudrais un pain perdu, vraiment très riche en beurre et en oeufs, et je voudrais pouvoir que vous mettiez peut-être du caramel rose dessus, ce serait possible ? Oui, monsieur. Donc, ok... Bon... J'étais là, j'ai dit, je voudrais une salade de mangue, c'est possible ? Mangue fraîche ? Oui, c'est possible ! Tout était là. Donc, c'était vraiment super, et au fur et à mesure que je demandais des trucs, j'ai aussi demandé le fameux croissant avec le beurre, le beurre AOP, le beurre Disney, je sais pas quoi, de Dave, et j'étais vraiment...
Moi, je m'illuminais, et Dave, il était là, et il disait, ouais, vas-y, continue, tu vois. Et alors, j'ai dit, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Tu vis dans cet hôtel et tout ? Il dit, pas du tout. Mais moi, en fait, ça y est, ça fait... ça fait 2-3 ans que tous les matins, je vais dans des hôtels, et je dis que je suis à la chambre 152, et je me fais un petit déj à la place du gars qui est à la chambre 152. Et je dis, mais... Enfin, tu te fais jamais prendre ? Il dit, non, il faut venir assez tôt. Il y a toujours une chambre 152. Et si tu te trompes, tu dis 153 ou 151, tu vois. Et je dis, ok. Enfin, il dit, ça dépend, il faut juste... Tu prépares ton coup, parce que parfois, t'as une chambre 12, tu vois, mais ça marche plutôt bien. Il y a tellement d'hôtels, en fait, il y a tellement de turnover que tu peux faire ça toute ta vie. Voilà. Bon, parfois, j'ai des ennuis, mais en fait, ça marche plutôt bien.
Et l'avantage d'être avec toi, c'est que les gens pensent qu'on est ensemble, et ils nous cherchent pas d'ennuis, surtout les grands hôtels. Donc, on a cette immense petite déjeuner incroyable qui nous sort, même si Dave me dit, il faudra pas trop traîner, dans trois quarts d'heure, on est dehors. Donc, il dit, il me tourne vers moi, il dit, il attend que je mange les petits oeufs à la truffe, et il dit, pendant que tu te la coules les douces, je sais pas où, j'ai tout mis en place, et mon cher Alexis, ça y est, le théâtre est mis en place, il n'y a plus qu'à faire jouer les acteurs, les acteurs sera toi et moi, je te préviens tout de suite, je te dis tout de suite, toi et moi, demain matin, nous serons riches, au lever du soleil, nous serons extrêmement riches. J'ai dit, ah bon ? C'est très intéressant. De toute façon, j'étais de très bonne humeur avec cette salade de mangue fraîche, c'était absolument sublime, et les petits croissants au beurre, c'était incroyable.
J'ai demandé un chocolat chaud aussi. Ils m'ont servi un chocolat chaud, et c'était pas un chocolat avec du lait, mais plutôt avec de la crème, il était tellement épais, que quand j'ai mis ma petite cuillère dans le chocolat chaud, elle a tenu tout seul, c'est genre crème, chantilly, chocolat, mais c'était incroyable. Vraiment, c'était super. Donc, je l'écoute d'une oreille, et il dit, ce soir, on fait le vernissage, dans une galerie du premier arrondissement, je me souviens plus du nom, on fait un vernissage de mes oeuvres, alors je dis, le Pikachu en IA ? Oui, oui, c'est ça, c'est ça. Il dit, voilà ce qui va se passer. Depuis quelques mois, j'ai créé un compte Insta, et j'ai pas mal de gens, enfin, j'ai acheté des viewers, bien entendu, mais plus j'avais de viewers, plus il y a des gens qui se sont abonnés, puis j'ai fait des lives, je sais pas, je me mettais à poil, tu vois, des trucs comme ça.
Ils faisaient des featuring avec un peintre, qui s'appelle le peintre Nato, qui se foutait à poil aussi, et en fait, se mettre à poil, même pour des raisons artistiques, ça marche plutôt bien, pour avoir des viewers, donc en gros, il avait des gens, et il était un peu dingue, il a fait des trucs étranges, bon bref, je vais pas rentrer dans le détail, j'ai pas envie de vous donner de mauvaises pratiques, mais bon, c'était Dave being Dave, quoi. Et, donc, il dit, j'ai besoin que tu sois avec moi ce soir au vernissage, parce que mon plan, c'est que ce soir, on va sortir du vernissage, on s'en fout si on vend ou pas des trucs, et tu vas me filmer, genre sur Insta, avec mon compte Insta, et je vais me suicider en direct. Et, je suis là, ok, tu vois, je suis en train de manger, ok, je suis vachement concentré, je vais me suicider en direct, et comme je serai mort, mes peintures, elles vont, genre, elles vont être multipliées par 10, par un million, tu vois, les gens vont se l'arracher, ça va être le truc le plus dingue du monde, tu vois ce que je veux dire ?
Alors je dis, ok, mais tu vas mourir pour de vrai ? Alors il dit, mais non, pas du tout, c'est un faux suicide, tu vois, je vais disparaître, mais tu vas me filmer, je t'expliquerai le truc le moment venu, voilà. Et en tout cas, l'idée, c'est que, bon, je vais te donner deux ou trois toiles, parce que t'es genre mon super pote, et officiellement on est un couple gay, d'accord ? Et, enfin, on est un couple, on vit ensemble, t'es mon âme sœur, tu vois ce que je veux dire, c'est ce que je vais raconter, je vais avoir un grand discours et tout, je te donnerai une ou deux toiles qui valent ce soir 10 000 balles, mais demain, ça va valoir, crois-moi mon gars, un million, deux millions d'euros, tu vois. Facile, facile, il faudra, je sais pas comment, je te conseille d'en vendre une tout de suite, tu vois, pour te refaire, et tu gardes l'autre, tu vois, et peut-être dans 10 ans, ça sera dinguissime, tu vois.
Et toutes les autres toiles, elles vont être vendues par un agent, qui ne sait pas que je vais mourir, mais en tout cas, il sait qu'il doit les mettre sur un compte en Suisse pour ma petite sœur, tu vois. Voilà, et donc, moi, je meurs pour de faux, et voilà, et on est bon. La vie est belle, qu'est-ce que t'en penses ? Est-ce que tu vas profiter de ta dernière journée de pauvre ? Alors moi, je sais très bien comment ça allait se terminer, mais j'ai dit écoute, tu sais quoi, être riche, ça me changera un petit peu, donc moi, je veux bien tenter, et donc, ils rigolent, on finit de manger le meilleur petit déjeuner de ma vie, on fait semblant de monter à l'étage à la chambre, et je sais pas par où on sort, mais on redescend par l'ascenseur, on ressort par une autre sortie, je sais pas où, et en tout cas, on a mangé à l'œil, et je suis désolé pour la personne qui était dans la chambre 152 ce jour-là.
Voilà. C'était rigolo, sans plus, parce que je sais jamais où ces intrigues m'emmènent. Je suis rentré chez moi, j'ai regardé des trailers de jeux vidéo, et j'ai remarqué quelque chose qui est un peu fou, c'est que en gros, il y avait un jeu vidéo qui allait sortir dans lequel on explore une ville qui s'appelle la Cité des Secrets, et la Cité des Secrets s'était édité, alors j'ai cru que c'était Rockstar, j'ai dit waouh, ça m'intéresse, un nouveau GTA, tu vois, et en fait c'était Northstar. Alors je me suis dit, quoi, mais pas possible, donc je commence à faire mes recherches et tout, et en fait Northstar a aussi une division jeux vidéo, donc j'ai dit que c'était intéressant, et je l'ai précommandé, tu vois, en mode, pourquoi pas, tu vois, après tout, et après je me suis dit, bon, peut-être que Sophia aurait une clé gratuite, mais peu importe, en tout cas, je l'ai préco sur Xbox, et j'ai laissé passer un peu le temps, je me suis habillé bien, voilà, parce que j'ai appris la leçon, j'ai chez moi toujours pour les mariages, les enterrements, un petit costume qui n'a pas beaucoup servi, et qui est pas tout à fait à ma taille, parce que j'ai pris du muscle depuis, mais j'ai, donc je me suis bien habillé, le mieux possible, et j'étais bien habillé, je le voyais parce que il y avait des gens qui se retournaient un peu sur moi dans la rue, donc ça c'était chouette, et c'était tellement chouette que j'ai envoyé un petit selfie à Sophia, en mode, regarde, t'as vu, je suis pas, non seulement je suis devenu intelligent, mais je suis devenu aussi classe, tu vois, et d'ailleurs elle m'a répondu classe avec un petit emoji avec des cœurs dans les yeux, et je me dis, mais pourquoi, pourquoi, je lui ai répondu, je parlais à mon téléphone, pourquoi on sort pas ensemble, quand même, ça pourrait le faire, tu vois, voilà, du coup j'ai envoyé aussi un selfie à Marie, voilà, et si j'avais pu, j'aurais envoyé un selfie à Aurore, voilà, mais bon, voilà, c'est les choses, les choses sont ce qu'elles sont, et je vais dans le premier arrondissement, dans une soirée où il y a vraiment beaucoup de petits fours, il y a aussi un espèce de gros vigile qui dit, vous êtes ou pas sur la liste, j'étais sur la liste, Dieu merci, et j'ai Dave qui est habillé de façon complètement extravagante, avec un costume jaune, jaune canary, tu vois, et qui me saute au cou en mode, Alexis, mon grand amour, Alexis, Alexis m'amuse, et je dis, et vraiment, mais la honte de ma vie, quand il me présente, genre, en mode le même de Will Smith, quoi, genre, il tend les bras vers moi, et il dit à une assemblée qui est déjà consternée par des Pikachu en IA refait à la peinture à l'huile par un enfant de 5 ans, et là il dit, Alexis, celui qui m'a tout appris dans l'art, m'amuse, celui qui m'a donné, cette idée exceptionnelle, tu vois, et je m'approche de ces toiles absolument affreuses, qui ont des prix délirants, genre 10 000 euros, 25 000 euros, on dirait qu'il a mis les prix au hasard, tu vois, et d'ailleurs, j'ai pas parlé de son agent, parce que si dans ta tentative de suicide, il se suicide vraiment, qui sait, qui sait ce qui pourrait arriver, mais en tout cas, je mange, et il y a beaucoup de petits fours, je discute avec des gens du milieu de l'art, qui parlent beaucoup de choses, des choses que je connais pas, genre ArtPrice, des quotations, des agents artistiques, des galeries, comme quoi, c'est un milieu de requins, le BTP aussi, c'est un peu difficile, vous savez, enfin, je me suis fermé un peu sur le BTP, parce qu'il fallait que je garde l'idée que je sois dans l'art, voilà, et dans la soirée, la soirée avance, 23h, il fait un petit discours, il lance son, il lance son Insta, et il lance son Insta, il commence à faire un discours, il fait un live Insta, il commence à faire un discours à l'Assemblée, en disant, regardez, c'est vraiment beau, et je vois vraiment sur Insta qu'il se fout de sa gueule absolument, et il dit, après son discours, après les gens, alors il y avait soi-disant des influenceurs et des personnalités publiques de la vie, mais je n'y connais rien, donc je sais pas, je saurais pas dire, mais bon, voilà, en tout cas, et à un moment, il chuchote, je le vois, il fait une face calme hyper sérieuse, et il dit, surtout, restez là, parce que vous allez voir quelque chose d'exceptionnel que personne n'a jamais vu sur Instagram avant, tu vois, genre, bravo, tu vois, et on sort, et donc, on marche un peu dans la rue, il y a des gens, ils posent des questions, et ils les insultent, et en fait, ça marche plutôt bien, il y a de plus en plus de gens qui répondent, on est dehors, donc la soirée a continué, nous, on s'est soi-disant exfiltrés quelques minutes pour faire des choses secrètes, genre, on va baiser, tu vois, et on descend vers un pont, je sais pas, c'est un pont qui est pas loin de Notre-Dame de Paris, mais côté rive droite, et plutôt à l'est, et là, il dit, je vais confier mon téléphone à l'amour de ma vie, Alexis, qui va, parce que j'ai une déclaration à vous faire, donc il est...
il est vachement sérieux, tu vois. Je commence à le filmer, et là, il dit, tu m'as bien dans le cadre, alors, imaginez, on est dans la ville, donc Paris, depuis le Covid, à partir de 22h, c'est déjà un peu plus vide, mais là, il était genre, quasiment 23h30 minuit, donc j'étais en train de le filmer, il y avait pas grand monde, il y avait des Uber qui passaient de temps en temps, il y avait les belles lumières de la ville sur le pont et tout, et là, il est méga grave, et il dit, il dit, les toiles que j'ai fait aujourd'hui, le Pikachu, les Pokémon, le rondoudou, en IA, c'est une oeuvre d'art totale, une oeuvre absolue, que je ne pourrai jamais reproduire dans toute ma vie, et que l'humanité ne pourra jamais reproduire. Il me dit, enfin, il dit à tous ces gens, mais vraiment, hyper grave, hyper solennel, il dit, tout homme vient sur Terre pour un seul message artistique, un seul message. Tout homme vient sur Terre pour une seule chose, une seule chose, je l'ai faite.
Je l'ai faite, et plus rien de ce que je ferai n'aura d'importance désormais. Donc, il commence à reculer, et en fait, il commence à courir vers le pont, tu vois. Et il se met debout sur la margelle du pont, et moi, je le filme, tu vois, il regarde bien que je le filme, et tout. Et là, qu'est-ce qu'il se passe ? Il va se jeter à l'eau, tu vois. Et, en fait, il a un plan, parce que je crois qu'il veut, que je tourne la tête, il a, genre, une grosse valise qui est en dessous de lui, il va jeter la valise à l'eau pour que ça fasse un gros plouf, tout ça, tu vois. Et donc, on est en train de faire ça, et à 12 mètres de lui, sur le pont, il y a un autre gars, et cet autre gars, il va se suicider. Genre, il est en équilibre, et il veut aussi se suicider. Et je commence à filmer l'autre gars, tu vois. Et là, David dit, mais qu'est-ce que tu fais ? C'est moi qu'il peut filmer, tu vois. Et le gars plonge dans l'eau.
Le gars plonge dans l'eau. Et vraiment, je réfléchis pas, je pose le téléphone, et je plonge pour sauver le gars qui est plongé dans l'eau. Et il y a Dave qui est au-dessus, qui dit, mais c'est moi ! C'est moi qui allais me suicider ce soir ! C'est pas lui ! C'est pas lui ! Voilà. Donc, je plonge, et je sais pas si vous avez... J'avais me plongé dans la Seine. C'est une sacrée expérience.