Transcription : épisode 03
Transcription automatique, non relue.
Luna Invicta 3. Donc, j'ai attaché mon vélo, je m'approche du gars, il se retourne vers moi, il est grand, il a une tête de putain de russe et j'ai beaucoup trop de russes dans mon histoire. Et en plus, je ne sais même pas s'ils sont russes ou pas, bref, parce que le mec parle français, bref. Et je me dis que je vais passer un sale moment, même si je trouve la situation très injuste, comme j'expliquais. Et le mec me tend la main et il dit, il baisse les yeux, il dit, je suis désolé, je me suis très mal comporté, ça ne se fait pas du tout, je te présente toutes mes excuses. Alors moi, j'étais en train de trembler. Il le voit en plus, il est un peu gêné, tu vois. Et il dit vraiment... Rien n'est de ta faute, ce n'est pas toi, tu vois, il n'y a pas de problème. J'ai ultra mal réagi parce que j'ai eu une nuit difficile, j'ai un métier difficile. Je suis désolé, j'ai un peu honte aussi et je donne une très mauvaise image de l'armée.
Voilà, comme tu sais, je suis à l'armée et ce n'est pas du tout ce que je veux faire. Moi, je défends les civils, je ne les attaque pas. Donc, je te présente mes excuses. Je voudrais qu'on en reste là, si tu veux bien. Mais si j'ai besoin de... Si tu as besoin de moi, tu vois, je peux faire des travaux chez toi, tu vois. Et je suis... Bon, déjà, je m'assieds par terre, là, sur le trottoir. Je perds 10 kilos en soufflant, j'en pouvais plus. Et je dis, OK, c'est bon, merci, tout va bien. Et en fait, ce qui est fou, c'est que j'en ai eu peur toute la journée, j'en ai eu ultra peur. Et le mec, il agit de façon finalement assez normale, tu vois. Il n'est pas ultra gentil, mais j'ai une gratitude. J'ai une gratitude envers lui comme si c'était genre Dieu, tu vois, genre merci, mon Dieu. Et je dis, écoute, tout va bien, tout va bien. Il voit que je suis un peu en état de choc, mais OK. Et il me donne un petit papier, il me dit, tiens, il y a mon numéro.
Si tu as besoin de petits travaux ou quoi, je suis là, tu vois. Et je lui dis, OK. Et merci, Vladimir, c'est ça ? Et il est... Enfin, je ne sais pas, il me dit des trucs. Je ne calcule pas. Et je sens, tu sais, que j'ai... Je vois des petits points noirs, tu vois, sur mes yeux. Le mec s'en va. Je reste comme un clochard, là, assis dans la rue. Et le soir tombe complètement. Je vais chercher mon vélo, je le range dans le couloir. Je monte, je mets sur mon lit. Et genre, il est genre, je ne sais pas, peut-être 20h, 20h30. Je tombe sur mon lit, genre, tu sais, quand tu es debout. Devant ton lit. Et tu tombes les bras en croix. C'est sur le ventre, sur le lit. Tu fermes les yeux et tu t'endors. Et là, je me suis endormi en une seconde. J'en pouvais plus de rien. Et je me réveille et il est 2h du mat. Je le vois, tu sais, au truc rouge, là, de mon réveil. Et il y a un truc qui ne va pas. Je me dis, il y a un truc...
J'ai oublié. Il y a un truc qui me tourne dans la tête. Et là, je me dis, parce que je pense encore à ce Russe, tu vois. Et je pense, en fait, à Sofia, qui est disparue. Et en fait, quand je suis allé voir Sofia, Jacqueline, tout ça, qu'on m'a expliqué, j'avais la tête pleine de Aurore et de Vladimir. Et je ne pensais pas à autre chose. Mais là, il y a un truc qui... Tout d'un coup, il y a un truc qui me frappe. Il y a plutôt deux choses qui me frappent. Premièrement, Sofia n'est plus là. Et elle a été embarquée par un gars. Et Jacqueline, pour une raison x, y, me dit qu'il est Russe, tu vois. Je ne sais pas quoi. Et je suis en train de flipper. Tu vois, à 2h du matin, je dis, mais attends. En fait, elle a disparu. C'est peut-être hypocrite. C'est hyper grave. Et je n'ai pas fait le truc basique. C'est genre d'aller à la police. J'appelle. Je cherche le numéro. Et je trouve le numéro. Et j'appelle Jacqueline, qui est une personne qui est suffisamment vieille pour avoir un fixe.
Elle répond tout de suite. Genre, alors qu'on a 2h du mat. Hyper bizarre. Et je lui dis, écoutez, désolé de vous déranger. Je viens de réaliser... Excusez-moi. J'ai mis du temps de l'inertie. J'ai eu des problèmes. Mais je viens de réaliser que, en fait, c'est vachement grave, Sofia. Vous êtes allé voir la police. Elle me dit, ben non. Enfin, elle m'a dit, j'ai appelé la police. Mais ils m'ont dit... Comment dire ? Vous êtes sûrs qu'elle n'est pas, genre, partie faire des courses ? Et... Enfin, tu vois, des trucs comme ça. J'ai dit, écoutez, vous savez ce qu'on va faire ? On va y aller. On va y aller maintenant. C'est vachement grave. OK ? C'est d'accord. Et là, au lieu de me dire... C'est un peu rude, quoi. Elle me dit, il n'y a aucun problème. On y va maintenant. Vous avez raison, tu vois. Et je réfléchis 2 minutes. Je suis en train de m'habiller, alors qu'elle est encore au téléphone et tout.
Et je suis crevé aussi, je précise. Et je dis, voilà ce qu'on va faire. On va bien. S'habiller, Jacqueline. Écoutez-moi bien. J'ai une technique. Parce que si on va voir le commissariat, tout ça, ils vont encore nous envoyer balader. On va bien s'habiller. On va aller dans un commissariat un peu classe. Genre le 5e arrondissement, le 6e arrondissement, le 16e arrondissement, vous voyez. Ou, quand on arrive bien habillé, qu'on a un nom français, tu vois, au moins ils nous écoutent et on va voir ce qu'on va faire. Donc elle me dit, oui. Je prends un Uber parce que je me fais la flemme d'y aller en vélo. Et en plus, je ne voulais pas être transpirant dans mes vêtements. Et je vais chercher Jacqueline qui ne s'est pas du tout habillée. Elle est en peignoir. Je crois qu'elle a zappé ce truc. Mais je ne l'envoie pas parce que moi-même, j'étais à l'ouest, tout ça. On va au commissariat. Elle, en peignoir pantoufle.
Moi, en... Enfin, peignoir pyjama quand même, pantoufle, n'exagérons pas. Moi, bien habillé. Il y a quelqu'un de nuit. Alors déjà, il y a une sorte de guéride. Vous vous souvenez pourquoi, etc. Et quand on dit, voilà, il y a une amie qui a disparu, il nous voit quand même à 2h du matin, ultra sérieux. Blanc. Voilà, il faut le dire. Eh ben, en fait, ils nous reçoivent. On est reçus par un type. Alors, on est reçus... En fait, moi, je suis un mec assez sensible. Et plus je racontais l'histoire, plus je me disais... Enfin, j'étais un peu secoué de tout ça. Plus je racontais l'histoire, plus ça me semblait grave. Donc, je commençais pas à pleurer, mais tu vois, il voyait vachement ému. Donc, je dois remercier. Autant j'ai dit, ouais, la police, ils te reçoivent quand t'es blanc, ce qui n'est pas sympa pour eux. Autant, j'ai été très bien traité ce jour-là. Donc, j'ai été reçu. Ils m'ont écouté.
D'abord, il y a une personne qui m'a dit pourquoi vous êtes venu. Ensuite, ils m'ont demandé ma carte d'identité. Ensuite, est-ce que cette personne, c'est votre mère ? Non, c'est la voisine. Et je suis reçu par un officier qui s'appelle Da Silva. Et il m'écoute. Et il me dit vous voulez porter une main courante ou pas ? Alors, je dis, ben non, j'écoute votre conseil. Et donc, il me dit, bon, là, vous avez une amie que vous ne voyez pas tout le temps, qui, en plus, genre, a des éléments de sa vie que vous ne connaissez pas. Donc, vous ne la voyez pas, genre... C'est une amie, je respecte ça. Et là, ça fait genre 48 heures qu'elle n'est pas chez elle. Et elle est partie avec quelqu'un. Alors, vous avez un pressentiment. Et alors, il se retourne vers Jacqueline et dit, mais pourquoi... Vous avez dit qu'ils étaient russes et que le gars qui les venait, c'était américain. À quoi ? Il vous a parlé russe ?
Elle lui a dit, non, il a une tête de russe. Alors, le gars, il dit, mais vous faites vraiment la différence, par exemple, entre les têtes de russes, têtes de polonais, têtes de... Et... Et alors, elle dit, ben ouais, ouais, moi, je vois la différence. Et... Et alors, il regarde Jacqueline, il dit, et moi, j'ai une tête de quoi ? Alors, elle dit, ben, c'est triché, vous appelez de la silver. Donc, je ne sais pas pourquoi on parlait de ça, mais bon, bref. Et... Il me dit... Vraiment, alors, vraiment, c'est assez fou. J'ai eu un témoignage d'empathie. Il me dit, mais mettez-vous à ma place. En vrai. Donc, elle n'est pas chez elle. Donc, je ne vais pas frapper à la porte. Là, elle est partie. Excusez-moi de vous dire ça, monsieur, parce que je vois que vous tenez beaucoup à cette Sophia. Elle est peut-être partie avec un type qu'elle a rencontré sur Internet, et ça se passe très bien. Elle est peut-être hyper heureuse, et dans 15 jours, elle sera de retour, et ce sera trop bien, tu vois.
Donc... Euh... Donc, ça n'avance pas trop. Et assez subtilement, il est en train de me dire... En fait, il est en train de me faire comprendre qu'il n'y a pas la peine de se presser, quoi. C'est très frustrant. Et vraiment, on sort du commissariat un peu en mode énervé, parce que déjà, on s'est levé en pleine nuit. Mais c'est vrai que parfois, la nuit, on panique et tout, on gère mal. Donc, je la raccompagne. Et en fait, je vois la porte... Quand je laisse Jacqueline à chez elle, je vois la porte de Sophia. Je lui dis, mais vous n'avez pas la... Vous avez laissé le double de la clé ? Elle me dit, ben non, justement, parce que je sais quand elle est partie, parce qu'elle a demandé la double de la clé. Euh... D'accord. Donc, on n'a pas moyen d'ouvrir cette porte. Et moi, je réfléchis dans ma tête, et je crois que j'ai un moyen d'ouvrir la porte. Je lui dis, bonne nuit à Jacqueline. Je lui dis, vous savez quoi ?
Je reviens demain. J'ai un truc. Je sais comment on peut ouvrir cette putain de porte. Dormez bien. On se voit demain. Et vous savez quoi ? J'apporte à manger. Je vous ferai manger, ne vous inquiétez pas. Comme ça, on va... Vous allez vous reposer. On mange bien demain midi. Et on règle cette affaire. Enfin, on rentre chez Sofia. Et puis, peut-être qu'en fait, on va, je sais pas, on va trouver un truc qui fait que... Enfin, tu vois, si son appartement est renversé, il s'en tue dessous, on aura des indices. On pourrait appeler la police, par exemple. Dormez bien. On est un peu solidaires. C'est cool. Voilà. Donc, je vais me coucher. Enfin, je redors un peu mal. Je fais de la grasse mat. Heureusement... Alors, non, je n'avais pas averti que ce que... Je ne devais pas aller travailler aujourd'hui, mais bon... On était partis dans la galère. Donc là, j'appelle l'agence d'intérim. J'ai dit, écoutez, j'arrête.
J'arrête le job pour le moment. Je dois régler deux, trois trucs, mais genre, demain, peut-être, je vous rappelle et je reprends. Je suis désolé, je me fais engueuler. Mais comme j'ai un casier... J'ai un casier... Enfin, j'ai un dossier parfait chez eux. Ils bronchent pas trop. Et je vais voir un pote qui s'appelle David, mais que je vais appeler Dave parce que c'est comme ça que je l'appelle. Donc... C'est un type très particulier, un peu en cours. Il a une couleur qui s'est probablement crocheté des serrures. Je vous explique le contexte dans lequel j'ai rencontré Dave. Quand j'ai commencé, quand j'ai été diplômé de mes études d'électricité, ce que faisaient tous les gens et ce que rêvaient tous les gens dans ma promo, c'était d'ouvrir leur... leur entreprise d'électricité. Voilà. Plutôt que de faire comme moi, c'est-à-dire être en intérim, qui est un bon plan, je dois vous dire, parce que quand on est gérant d'une entreprise d'électricité, oui, on est autonome, on n'a pas de patron, mais c'est...
Tout est compliqué. Voilà. Et puis, moi, j'ai mes premières affaires d'électricité, pas forcément de la comptable, bref. Mais, comme tout le monde voulait ouvrir sa boîte, j'ai quand même essayé de suivre un peu le mouvement, parce que si tout le monde veut faire quelque chose, il y a peut-être une raison derrière. Et je suis allé au salon d'entrepreneurs. Salon d'entrepreneurs à Paris. Alors, c'est très, très rigolo, parce qu'en France, quelque chose dont je me suis aperçu, surtout parce que je n'ai pas passé mon bac, parce que j'étais dans un coma vivant, c'est qu'en France, il y a vraiment une grande catégorie de la population. On peut dire que la majorité des Français sont comme ça. C'est qu'ils ne peuvent pas concevoir de faire une activité professionnelle ou une activité, même non professionnelle, sans avoir reçu un enseignement sanctionné par un diplôme. C'est-à-dire, s'ils n'ont pas le diplôme, c'est comme s'ils ne savaient pas faire.
Alors que parfois, ils savent faire avant même de commencer l'enseignement, et parfois même, ils savent faire, ils rentrent, ils ont un prof qui est moins bon qu'eux, et finalement, ils ont un diplôme, et là, ils disent « Ouais, je peux le faire ». Cette maladie, je l'ai retrouvée un petit peu dans le salon d'entrepreneurs. Donc, c'est un salon qui a lieu tous les ans à Paris, où, en gros, où, il y a tout sauf des entrepreneurs. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ont 40 ans, 50 ans, parce qu'en gros, il y a trois types d'entrepreneurs. Il y a les entrepreneurs, il y a les gens qui ont fait les grandes écoles de commerce, dans lesquels ils ont, pour le coup, reçu une éducation pour faire monter une entreprise, faire un business, faire un business plan, etc. Et en général, ça va très vite, très loin, et souvent, ils ont déjà une entreprise en première année, voire même avant de rentrer à l'école, parce que papa et maman, tu vois.
Donc ça, c'est, on va dire, des gens pour qui l'entreprise est une complication administrative, mais tout le reste est du business. Il y a ensuite tous les gens qui ouvrent une entreprise. Alors, c'est assez intéressant, je vous laisse regarder le journal officiel. Mais la 90% des entreprises qui se créent en France, et à Paris en particulier, c'est des gens issus de l'immigration, qui viennent d'arriver en France, qui sont intelligents, qui savent pertinemment qu'ils ne trouveront jamais un emploi, parce qu'ils ne seront jamais pris, parce qu'ils sont immigrés, ils n'ont pas de diplôme, ils n'ont pas les codes, et parfois, ils ne parlent pas la langue. Donc, en fait, ils disent, je ne vais pas, je ne vais pas passer ma vie à essayer de trouver un emploi, je vais créer ma boulangerie tout de suite. Et ils créent leur boulangerie en investissant auprès de gens qui sont d'ailleurs parfois douteux, pour qu'ils fassent les démarches administratives, pour qu'ils créent leur boîte.
Donc, en gros, ça, c'est les deux catégories d'entrepreneurs, c'est-à-dire, on pourrait dire les gens en pure galère et les gens en pure non-galère. Et en fait, au milieu, il y a une espèce de ventre mou, de cadre supérieur, de gens à qui, comment dire, dont les parents disaient, toi aussi, tu seras un entrepreneur, qui sont toujours dit, mais moi, en voyant Wall Street, je serai un entrepreneur, je serai un financier, voilà. Ou qui, parfois, ont reçu des formations TikTok. Souvent, c'est des gens, en fait, qui ne seront jamais entrepreneurs. Ils ne le seront jamais, c'est une tragédie. Non pas parce que... Enfin, ils ne le seront jamais parce qu'en fait, s'ils devaient l'être, ils le seraient déjà. Et c'est un peu comme les gens qui rêvent, au lieu de rêver d'écrire un livre, ils rêvent d'avoir écrit un livre. Et ce que je veux dire, c'est un peu différent. Là, c'est des gens qui rêvent du statut d'entrepreneur, de la liberté qui est octroyée par le statut d'entrepreneur, plutôt que de mettre en avant, par exemple, un projet.
Donc ça, c'est la... On va dire... C'est intéressant parce que le salon d'entrepreneur, c'est un salon dans lequel il y a des vendeurs de pioches pour les mines d'or, à part qu'ils vont vendre des pioches à des gens qui ne vont jamais aller miner, quoi qu'il arrive. Par contre, les pioches vont bien se vendre. Donc, il y a des gens, des experts comptables, des gens qui vendent des formations, bien sûr, à gogo, etc. Et là, je vois, au milieu de tout ça, au milieu de ces gens très ternes, très mornes, très costumes gris, très reconversion professionnelle, très je vais avoir 50 ans et finalement, j'ai jamais eu le rêve de ma vie de créer tout ça, je vois un gars lumineux qui tient un stand et qui vend un livre sous blister, parce qu'il ne faut pas regarder, un petit livre qui fait 130 pages et le livre, il s'appelle Il est jaune avec un arc-en-ciel. Et il s'appelle Le plus grand secret du business.
Le plus grand secret du business, c'est son livre, par Dave, D-A-V-E. Et donc, Dave, c'est un gars gros bagout, tout ça, regard ultra intelligent, assurance en lui, on dirait qu'il est le président de la République, quoi. Et il vend son livre, Le plus grand secret du business. Alors, les gens, ils disent, mais c'est quoi Le plus grand secret ? Ils disent, achetez mon livre, l'argument est imparable, tu vois. Et il dit, vous ne l'ouvrez pas sur le salon, parce que je ne veux pas qu'il y ait des gens qui regardent sur votre épaule et qui lisent dans le livre Le plus grand secret du business qui est dans ce livre, voilà. Et donc, il vendait ce livre 35 euros et vraiment, je le trouvais rigolo, parce qu'il a toujours le même discours, il était sûr de lui. Enfin, pour le coup, c'était un gars qui, parmi tous les gens, est un, tu vois, qui allait créer leur entreprise et je ne voulais pas du tout le ressembler.
Ce gars-là, j'ai dit, c'est quoi ? Si je pouvais être un électricien comme lui, il vendait des livres, le mec est génial, tu vois. Et il s'est passé quelque chose, j'ai vraiment eu sa sympathie, même si ça sentait très fort que c'était un escroc. Et le gars, évidemment, il y a un gars, il a acheté son bouquin, il en vendait plein et vraiment, ça partait comme des types, c'est vraiment extraordinaire. Et parce que j'ai toujours cru que les gens qui vendaient des méthodes de business en 10 points, c'était vraiment des escrocs de première ampleur. Mais en fait, ça marche très bien, ce type de business. Et donc, lui, c'était un parmi les autres, mais très fort, très charismatique. Et donc, il y a un gars qui achète son livre, il s'appelle Lionel, je me souviens, qui achète son livre et il ouvre le blister et le livre n'est que des pages blanches dans le livre. Et donc, il retourne voir Dave, il dit, rends-moi mes 35 euros, tu vois, il commence à faire un scandale.
Alors Dave, il dit, mais attendez, la leçon, elle est excellente, tu vois. Et vraiment, vraiment, bon, il a un peu éventé le secret, mais il avait déjà vendu pas mal de trucs. Il y a des gens qui étaient en train de l'acheter, qui l'ouvraient, tu vois, un peu énervés. Et vraiment, il y a deux, trois gars qui s'énervent fort contre lui, en mode, il faut appeler les vigiles et tout, tu vois. Et moi, je suis là et je m'interpose. Je dis, attendez, moi, je trouve que c'est parfaitement légitime ce qu'il vous a vendu. La leçon, elle est extraordinaire. Elle vaut dix fois des livres et tout. Et si vous n'en voulez pas de son livre, moi, je le prends. Et alors, il dit, ah, vous, vous me l'avez acheté de 35 euros ? Bah non, je vous le prends gratuitement, tu vois. Et c'est assez rigolo parce que j'ai rencontré d'autres amis dans le cadre de Salon et je vous en parlerai longtemps, mais évidemment, il a dû, enfin, à partir du moment où il s'était passé ça, il n'allait plus en vendre un seul, mais il en avait vendu plein, tu vois.
Il a vendu plein de ramettes de papier blanche et il a, bah, enfin, je l'ai aidé à rempiler et tout parce que j'avais rien à faire et il m'a dit, ah, t'es sympa et tout. On a un peu, tout de suite, il a essayé de m'embrigader en mode, hé, j'ai des travaux d'électricité chez moi, d'ailleurs, ça te dirait ? Et effectivement, je dois vous dire quelque chose, il m'a embobiné, c'est-à-dire qu'il m'a envoyé plein de fois, il m'a dit, tu peux pas m'aider et je me suis retrouvé dans des galères pas possibles, mais je sais pas, je pense qu'il y a des amitiés unilatérales comme ça. En fait, je parlais beaucoup, je pense, dans les épisodes qui viennent, d'amour et d'amitié et il y a quelque chose de constant dans l'amour et l'amitié. En fait, on dit souvent on choisit pas sa famille, on choisit ses amis, et bah, je suis pas d'accord. On tombe amoureux, on tombe en amitié d'une certaine façon avec des gens, on les aime, même si ce sont des affreux jojos, tu vois.
Et je l'aimais bien et en fait, quand il m'appelait, j'avais le smile, tu vois, j'étais content et j'étais content de l'aider, tu vois. Et je pense qu'au début, il a dit ah, la bonne poire, tu vois. Et à un moment, il a, je sais pas, parfois, il m'appelait juste pour me parler de ses idées, je l'ai trouvé rigolote, il était content de pas être seul, tu vois. Et donc Dave, pour, j'aurais pu résumer toute son attitude vis-à-vis de la vie par cette petite rencontre aux allants de l'entrepreneur, mais en gros c'est une sorte de Robin Desbois. Il dit toujours, moi ouais, je suis comme Robin Desbois, mais je vole pas aux pauvres pour donner, aux riches pour donner aux pauvres, moi je vole aux cons. Et malheureusement, c'est vrai, il y a beaucoup de pauvres cons, donc je vole beaucoup aux pauvres aussi, mais c'est moins fatigant de voler à des cons riches, parce qu'ils sont plus riches tant qu'on peut le faire en une fois, tu vois.
Parce que des cons riches, il y en a pas mal, tu vois. Donc il était toujours dans des embrouilles pas possibles. Et je me suis dit, quand je me suis réveillé le matin, j'ai pensé à lui, parce que déjà, j'avais un peu le blues et c'est quelqu'un qui me remonte le moral, mais aussi parce que je me suis dit, s'il y a bien un gars que je connais, et je connais des serruriers, hein, qui peut, genre, ouvrir en douce une serrure, parce que les serruriers, ils ont fait un serment, ils peuvent pas ouvrir des serrures comme ça, etc., qui peut ouvrir une serrure ni vue ni connue, c'est bien Dave. Je l'appelle, je dis Tabithou, parce qu'il change souvent d'endroit, et il me donne rendez-vous sur la rive gauche de la Seine, pas dans le 6ème, mais un peu plus loin. Il y a des magnifiques appartements, qui donnent sur le Louvre, notamment. Bon, pas très bien éclairés, parce qu'ils sont plein or, mais c'est pas mal.
Et donc je sonne, j'y vais, je rentre, je vais au 3ème étage, et je découvre un appartement magnifique, très grand, très vide, pas un meuble, et il vit là-dedans, alors il vit dans une atmosphère minimaliste, un futon, un bureau, un ordinateur, beaucoup d'imprimantes, j'en parle dans deux minutes, et... Mais sinon, il n'y a pas une commode, quoi, tu vois, les vêtements sont par terre, ils sont comme ça, alors première chose, comment ça va ? Et deuxième chose, ton appartement, il est incroyable, comment t'as obtenu cet appartement ? Et là, il me dit, mais attends, Alexis, incroyable, Alexis, je suis, j'ai découvert un business incroyable, je travaille dans l'humanitaire désormais, je m'occupe d'une association pour les trisomiques, et en fait, cette association qui a pas mal d'argent, ils ont acheté beaucoup de biens immobiliers à Paris, et en fait, ces biens immobiliers, ils sont là pour accueillir les familles en détresse, quand il y a besoin d'une intervention, d'une expertise, etc., ben on loge ces gens-là dans des super appartements, celui-là, c'est le plus beau, tu vois, et je dis, mais tu n'es pas une famille, on est d'accord, il me dit, ouais, ouais, en fait, je suis rentré dans l'association, alors déjà, c'est très marrant, parce que d'aucuns disent que, oui, Dave, c'est un escroc, mais, il y a vraiment beaucoup d'escrocs dans le caractéristique, c'est exceptionnel.
Est-ce que tu te rends compte, Alexis, qu'il y a des gens qui se lèvent le matin, ils font un travail, genre, dans une association, genre, je ne sais pas, Action Contre la Faim, tu vois, à la Croix-Rouge, ils travaillent aux 35 heures, tu vois, ils font, je ne sais pas, du travail commercial, ils trouvent de l'argent, ils font du travail comptable, etc., ils gâtent de l'argent, ils sont payés, et à la fin, genre, ils se payent une maison avec une piscine, c'est-à-dire que c'est des gars, tu vas chez eux, il y a une maison, une piscine, je ne sais pas, peut-être, ils font des voyages au Caribe, et tout ça, c'est avec de l'argent, du caritatif, est-ce que tu te rends compte de la dinguerie, mon gars ? Je n'étais pas venu pour ça, j'étais venu pour une serrure, mais, voilà, alors, je dis, d'accord, mais, donc, il me dit, ben, voilà, moi, je vais rentrer là-dedans, et j'ai décidé de faire la chose, comment dire, il y avait des gens qui étaient hébergés, ils hébergeaient leur famille, tout ça, pas de façon très saine dans les appartements de Paris, donc j'ai fait la liste, j'ai tapé un scandale, et, effectivement, je me suis autologé, après, dans un appartement, et oui, c'est le plus beau, parce que, ben, parce que c'était, parce que c'était pas très bien, mais c'est peut-être la chose la plus honnête que j'ai vue dans cette association, figure-toi, donc, je me trouve pas mal, alors, je lui dis, il n'y a pas beaucoup de meubles, et il me dit, ouais, ouais, il n'y a pas beaucoup de meubles, je les ai vendus parce que j'avais besoin d'acheter, regarde ça, et là, il me montre une putain d'imprimante énorme, genre, qui fait du A1, tu vois, un truc de fou dans une salle qui fait que ça, et il me dit, gars, j'ai un plan incroyable, j'ai un plan de ouf, et tu viens, Alexis, aujourd'hui, comme un ange, parce que il manquait un petit engrenage dans ma grande horloge, mais crois-moi, tu vas devenir dingue, et donc, je lui dis, c'est quoi ton plan ?
Est-ce que tu imprimes des faux billets ? Il me dit, pas du tout, je me lance dans l'art, voilà, exit, adieu, alors, j'ai fait un peu de NFT, et j'ai gagné de l'argent, et vraiment, je peux vous dire, là, pour le coup, c'était un délice de gagner de l'argent sur le dos des autres qui font de la NFT, mais là, le nouveau Eldorado, c'est l'art, véritable art, et donc, en gros, il me montre ce qu'il fait, et c'est le truc le plus moche du monde, donc je vais essayer de vous le décrire, en gros, il retrouvait les images en IA faites par des gens au tout début de l'IA, genre des Pikachu affreux, en jaune pisseux, dégueulasses, vraiment, avec mal fait, tu vois, mais pur, ça hurlait, c'est du midi-journée de l'IA, du Dali, tu vois, débile, et et il l'imprimait en A1, et après, il prenait, genre, de l'aquarelle, enfin, pas de l'aquarelle, de la gouache, et il faisait de la peinture dessus, tu vois, genre, la peinture à l'huile, comme si c'était lui qui avait reproduit cette toile ultra moche de base, tu vois, donc c'était son concept, et il dit, je vais faire une expo dans quelques jours, je vais t'appeler, et je vais te dire tout de suite, tu n'as qu'une question à te poser, mon gars, c'est qu'est-ce que tu vas faire de tous les millions qu'on va gagner, on va gagner des millions, on est assis sur une mine d'or, j'ai dit, mais les gens, on va acheter ça, tu penses ?
Il dit, je ne peux pas t'en dire plus, mais le moment venu, tout va s'éclairer, et je vais te dire quelque chose, c'est vrai que je t'ai demandé de faire des petits travaux d'exclusivité, c'est vrai que je t'ai appelé parfois pour qu'on transporte des sacs, je t'ai pas dit ce qu'il y avait dedans, etc., et tu l'as fait, et c'était marrant, et t'es un chic gars, tu vois, et moi, je vais te dire quelque chose, j'ai pas besoin de ces millions, moi, je suis là, je suis un véritable artiste, tu vois, je fais des choses comme ça, donc, le moment venu, tu viens, il y aura un petit truc à faire ensemble, alors là, je comprends qu'il a besoin d'un complice, tu vois, il y aura un petit truc à faire ensemble, et là, je te dis, la seule question que tu devras te poser, mon gars, c'est, quelle maison sur la côte d'Azur tu vas pouvoir te payer ? Et il choisit bien, parce qu'après, souvent, les gens, ils achètent, et ils ont des...
Moi, je connais, j'étais un pote de Johnny Lydé, il a acheté sa maison, et en vrai, parfois, il me disait, ah, j'aurais dû acheter celle d'à côté. Je lui dis, écoute, je t'appelle parce que... parce que j'aimerais ouvrir, comment dire, j'ai une porte qui est fermée, et je me suis dit que tu pourrais l'ouvrir. Il me dit, genre, l'ouvrir comme un serrurier ? J'ai dit, oui, mais j'ai pas appelé de serrurier parce que j'ai une porte que je dois ouvrir, elle est ouverte, je regarde ce qu'il y a dedans, et je referme. Il dit, à la fois, ça m'excite, et à la fois, je suis ultra déçu que tu penses que je sois une sorte de voleur qui puisse rentrer dans la maison avec un brûleur. C'est ce que tu penses de moi ? J'ai dit, non, pas du tout. Il dit, tu penses ça de moi ? Ça me déçoit de ouf. Moi, qui, qui, sachant que tu allais venir parce que tu m'as appelé ce matin, j'ai fait des courses pour que tu me fasses à manger.
Vraiment, ça me brise le cœur, tu vois. Et je dis, ah bon ? Alors, je dis, mais je vais te faire à manger. Alors, donc, en gros, tu peux pas ouvrir de serrure ? Il me dit, non. Tu connais des gens qui peuvent ouvrir de serrure ? Il me dit, bah non. Ok. Il me dit, tu vas faire à manger ? Bah, je lui dis, bah non. Il me dit, tu vas pas me faire à manger alors que, genre, j'ai du magret de canard ? Et, euh, je me dis, c'est bon, le magret de canard ? Il me dit, bien sûr, tu peux prendre ta part, tu vois. Alors. Ok. Je trouvais ça sympa. Alors, je l'appelle Jacqueline pour lui dire, je pourrais pas venir à midi, finalement. J'ouvre le frigo. Il a un chou frisé, du magret de canard. Il a plein de choses. Il a du saumon fumé, tout ça. Enfin, je vais dire, il se met bien. Un peu de foie gras. Il a du bon beurre. Donc, euh... Ce que je fais, c'est que je... Je coupe le magret en lamelles. Le magret, ça coûte 15 balles, tu vois.
Il a dû l'acheter, en plus, au bon marché. Je le connais. Il a dû coûter une blinde, quoi. Et donc, euh... Je le coupe en lamelles. Je le fais revenir dans un tout petit peu de beurre. Très bon, rosé, tu vois. Je mets un peu de poivre rose, tu vois. Et je fais ensuite une embeurée de chou frisé. Très bon. Vraiment, ça va être très bien ensemble. Et en fait, vous voyez, c'est minimaliste, c'est simple. Je lésine pas sur le beurre, parce que... Parce que, voilà, c'est les jours heureux. Et, euh... Alors, pour la blague aussi, il avait acheté, dans la foulée, un tablier. Kiss the cook, tu vois. Donc, je le mets le tablier, je commence à faire à manger, tu vois, à découper et tout. Il rigole et tout. Et il dit... Il commence... Il vient de la cuisine, il renie, il dit, alors, ça a l'air bon et tout. Et, euh... Le truc, c'est que, comme il a tout vendu, il avait pas de... d'assiette. Il avait, genre...
Il avait pas de... Il avait pas de... Une fourchette, tu vois, qu'il devait utiliser de temps en temps et la laver. Et donc, on se met... Je pose la poêle sur une petite table, dans le rouronnement de l'imprimante et, euh... Et on mange à même la poêle et tout. Il est là, il est là, il dit, oh, mais vraiment, mais t'es excellent. Tu sais, un jour, faudra... Faudra... Faudra sortir un restaurant, mais tu sais pourquoi il faut pas sortir un restaurant ? Parce que t'es trop fatigué, on gagne pas assez. C'est pas le bon plan, tu vois. Il faut toujours aller dans le restaurant des autres. Mais tu cuisines trop bien, mon gars. Vraiment trop bien. Je t'adore, tu vois. Il commence à me faire ça. Et, en gros, il me dit, regarde. Et là, il me montre avec la fourchette, la seule fourchette qu'on se passait, tu vois, pour manger le truc. Il me dit, regarde ça. Et, euh... Il me montre la... Comment ça s'appelle ?
Il me montre par... À travers la fenêtre. En gros, il y a une petite rue et après, il y a la Seine et tout. Euh... En fait, comment dire ? Il y a une petite rue transversale qui va sur la grande rue qui est sur le Quai de Seine. Et il y a une voiture qui est... qui est stationnée, tu vois. Et il me dit, regarde, regarde, tu vois. Et je vois dans la voiture, il y a un gars qui attend au volant, tu vois. Et il me dit, je suis sûr, je suis sûr qu'il y a une enquête genre de fou en ce moment sur l'association caritative, là. Et genre, il me... Il me... Il me stalk de ouf, là. Ils sont là tous les jours, les gars. Tous les jours, ils regardent. Ils sont en bas de chez moi. Je sais qu'ils me regardent, tu vois. Mais je reste cool, après tout. Moi, je fais rien. Moi, j'obéis aux ordres, tu vois. Tout va bien. Ils commencent à manger et tout. Et puis, moi, je lui dis, regarde, ils te regardent pas, en fait.
Ils te regardent pas trop, le gars. Et ils disent, si, si, mais justement, c'est ça, le truc de la filature, c'est ils regardent ailleurs. Mais en fait, je te dis, la voiture, elle bouge pas. Il y a tout le temps une personne dedans. Parfois, c'est une meuf et tout. Et il me dit, tu veux pas... Tu veux pas, genre, aller les voir et leur dire pourquoi vous êtes là ? Et puis, regarde, toi... Alors, il me tient la joue, il me tient... Il me pince la joue. Il me dit, en plus, tu vas leur dire, avec ta petite tête mignonne, qu'en fait, tout va bien, tu vois. Comme ça, on est sûr. Parce que moi, en fait, ça me travaille et tout. J'ai envie de changer d'endroit, tu vois. Ou alors, tu sais quoi, s'ils viennent pour l'assaut ? Moi, je descends et je vends tout le monde. Je m'en bats les couilles, puisque je suis un autre bise, en ce moment. Puis, je pourrais être chez toi à faire des tableaux. Qu'est-ce que t'en penses ?
Ça me plaît pas du tout de l'héberger chez moi, parce que je vais avoir des tas d'ennuis. Et cela dit, cela dit, bon, ça marche pas de pain de leur parler, tu vois. Au pire, ils me disent, casse-toi, tu vois. Et puis, j'aime bien aider mon pote. Donc, je descends. Là, je me dis que je n'ai pas du tout réalisé mon projet de la journée, qui était de trouver un gars qui ouvre des serrures. Mais peut-être, vous savez, parfois, il faut avoir confiance au destin. Je descends, je m'approche de la voiture, il y a un gars. Et le gars, je lui dis, excusez-moi, j'habite là, vous êtes là depuis plusieurs jours. Et il me dit, casse-toi. Alors, je me casse. Je remonte. Et je dis, bah, ouais, il m'a dit de me casser. Et il me dit, bah, t'as pas assisté. Je croyais que t'étais sympathique, mon gars. Et tu sais, il me donne une calotte. Sois sympathique, tu vois. Et là, je dis, attends, tu sais ce qu'on va faire ?
Donc, je prends mon emberré de chou que je coupe en petits morceaux et malgré le canard, je mets ça dans un tupperware, tu vois, je mélange un peu pour faire une sorte de salade. Je vais réchauffer un tout petit peu. Vraiment, c'est... L'odeur, elle est... Tu peux pas résister, tu vois. Et... Je me dis, bah, tu sais quoi ? Peut-être qu'il a faim. Là, genre, il est 14h. Donc... Je descends, tu vois. Je descends avec le tupperware. Deuxième tentative. Je m'approche, je dis, excusez-moi. Et là, en fait, le mec est parti. Il y a une... C'est la même voiture, mais il est parti, mais il y a une meuf. Excusez-moi. Et donc, la meuf, elle descend la vitre. Elle sent l'odeur de la bouffe, tu vois. Elle me dit, oui. J'ai dit... Et là, je dis, je vous apporte votre déjeuner, madame. Elle me dit, ah bon ? Qui apporte ça ? Pourquoi ? Et elle me voit, en plus, avec mon tablier Kiss de Cook, tu vois. Et je dis...
Je balance tout, tu vois. Je dis, écoutez, c'est une longue histoire. Si vous mangez, et je vous raconte tout. Elle tend... Vraiment, la bouffe, ça a un effet sur les humains qui est incroyable. Donc, elle prend le tupperware comme s'il était en or, tu vois. Elle commence à manger. Et je commence à lui parler. Il y a des voitures qui passent vers moi. Elle dit, allez, montez. Montez, montez. Alors, je monte à la place. Je parle. Je dis, je m'appelle Alexis. Elle me check tout en mangeant. Et elle me dit, Marie. Ok, donc, je m'imagine qu'elle s'appelle Marie. Donc, je dis... En fait, je balance tout. Je dis, voilà, mon pote, il s'appelle Dave. Dave comment ? En fait, David, mais je n'ai pas son nom. Ok. Il est là, dans cet appartement. Il voit que vous le surveillez et tout. Elle me check. Elle mange. Et en fait, elle mange en mode... Elle va me dire, casse-toi un moment. Mais je pense que son plan, c'est de tout manger.
Parce que je pense qu'elle n'a pas dû manger à midi. Elle avait faim et tout. Et c'était vraiment bon, en vrai. Et... Enfin, c'était juste très gras. Et le gras, c'est délicieux. Et donc, elle me check. Et je pense, son plan, c'est de tout manger avant de me dire, casse-toi. Parce que sinon, elle a peur que je parte avant, tu vois. Mais quand même, le maigret de canard, c'est un peu long à mâcher, tu vois. Donc, elle était un peu... Je raconte mon histoire. Et elle me dit, non, on surveille pas ton pote. Et c'était des gens qui surveillaient quelqu'un, mais pas mon pote. Et je dis, ok. Bon, bah, du coup, on a fait connaissance et... Vous avez bien mangé, c'est ça ? Elle me dit, ouais. Tu reviens demain pour me faire à manger ? Et je lui dis, bah, vous aimez quoi ? Elle me dit, euh... Je préférais peut-être un truc un peu plus léger. Euh... Peut-être genre salade, mais est-ce que tu peux faire une bonne salade et tout ?
Je suis le roi des salades. Et elle me recheck et un peu avec des sourires, des yeux un petit peu rieurs, tu vois. Et elle me dit, ok, bah, tu sais quoi ? Viens avec ta salade demain et j'apporte le dessert. Et je dis, bah, trop bien. Je suis trop content. Je sors. Je redonne mon tablier à Dave en lui disant, tout va bien. Ils sont pas là pour toi. Ce à quoi il me donne une calotte et il dit, et toi, tu l'as cru. Je dis, écoute, à un moment, c'est bon, tu vois. Et, euh... Il me dit, j'ai réfléchi à un truc pour ton... ta porte que tu peux pas ouvrir. Je dis, vas-y. Eh ben, t'as qu'à dire qu'il y a le feu, voire même tu fous le feu à l'appartement, les pompiers arrivent et ils vont défoncer la porte. Problème réglé. Et je trouve ça complètement con, mais je descends quand même en réfléchissant. Je rentre chez moi. Je me dis que je fais n'importe quoi ces deux derniers jours. Et en fait, je pense, j'imagine, en fait, je me dis, défonce la porte.
Je pourrais défoncer la porte, en vrai. Et je me vois devant cette grande porte d'une vieille maison et tout, je vais peut-être ne pas y arriver. Et là, je me dis, je le déteste, mais peut-être que je pourrais demander à Vladimir d'ouvrir la porte. Je vais lui demander, parce qu'il m'en doit une. Il l'a dit. Il a dit des petits travaux. Il pourra même réparer la porte. Donc ça, c'était mon plan. Et j'ai réappelé l'agence d'intérim en disant que je ne reviendrai pas au boulot demain. Je suis allé un peu sur Tinder, je n'ai matché avec personne. Et quand je me suis couché, en me disant demain, le soir, j'ai appelé Vladimir en disant, petit déj demain ensemble, viens chez moi. Je te fais du pain perdu, tu vas adorer. Et donc, il dit ok. Il vient, il va se faire le plaisir, je pense. J'ai l'impression qu'il est un peu seul. Et donc, rien, je joue un peu à la console. Et le soir, quand je me couche, je pense à Marie.
Voilà, qui était une personne qui surveille les gens. Mais qui m'a fait un... qui a été plutôt sympa. Je crois que j'ai un problème avec les gens qui sont hostiles, puis après, très sympa avec moi. Je crois que c'est... c'est un peu mon kink, mais bon, on verra bien. En tout cas, c'est en pensant à elle que je me suis endormi cette nuit-là.