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Transcriptions

Transcription : épisode 12

Épisode 12, publié le 12 juillet 2026, durée 32
. Écouter. Fiche : Épisode 12, Hôtel Saint-Anselme.

Transcription automatique, non relue.

Luna Invicta, 12. On a repris la voiture, il faisait nuit, trop choqué pour dormir, trop fatigué pour parler. C'est la portion la plus agréable de la 4 où on descend vers le sud et puis à un moment, on n'est pas loin de Marseille et on voit la mer arriver. Et on l'a vu arriver devant nous, qui reflétait la lune et en fait, l'aube arrivait pour de bon aussi, le soleil se levait sur l'est. C'était vraiment très joli. Iskander a commencé à vraiment fatiguer, genre il dode l'inné, il piquait du nez, on était à 60 km de Marseille, on s'est arrêté. Là, il y a levé qui a proposé de conduire, Iskander a dit bon, on n'a pas le droit mais vas-y. Il n'avait pas ses papiers sur lui, il n'avait même pas son permis de conduire, ça se trouve, il n'a même pas le permis de conduire. Il est allé dans une sorte de station service encore où il a pris deux expressos et il a acheté une bouteille de Coca-Cola bien fraîche.

Il a bu la bouteille de Coca-Cola, on va dire, il a juste bu un petit quart de la bouteille et dedans, il a versé les deux expressos, il a bien mélangé, il a dit c'est un truc de chez moi ça. Il l'a bu et là, il était vraiment réveillé. Ça nous a bien fait rire. Ensuite, on est allé à Marseille tranquillement. On s'est déposé, puisque c'était levé qui conduisait à la gare Saint-Charles. C'est une belle gare. Alors, c'est la gare de Marseille, pour ceux qui ne connaissent pas, qui domine un peu Marseille. C'est marrant parce que quand tu arrives en train ou en voiture, tu vois la ville devant toi. C'est un peu comme toutes les villes du sud-est. On va dire au bord qui tombe vers la mer, qui est un tout petit peu en pente. Alors, il y a des villes très en pente, il y en a d'autres beaucoup moins. Et on se dit au revoir avec Iskander. Alors, en plus, on n'est pas sur la dépose minute, mais c'était un truc qui gênait tout le monde.

Cela dit, à Marseille, vous connaissez la conduite, elle est un peu spéciale. Et on se dit au revoir. Et en fait, Iskander, il nous prend dans ses bras, il dit, on en a vécu des trucs quand même. C'était pas n'importe quoi. Il était un peu ému. Il disait, ouais, écoute, on se reverra. Il dit, ouais, mais attends, j'ai des trucs à vous dire. Promis, on se reverra. En plus, je suis à Nice. C'est une ville trop bien. Il faut que vous veniez et tout. Donc, vraiment, genre, blabla car into best friend for life. Et on est allé ensuite. Voilà, on était gare Saint-Charles. Je dis, non, moi, j'ai déjà allé deux ou trois fois à Marseille. Je m'appuie un peu sur le parapet qui domine la ville. Je dis, c'est ça, Marseille. Moi, je connais un petit peu. Je peux te raconter. Et là, il me dit, non, mais tu sais que la Légion étrangère, c'est à Aubagne. C'est à genre 30 minutes d'ici. Donc, chaque fois qu'on avait une permission, on venait ici.

Donc, je connais par cœur la ville. Je dis, ah bon, d'accord. Est-ce qu'il y a un putain de truc que tu sais pas ? Voilà. Donc, le moral était là. Voilà. Avec le matin vient la joie, disait Shakespeare. Et là, il y avait un très beau soleil matinal méditerranéen de début d'été. Et ça nous a donné le smile. J'aurais bien envie de dormir. Je n'arrête pas de le dire, mais parce que c'était vraiment la prio pour moi à ce moment-là. On était en Dominée-la-Ville, effectivement. Sofia était peut-être quelque part dans le million d'habitants qui vivaient là. Mais on avait l'adresse de Ben Malca. Dans, sauf faire de ma part, je vous dis ça de mémoire, je crois que c'est dans le 7e arrondissement. Je ne sais pas trop. Je ne connais pas trop. Enfin, je connais un peu Marseille, comme je disais. Mais je ne pouvais pas me... Avancer au hasard, comme je le faisais à Paris, par exemple. Donc, on descend, on se balade un peu.

Et je parle de mon frère, A.V., parce que ce frère qui était revenu à la surface. Et A.V. me dit, mais il est nazi, ton frère ? Et je dis, mais pas du tout. Mais il dit, tu sais, il peut changer. Je dis, mais pas du tout. Et d'ailleurs, ça m'a énervé. J'ai re... Parce qu'il ne m'avait pas rappelé. Et peut-être qu'en fait, ce n'est pas son numéro. Donc, il y a peut-être un gars qui a genre 10 000 messages de moi, mais je le re-rappelle. Et je dis, bon, Thibaut, tu as dû avoir mes messages. Alors, je sais que j'ai l'air tendu comme ça, parce que je t'envoie plein de messages. Mais surtout, j'étais à côté de Lyon. Il paraît que tu es à Lyon. Il paraît que tu es à Lyon. Pourquoi je dis ça ? Je pense que tu es à Lyon. Je ne te stalk pas ni rien, mais on m'a dit que... Voilà. Qui ? Je ne devrais pas te dire. Je sais, c'est très confus. J'ai dit, cher Thibaut, Thibaut, Thibaut, mon frère, ne t'inquiète pas, je ne suis pas sous substance ou d'alcool.

Je suis un peu surexcité parce que beaucoup de choses se passent dans ma vie et je n'ai pas dormi. Je suis très fatigué. Donc, ne me rappelle pas, genre, tout de suite, tout de suite. Mais genre, début d'après, tu as une minute, hop, tu me rappelles, je te prends, on se retrouve, trop bien. Voilà. Je raccroche. Et j'ai vraiment la certitude de leur passer le message le plus bizarre du monde. Mais ce n'est pas trop grave. Je dis à Vé, je dis, écoute, on va voir, là, là, comment il s'appelle ? Isaac Benmalca. Mais je te demande juste un truc. Stop. On est à Marseille. Aïoli, Bouillabès, obligatoire. OK, on ne peut pas passer à côté. Il me dit, ouais, mais il y a surtout des trucs de touristes, tu sais. Et effectivement, alors, on pourrait passer par le Vieux-Port, le quartier du Vieux-Port ou de l'Opéra. On se balade. Je ne sais pas pourquoi on n'est pas pressé. Genre, on ne prend pas de taxi non plus parce qu'il faut commencer à compter nos économies.

Et effectivement, en gros, malheureusement, Vieux-Port, Courjulien, tu vois. J'ai plein de choses à vous dire, mais déjà l'impression générale. Marseille, c'est une ville de pirates, un peu. C'est une ville qui a une odeur, on va dire. Elle a... Une odeur qui vient de la mer. Ce n'est pas hyper propre partout dans Marseille. Mais à Paris aussi, ça sent la pisse. Vraiment, il y a des quartiers. Une rue aussi classe que la rue du Renard qui donne sur l'hôtel de ville de Paris. Il n'y a pas... Il y a 75 mètres sous la direction des centres pénitentiaires de France. À côté d'une piscine, je peux vous dire, ça sent la pisse 24-7. Mais bon, c'est une ville qui a ses particularités. Et c'est aussi une ville qui s'est énormément gentrifiée ces dernières années. Et je l'ai vue parce que moi, j'étais à l'affût du bon resto. Parce que l'heure avançait. Je crois qu'on est arrivé à Marseille vers... On a dû arriver à Marseille à 9h-10h du matin.

Le temps de descendre, les restos ouvraient. Et c'était super relou parce que... Bon, je rêvais de cette bouillabaisse ou d'un bon aïoli. Déjà, tous les prix pour ce type de place, c'était les prix de la piscine. Les prix parisiens. Ce qui est compliqué parce qu'on n'est pas à Paris, tu vois. Mais bon, pourquoi pas. Et en gros, il y avait deux types de restos. Il y avait les restos qui est genre à la bonne mer, tu vois. Où t'avais une bouillabaisse à, je sais pas, 32 euros. Et c'était vraiment tenu par des Corses qui arnaquaient les touristes 24-7. Et à 2 mètres, enfin pas à 2 mètres, mais dans l'autre rue. Dans l'autre quartier. Celui où il y a les Parisiens avec les petites moustaches du 11ème, là. Qui eux faisaient des concepts restaurants. Le titre, c'était bouillabaisse. Tu vois. Et la bouillabaisse, elle était à 37 euros. Et c'était un concept. Et les deux me pétaient les couilles, tu vois.

Et déjà, c'était méga cher. Je commençais à avoir plus de thunes. Donc, on s'est arrêté dans un... Attendez. Je vais pas me tromper d'enseigne. Parce que j'allais dire un casino. C'était pas un casino. C'était pas un intermarché. C'était pas un Aldi. C'était pas un Lidl. C'était un Shopee. Non, c'était pas un Shopee. C'était plus gros. C'était... C'était quoi ? C'était pas un Leclerc. C'était pas un Auchan. Ah, un Carrefour Market. Voilà. Putain. Donc, c'est-à-dire petit, mais pas trop. Pas petit comme le petit Carrefour Market parisien. Il faisait un petit coin de rue, quoi. J'achète du pain frais. J'achète du pain frais à la boulangerie fondée par un Parisien. Avec une police en impact. Voilà. Qui dit, genre, le meilleur pain, mais vous le saurez jamais. Voilà. Des bonnes baguettes de pain. J'achète du jambon cru au Carrefour Market. Du fromage de chèvre. Je dois faire deux très beaux sandwiches.

Très généreux, vraiment. Avec un peu de poivre, en plus. Délicieux. Du coup, j'ai dans ma poche un paquet de poivre. Enfin, tu sais, genre un truc, un petit réceptacle à poivre. Mais c'était très important. J'ai dit, écoute, j'en mets pas de poivre. Et en vrai, c'était un bon sandwich. C'était un bon sandwich. Et le V était content. On a pris aussi un petit jus de fruits qu'on s'est partagé. Et on arrive, oui, dans le 7e arrondissement. Bourgeois, un peu ancien. Et effectivement, on trouve, donc il y a une grande rue. Très animée. Des voitures. Voilà. Et on trouve l'adresse en question. Il avait l'adresse. Il avait fait ses... Ses recherches. Et on était... Alors, c'est surtout des villas. Mais il y avait une rue qui menait, on va dire, à la limite, qui était... Enfin, une rue, un boulevard, qui était avec des immeubles, genre, deux, trois étages. Et en fait, il se plante devant. Devant l'adresse.

Et j'y vais maintenant. Il dit, ben, on attend. On attend qu'il y ait... Isaac Ben Malka qui sorte ou qui rentre. Ou qu'il y ait un autre gars qui rentre ou qui sorte. Et... J'ai dit, mais on sait pas à quoi il ressemble. Il dit, ouais. Donc, le plan était génial, comme d'habitude. Et... Il y a un gars qui passe dans la rue et qui distribue des tracts. Enfin, en fait, il rentre dans les maisons, il distribue des tracts. Il a une petite clé, genre de facteur, tu vois. Et c'est pas du tout un facteur. C'est un gars, ben, comme les tracts que vous avez dans votre... boîte aux lettres, quoi. Et, en fait, il sort sa clé, mais il pousse la porte et la porte, elle est ouverte. Alors, il dit, ok, bouge pas. En fait, la porte est ouverte. Donc, on attend que le gars détracte. Il rentre et on rentre aussi. Et il y a cette antichambre... Comment ça s'appelle ? Il y a une grande antichambre. Alors, l'architecture provençale, c'est quelque chose de particulier.

Mais il y a quelque chose que j'aime beaucoup. C'est... C'est des bâtiments qui ont 100 ans, 150 ans. Vous savez, des... Des grandes dalles... à carreaux, noires et blanches. Vraiment, où on voit la patine du temps. Des grandes montées d'escaliers qu'on pourrait trouver dans le 5e ou le 6e arrondissement de Paris. Mais comme ils ont la place, genre, elles sont larges. Voilà. Avec des escaliers en pierre, avec des petites lattes de bois. Vraiment, c'est beau, quoi. Et il y a V qui commence à monter en regardant en l'air, tu vois. Qu'est-ce qu'il se passe ? Et... En gros... En boîte aux lettres, il y a bien marqué Isaac Ben Malka. Donc, 2e étage, on monte. Et là... Là où devait être Isaac Ben Malka, il y a un gars qui sort. Qui est, à mon avis, pas du tout Isaac Ben Malka, qui n'a jamais été un Isaac ou un Ben Malka. Il était plutôt un Vladimir Vladimirovitch. Et... Il y a V qui baisse les yeux quand le mec passe.

Le mec descend un escalier. Il me dit, tu le suis. Moi, je vais voir l'appartement. Parce qu'on entend des bruits dans l'appartement, genre, on retourne des tables, tu vois. Et j'ai pas du tout envie de suivre un vieux gars qui, s'il voit qu'il est suivi, il va se retourner et il va me taper dessus. Mais quand V, il vous regarde droit dans les yeux, il vous dit un truc, il y a une sorte d'instinct animal, c'est-à-dire, tout d'un coup, votre ADN, il remonte toute l'évolution darwinienne et vous redevenez un chien et vous dites oui. Oui, je le fais tout de suite. Et j'ai débarqué dehors. Le gars, il rentrait dans un taxi. Il n'y avait pas d'autre taxi. J'ai dit, je vais courir derrière le taxi. Et je commence à courir derrière le taxi. Et merci, mon Dieu. La circulation à Marseille, c'est quand même un délire. Donc, le taxi, même s'il part à fond, déjà en bout de rue, ça commence à avoir des bouchons.

Donc, il klaxonne comme un dingue. Un peu avant le bout de la rue, qu'est-ce que je vois ? Là encore, merci. Merci, Dieu. Merci, petit Jésus. Merci, les extraterrestres dans leur soucoupe volante. Je vois... Je vois une station Vélib, mais de Marseille. Je n'ai plus le nom. Il y a un gars en plus qui arrive, le Parisien avec sa petite moustache, qui doit avoir son restaurant Bouillabaisse Point à côté, qui va s'installer dans la rue, qui a son petit casque et tout, qui range son petit Vélib. Et je dis, hop, hop, hop, je prends le vélo. Il dit, non, mais il faut que je le rentre. Vous ne pouvez pas le prendre comme ça. Je dis, s'il vous plaît, je vous promets, je le rendrai. Je vous promets, je vous rendrai. Je commence à l'embrouiller. Et je pense que le gars, il a dit, il m'a vu, tu sais, le mec avec... Alors, habituellement, je ne fais pas très peur. Mais là, je n'avais pas dormi. J'avais pleuré.

J'avais fait tout ce qui était possible. Toutes les émotions étaient passées par moi dans les douze dernières heures. Donc, quand je lui ai dit, je le prends, il a dit, OK. Et lui aussi, il a régressé de façon darwinienne. Et j'ai commencé à embrouiller. Et j'aurais dû dire ça aux extraterrestres. Parce qu'ils m'ont dit, tu es bon en quoi ? Et j'ai dit, je ne sais pas trop. Et en fait, il y a un truc dans lequel je suis bon, parce que j'ai fait ce putain de délivérou pour gagner de la thune à un moment. Je suis très bon pour aller à vélo à toute vitesse dans n'importe quelle ville. Voilà, pour pouvoir livrer à temps et ne pas me faire engueuler ou avoir zéro étoile ou je ne sais pas quoi. Donc, j'ai commencé à embrouiller sur ces putains de véliques qui sont lourds comme des paquebots pour suivre le taxi. Et vraiment, je me souviens d'un truc parce que c'est anecdotique. Mais je me souviens que j'ai commencé à le rattraper.

Il est allé vite. Et j'ai commencé à aller vite entre les voitures et tout. Et à un moment, je pense que c'était... J'ai été touché par la folie. C'est-à-dire, on m'a perdu. J'ai disparu dans l'espace-temps, je ne sais pas quoi. Mais en gros, je me sentais bien. Je me sentais vivre. J'avais l'impression que... Je vais vous dire exactement. C'était sur ce véli. J'étais en train d'accomplir la mission qu'il m'avait donnée. Je n'avais plus peur de rien. Je me sentais comme un roi, un empereur du monde. J'avais envie de faire l'amour et de me reproduire avec plein de femmes superbes et avoir des millions d'enfants. Et que tous ces enfants soient les enfants d'un empereur-dieu. C'est-à-dire moi, sur mon véli. Parce que j'allais accomplir ma mission. J'étais vraiment... Je me sentais comme un dieu ultra-puissant. Et j'ai eu des sensations d'endorphine. Et des sensations incroyables de joie et de surpuissance.

Comme si j'avais pris de la coke par tonne. Et je me sentais bien. Et il s'arrête devant un hôtel qui s'appelle... Attendez, excusez-moi. Il s'appelle le Saint-Anselme. Un hôtel genre 4 étoiles, Saint-Anselme. Avec concierge et tout. Et je cale mon véli. Ce qui est bien, c'est que avec ma gueule défoncée, mes vêtements sales, ce véli dégueulasse. J'étais vraiment la personne qu'on ne veut pas regarder. Du coup, j'étais assez discret. Et j'étais en face. Je mets pied à terre avec mon véli. Le mec rentre. Saint-Anselme. Saint-Anselme. Je dis ok, cool, cool, cool. Je tremblais un peu. J'étais encore dans mon délire d'empereur Dieu. Et je vais ranger le véli. Et là, j'ai un petit coup de fil. C'est pas mon frère. C'est levé. Il dit c'est bon. Tu sais où il est ? J'ai dit ouais. Il est au Saint-Anselme. C'est un hôtel. Et je vais te dire quelque chose. Je l'ai suivi. J'ai trop bien fait le truc.

J'essaie de l'épater et tout. Il dit ok. Et là, je dis et toi ? Il dit il y avait un gars, mais ça va, il est parti. J'y ai parti où ? Et il dit Saint-Anselme, j'arrive. J'ai une pensée qui m'a traversée à ce moment-là. Je me suis dit, il a rencontré un gars et il l'a tué. Je sais pas, c'était comme ça. Je reste devant l'hôtel. Je reste devant l'hôtel. J'attends. Ça passe un peu. Et puis, il arrive à pied tranquillou. Tu vois, genre... Après, je pense qu'il avait pas de thunes pour le taxi. Il me dit bien joué. Je dis cool. Et il me dit, alors, ils sont à quelle chambre ? Je dis, bah, je sais pas. Moi, je suis pas rentré. Et là, il fait... Il me regarde un peu condescendant, comme si j'avais pas fait la mission à fond, tu vois. Et je dis, mais c'est bon, c'est la première fois que je fais ça, tu vois. Il dit, ouais, mais quand même. Alors, on rentre, on a l'air de rien dans ce hôtel quatre étoiles, mais très sympa, le concierge s'incline.

Je fais oui, effectivement. Tout d'un coup, j'étais beaucoup moins empereur de Dieu et j'oubliais. Voilà. Et on va au concierge. Et il dit, on cherche la chambre de Sophia, ils sont vers moi. Je me souviens plus du tout de son nom, en fait, elle s'appelait Beaurecourt. Sophia Beaurecourt. Et il y a... Vous voyez qu'il dit Beaurecourt. Un sacré nom bien français. Et il dit, bah, j'ai la... Comment dire ? Non, non, il nous dit, il y a personne de ce nom à l'hôtel, vous êtes sûr que c'est le nom en question. Et là, alors, moi, j'étais complètement perdu. Évidemment, ils n'ont pas pris un nom, une chambre à son nom. Et donc, V, vraiment, il réagit très bien. Il dit, ah, elle va arriver aujourd'hui, on ne savait pas si elle arriverait avant nous ou pas. Ce qu'on va faire, c'est, est-ce qu'on a l'autorisation d'attendre dans le lobby ? Elle ne devrait pas tarder. Et il dit, bah, bien sûr. Et donc, on s'installe dans le lobby.

Et comme il restait exactement 20 euros, on s'est pris deux tisanes. Voilà. Le V, parce qu'il avait besoin de se calmer. Et moi, parce que bah, il ne restait plus assez d'argent pour me payer quoi que ce soit d'autre. Voilà, je dis, j'aurais pu prendre un chocolat chaud, mais j'étais content d'avoir ma tisane. Lobby, siège en cuir, table avec des petits bords métalliques dorés, table en verre et tout. Donc, petite statue très classe. Alors, Saint-Anselme, il était présent sous forme d'une immense icône, mais revisité un peu à la Klimt, tu vois. Donc, c'était une ambiance très dorée, très Hôtel Saint-Germain. Gilles, New York, quoi. Et on s'est posé. Et il y a V qui m'a dit, écoute, on n'est pas frais, tous les deux. Donc, ce que tu vas faire, c'est que tu vas être hyper réveillé et tu vas regarder autour de toi. Et dès que tu sens que tu es plus actif, tu me réveilles, moi, d'accord ? Et on s'est mis à roupiller à tour de rôle dans l'hôtel.

Et en fait, ni lui, ni moi n'ont réussi vraiment à dormir ou à être vigilants. Toujours est-il que tout d'un coup, mon téléphone sonne, et c'est mon frère. Et vraiment, ça voit un tout petit peu changer. Un tout petit peu plus grave, un tout petit peu posé. Quand je l'ai vu, il était souvent, waouh, il avait des trucs à me dire. Il aimait la vie. Et en fait, il dit salut, tu vois. Et au même moment, au moment où il dit salut, j'ai raccroché, je suis en train de lui parler, je fais un signe avec, il y a un gars, qui rentre, qui passe la porte tournante, là, avec le concierge. Et donc, il est grand, il a une tête de méchant, tu vois. Et il tient par le cou, genre par derrière, genre par la nuque, comme s'il l'aimait, comme si c'était un couple amoureux. Il tient une fille, et cette fille, c'est Sophia. Et donc, je fais, comme ça. Et il y a Thibaut qui dit, quoi ? Rien, attends, excuse-moi.

Et là, il y avait qu'il dit, viens, viens, on se lève, parce qu'ils allaient vers l'ascenseur. Je suis là, je dis, Thibaut, je te promets, je te rappelle. Juste là, j'ai un petit truc, d'accord ? Je te rappelle. Il me dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Et je raccroche. Et je sais que je pense que j'ai eu l'air d'un fou le plus dans ma vie avec cette interaction avec mon frère. Il a dû penser que j'avais des gros problèmes mentaux ou je sais pas quoi. Toujours est-il que, hop, il tient la porte et on rentre au dernier moment dans la cage d'ascenseur. Il y a Sophia qui, genre, quand il y avait qui arrive, elle le regarde et quand elle me voit, moi, avec ma gueule défoncée, genre de fatigue, elle a un petit « Ah ! » tu vois, comme ça. On se croise les yeux, mais je me retourne, je dis rien, mais genre, on a eu un petit regard, tu vois, d'une milliseconde, parce qu'il fallait pas que je, voilà, que le gars voit que je connais elle et tout, etc.

Et il la tenait par la nuque parce que je pense qu'il y avait les moyens de la briser. Donc, le gars, il appuie sur l'étage 5, V, il appuie sur l'étage 6. Putain, mais V, il est tellement, genre, agent secret 24-7, quoi, tellement fort, tellement fort. Moi, j'aurais dit « Oui, je sais pas, je vais au cinquième et tout. » La montée d'ascenseur la plus lente du monde, genre, c'est désormais, mon cœur faisait « Bam, bam, bam, bam », il faisait « Bam, bam », tellement fort, tellement fort que j'avais l'impression que, genre, les murs tremblaient. Enfin, genre, que ça allait au-delà de mon corps, tu vois. Et avant qu'on arrive à l'étage 5, Sophia dit un truc. Elle dit « On sort à quelle heure ce soir ? » Et le gars dit « On en parle tout à l'heure. » Mais, on avait l'indice, tu vois, genre, là, elle venait de nous dire un truc comme dans un film, tu vois. Et ils descendent au cinquième étage.

Nous, on monte au sixième, dès que la porte du sixième s'ouvre, on sort à toute vitesse et on descend par les escaliers, genre, hyper vite, en hasard d'une tête, eux, ils sont en train d'ouvrir une chambre, une salle. On regarde le numéro de la chambre, 513. 513, on note, on écoute un petit peu par la porte, mais ça va se faire, enfin, comment dire, on va se faire repérer, d'une certaine façon. Et, on redescend. Et V, il dit « Écoute, je sais qu'on est à sec, mais tu vas louer la chambre 512, c'est très important, d'accord ? » Et, je sais pas, « Arrange-toi avec ta banque, c'est pas mon problème. » Alors, je sais que j'avais un petit découvert, autorisé, de 1000 euros, qui datait de avant, genre, de avant mes parents, avant tout, quoi, tu vois. Et, je vais voir le concierge, je dis « Mais nos amis sont, en chambre 513, est-il possible d'avoir la chambre juste à côté ? » Pas en face, mais à côté.

Et là, j'en ai trop dit. Ouais. J'en ai trop dit. Et V, il me regarde, tu vois, il me dit « Mais pourquoi t'as dit ça ? » J'ai dit « Non, mais je... » Alors, V, il dit « La 511, ce sera très bien. » Il dit « La 511, elle est libre, si vous voulez. » Il est vraiment très sympa. Et, j'ai même pas un pourboire à lui donner. On a l'air vraiment de deux clochards. Je sais pas pourquoi il a fait ça, mais je sais pas. Je sais pas pourquoi il a fait ça. Je sais pas pourquoi il a fait ça. Mais V, il lui dit « C'est vraiment très sympa. Je vous promets que demain, vous aurez un petit... un petit truc, un petit cadeau de remerciement. » Ouais, un petit chocolat. Parce que c'est vraiment nos amis, on a envie de rester avec eux. On a la chambre, on remonte. Je prie de tout mon cœur pour qu'on puisse sauver Sophia, parce que j'ai vraiment peur pour elle. Je suis en train de descendre de mes émotions de ça.

Mais aussi parce que je me dis « J'espère qu'elle va payer, toutes nos dépenses. » On rentre dans la 511, la chambre est magnifique, je suis là « Waouh, elle est magnifique ! » Et V qui me donne une calotte, il commence à coller sa main, son oreille contre le mur, tu vois, pour écouter. Donc moi aussi, je mets mon oreille contre le mur. Le problème, c'est qu'il parle en russe. Alors V, il comprend, mais pas moi. C'est vraiment des russes, pour le coup. Donc là, pour l'instant, tout se tient. Donc des russes sont venus chercher Sophia et l'ont amenée ici. Et probablement contre son gré. Et quand je regarde V, V, qui est collé contre le mur, il a une toute petite trace de sang sur le col, tu vois. Et je fais « V, qu'est-ce qu'il se passe, quoi ? » Et il dit « Ah, c'est rien, il a pris un peu de salive, il essaie de l'enlever. » V, il n'avait pas cette trace. De toute façon, il n'a pas de trace.

Le mec, il est clean, tu vois, tout ça. Il n'a pas un tri, mais genre, il a un pantalon cargo vert à grande poche, c'est une espèce de t-shirt. Et donc, et donc, comme il n'a pas de blessure ni rien, et à l'appartement, là, de Ben Malka, il a rencontré un gars et il lui a tapé dessus suffisamment pour qu'il y ait un éclat de sang, tu vois. Ça, c'est important à savoir. Il l'a peut-être même tué, c'est ça que je pensais. Et je commence à me dire « Mais qu'est-ce que c'est passé ? » Et il me dit « Chut ! » Voilà. Et il écoute au mur. Alors, à un moment, je lui apporte un verre pour qu'il écoute mieux. Alors, petit tips d'espion que je ne connaissais pas. Si vous voulez vraiment très bien écouter dans un mur, vous avez des voisins qui parlent, je ne sais pas quoi. Donc, il faut, si possible, que ce ne soit pas un mur porteur, bien sûr, mais les murs ne sont pas toujours porteurs. Parfois, il y a des piliers porteurs dans le mur, tu vois.

Donc, on essaie de trouver l'endroit où ça sonne un peu creux. Et vous mettez un verre, et vous mettez votre oreille contre le verre, et on entend, mais genre, trop bien. Donc là, on a commencé à écouter, et il faisait « Hum hum, hum hum, hum hum. » Moi, j'ai juste entendu quand ils ont parlé à Sofia. Et ils ont dit « Bon, en fait, Sofia, moi, elle a dit, et le troisième gars, il ne revient pas. Et donc, ils ont dit, ce n'est pas tes oignons. Donc, tu nous amènes à la destination ce soir. » C'est un peu louche, tu vois. « À la destination ce soir. Tu sais exactement où c'est ? » Elle dit « Oui, je sais exactement où c'est. Je vais l'accompagner ce soir. » Voilà. Et elle parle un peu fort, donc elle se doute qu'on est dans le coin, tu vois. Elle dit « On y va quand ? » Et il dit « On te dira. » Ok. Donc, ça va être ce soir. Il est genre 14h. Est-ce qu'on prend le risque de dormir ? Levé, non.

Et puis, j'ai eu... Au début, je me suis dit « Tu sais quoi ? J'ai qu'à dormir et lever. Il n'a qu'à me mener faire le guet, quoi. Et après, je me suis dit « C'est quand même pas sympa pour lui. » Et après, je me suis dit « Hey, il va être payé. Donc, ça va. » Donc, je me suis allongé sur le plus merveilleux lit du monde, vraiment. Alors, on dit que le meilleur condiment, le meilleur assaisonnement, c'est la faim quand on veut manger un plat. Je peux vous dire que, vraiment, dormir quand on a vraiment très sommeil, c'est merveilleux. Et je me suis endormi. J'ai dormi 4h. C'était vraiment la sieste de ma vie. Je me suis réveillé parce que j'avais envie de faire pipi. J'ai pas fait de rêve de gars qui t'assassinaient avec un couteau. Et c'était trop, trop bien. Et à un moment, j'étais là... J'étais en train de m'étirer un peu. Je regardais un petit peu le balcon. On avait une jolie vue. Il y avait des immeubles en face, mais parfois, en se penchant un petit peu, on voyait la mer et c'était chouette.

C'était quand même un très bel hôtel. Et à un moment, le V, il me regarde comme s'il allait... Il y avait un truc de vieux de mort. Et il dit, maintenant. C'est maintenant. Il part maintenant. On y va. Je regarde mon téléphone parce que je me dis que mon frère m'a pas rappelé. Et j'ai... J'ai... J'ai... J'ai... Juste avant de partir suivre Sophia et les autres qui vont je ne sais pas où, j'envoie un dernier message à mon frère en disant je t'ai appelé, je t'ai laissé plein de messages. Tu m'as rappelé et j'avais pas trop le temps. OK ? Et je sais que j'ai semblé un peu bizarre. J'étais juste un peu fatigué. Là, j'ai fait une bonne sieste. Ça va trop, trop bien. Donc, déso, j'ai pas pu te parler. Ce soir, j'espère que tu vas pas faire des trucs chelous, genre avec des gens, tu vois. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. En fait, si. Je me suis dit, il va y avoir des nazis, tu vois. Donc, il faut pas que je dise le mot nazi parce que c'est trop frontal.

Donc, j'espère que t'as refait ta vie avec des gens cools et que tu vis des choses cools et tu te souviens d'Anarchie et j'aimerais trop aller revoir ces concerts de personnes anarchistes avec toi au Chacapon, que ça devrait être trop bien. Voilà. Mes propos n'ont aucun sens, mais voilà. Je dis, là, je pars. J'ai un petit bout de ma soirée qui est prise. Mais en vrai, à la fin de toi, ça aurait été à toi, genre vers 23h minuit, genre, aucun, no problemo, tu m'appelles. Même 22h, je pense, j'étais là en mode, ça va se terminer bientôt. Levé, il va leur sauter dessus, il va les défoncer et puis voilà, quoi. Vers 22h, tu leur tu me rappelles ? Non, j'ai dit ça, j'ai dit, vers 22h, tu leur sautes dessus, s'il te plaît. Et j'ai dit, non, non, je pensais à un autre gars qui va sauter dessus. T'inquiète pas, voilà. Tu me rappelles et puis et puis voilà. Et puis on fait un petit point ensemble. Je suis content de t'avoir, merci de m'avoir rappelé, c'était trop bien.

Je raccroche. Et il y avait qui me dit, quoi, mais c'est pas plus important maintenant, quoi. Donc on part, on prend l'ascenseur à côté d'eux. Au moment où ils se referment, ils nous ont pas vus. Ils sont devant nous, dans le lobby de l'hôtel. Et là, je dis, excuse-moi, mais même s'ils sont un peu costauds et tout, tu veux pas leur sauter dessus ? J'en tue. T'es genre un militaire, tu peux tuer des gens sans problème. Tu veux que je les tue en pleine rue ? Je dis, bah non, non, mais enfin, je veux dire, on aurait pu, dans le couloir, leur taper dessus, tu vois, les assommer. Il dit, mais tu sais, enfin, assommer, ça existe pas, c'est que dans la fiction. Quand tu tapes quelqu'un dans la tête, tu lui fais un traumatisme crânien. C'est pas... Enfin, c'est compliqué, hein, tu perds du sang, le mec va mourir et tout. Donc, tu veux ? Tu veux que je les tue ou pas ? Je dis, bah... Dans ma tête, je disais, j'aimerais bien que ce soit réglé avant 22h.

J'ai dit, bah écoute, non, bah, enfin, on peut pas appeler la police ou genre appeler la police et les suivre, enfin, tu vois ce que je veux dire ? Et à un moment, on les coince dans une truc, et il dit, mais tu veux pas savoir où elle les emmène ? Et je me suis posé la question, j'ai dit, ouais, elle les emmène où ? Et je viens de comprendre un truc, c'est que peut-être le V, qui déteste les Russes, même s'il est Russe lui-même ou je sais pas quoi, mais il est, soit disant, un mec de la Légion étrangère française maintenant, peut-être que en fait, il se méfiait de Sophia. Et il pensait que c'est genre une collaboratrice et peut-être qu'il le tenait par la nuque, mais non, elle nous aurait pas donné l'indice, c'est trop bizarre. Je sais pas, j'étais complètement perdu. En tout cas, on est partis dans les rues de Marseille, à pied, on est allés vers les quartiers nord. Enfin, pas les quartiers nord, mais on est allés vers le nord, par rapport à où on était, et ce qui s'est passé est assez étonnant.

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