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La légende d'Ys

À l'épisode 59, Alexis raconte à Sam qu'il est allé sur une île absente de toutes les cartes. Sam répond par la légende d'Ys, qu'il décrit comme une île réapparaissant au large de la Bretagne tous les trois cents ans, et qu'il explique par un dôme temporel transportant l'île de trois siècles dans le futur chaque jour. La légende existe, et elle ne dit ni l'un ni l'autre.

La légende

Ys, ou Is, en breton Kêr-Is, est une ville et non une île : le nom signifie la ville d'en bas, ou la ville basse, au sens de sous la mer. Une tradition bretonne en fait la capitale du roi Gradlon, en Cornouaille, bâtie dans la baie de Douarnenez ou au large de celle-ci, sous le niveau de la mer à marée haute et protégée par une digue dont une seule porte de bronze commande l'accès.

La ville est engloutie parce que cette porte s'ouvre. Selon les versions, c'est Dahut, fille du roi, le Diable qui lui vole la clé, ou un chevalier vêtu de rouge. Saint Guénolé ou saint Corentin y prêche, et l'engloutissement punit les péchés des habitants.

L'engloutissement est définitif. Rien, dans le corpus, ne fait revenir la ville périodiquement.

Aucune version originale

La légende n'a jamais été fixée. Toutes les versions connues sont postérieures à la christianisation de la Bretagne, et chaque auteur se l'est appropriée en invoquant la tradition populaire.

La plus ancienne mention écrite est celle de l'historien breton Pierre Le Baud, dans ses Chronicques et Ystoires des Bretons, manuscrit achevé en 1480 : le mythe y est déjà christianisé, et Dahut n'y figure pas. Elle apparaît en 1636 dans La Vie des saints de la Bretagne Armorique d'Albert Le Grand. La version que le vingtième siècle tient pour canonique est celle de Charles Guyot, de 1926, qui invente la reine Malgven et le cheval Morvarc'h.

Le retour, sans période

Sam a raison sur un point : un retour est attendu. Un dicton breton le dit, « Quand la ville d'Ys des flots sortira, Brest ainsi qu'Ouessant s'abîmera et Quimper submergé sera », et des traditions orales veulent que la réapparition d'Ys entraîne la submersion d'autres villes, dont Paris. Alan Stivell raconte avoir rêvé enfant d'une vague celtique engloutissant Paris pour cette raison. On dit aussi que les cloches des églises d'Ys s'entendent en mer par temps calme.

Ce retour n'a pas de date. La seule périodicité que porte le corpus est celle d'une légende connexe du Porzay, selon laquelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom ouvre les flots tous les cent ans pour contempler la ville. Les trois cents ans de Sam et son dôme temporel lui appartiennent, comme la thèse par laquelle il explique tout, la disparition de l'ami entré dans l'église de Londres comme sa propre théorie sur les preuves de l'existence du temps.

Paris, l'égale d'Ys

Une étymologie court depuis Le Baud, reprise par Josse Bade en 1526 puis par Émile Souvestre au dix-neuvième siècle : les anciens auraient nommé leur capitale Par-Is, l'égale d'Is, pour marquer leur ambition d'égaler sa splendeur. Elle est fausse. Paris tient son nom de la tribu gauloise des Parisii, dont la capitale était Lutetia Parisiorum.

Sources

Notice Ys sur Wikipédia, qui rassemble les versions et leur datation. Pierre Le Baud, Chronicques et Ystoires des Bretons, 1480. Albert Le Grand, La Vie des saints de la Bretagne Armorique, 1636. Charles Guyot, La Légende de la ville d'Ys, 1926. Consultées le 30 août 2026.